oyez Pantagruel^ liv. IV; ch. xlix et suivants
Et, saDs lui faire responce autre, le planta là tout esbahy; et quant et quant luy Btdire par quelque autre qu'il eust à se retirer, et qu'il n'auroit autre responce ny despesche ; de laquelle ledict pauvre révérendissime eut tel despit et desplaisir, que, retourné à Rome, il en mourut. Où diable ce roy avoit-il appris ce vers, pour le dire et pratiquer si bien à propos ?
Il ne redoutoit guères ce pape, ny d'autres de son temps : outre plus, quelle humeur luy prist-il là dessus de poinctiller sur ce poinct d'honneur et de presséance, qui devoit pourtant excuser ce bon prélat? Car il y aUoit à la bonne foy, et en prenoit le patron sur les cérimonies de l'église : Quia qui canit magnum missam^ ifadit ultimus inprocessione^ et est major.
Sur quoy je laisse à discourir à de plus grands personnages que moy, si ce bonhomme de prélat faillit là, et à qui l'on doibt plustost adresser sa paroUe et son ambassade, au grand ou au petit.
Je n'allègue pour moy que cest exemple judicieux , arrivé de nostre temps, du bon pape Pie Quinte qui envoia au roy d'Éspaigne dom Philippe plustost son neveu le cardinal Alexandrin*, qu'à nostre grand roy Charles IX*, quand il le vint trouver à Bloys, comme je vis, en poste, estant allé en Espaigne premier par mer. A ce conte, le roy Charles se debvoit estomacquer ; mais point : car avant luy le pape Paul IIP Farnèze avoit envoyé son nepveu Alexandre Famèze" au
1. Michel Bonelli, mort en i498. U fut légat en France et en Espagne, en 1571.
2. Alexandre Farnèse, cardinal, fils de Pierre-Louis Farnése, était non pas neveu, mais petit- fils de Paul III.
roy François I" plustost qu'à Fempereur. Aucuns disoient que c'estoit en son chemin faisant à passer par la France, et plus commode pour aller trouver l'empereur en Flandres, où il estoit pour lors. Je m'en raporte du tout au dire de plus grandz personnages que moy.
Pour retourner encor un peu à nostre petit roy, veux-je dire très grand, Charles VIII, j'allègueray et mettray icy aucuns de ses bons et grands capitaines qui l'accompagnarent en ce voyage et conqueste de Naples.
ije maresrhal Entre* les premiers et qui y eust le plus grand crédit, dcGié\
i . Pierre, vicomte de Roh«xn, dit le maréchal de Gic, né en Bretagne, maréchal de France (4475), mort en avril 4513. Il subit, sous Louis XII, une détention de cinq ans au château de Dreux.
2. Far, A tout ce voiage de Naples, M. le mareschal de Gic qu'on tenoit pour ung bon cappitayne y heust grand crédit, mesmes qu'il menoit Fadvantgarde à la b«ataille de Fortnoue, où il fut pourtant taxé de n'avoir jamais bougé aveq' toutes ses forces de l'avantgarde, faisant toujours alte, cepandant que les autres nioient tousjours les coups. Aucunes hystoyres le disent ainsin et que si l'avantgarde eust marché cent pas, tout l'ost des ennemys se fust mis en fuyte et que aucuns tenoyent que ledit mareschal le debvoyt fayre, autres au contrayre. Le mareschal de Rieux, pourtant, le luy sceut reprocher : que s'il se fust meslé comme les autres, la bataille en fut estée bien plus signalée et la victoyre plus parfaicte. Ceux qui le veullent excuser disent que c'estoit bien faict de demeurer ainsin ferme, à mode de secours de réserve, pour le porter à l'extrémité où il y auroit besoing, et d'autant en estonner Tenue my ne pouvant penser où il donne roit ; si en debvoyt-il pourtant en desbander la moytié et l'autre garder prei de luy. Nous avons veu plusieurs grands cappitaines en fayre de mesmes, tant estrangicrs que des nostres, dont j'en allégueroisplnsieui^ exemples, mais ce sera sur ung autre subgect, car je mé despartirois trop de cestuy-ci. Pour fin, ce mareschal le fit pour cette intention, il en sera loué de plusieurs grands cappitaynes. Il print