LE MARESCHAL DE GIÉ
ce fut le mareschal de Gié, qui eut l'honneur (bien que le conte de Narbonne et le sieur de Guise* la contestèrent) de mener Fadvant-garde à la bataille de Fomovo, où il fit fort bien selon aucuns, et selon autres non, d'autant que, cependant que tous les autres faisoient les grands efforts et ruoient les coups, et le roy sur tous, le mareschal s'amusa tousjours à faire son alte et à tenir son ost co\, faisant ainsi lamine bonne; mais s'il eust seulement marché cent pas, conrnie dict M. Philippes de Commines', tout l'ost des ennemis se fut mis en fuitte. Les uns disent, dict encore Philippes de Commines, qu'il le devoit faire, d'autres disent que non: en quoy je m'estonne de ce dernier mot dudict M. Commines; car, puisqu' il en dévoit sortir un si grand proffît de s'avancer, comm'il dict, il devoit donc branler.
Surquoy j'ay ouy dire à feu M. de Guise le grand', en discourant de ce subjet une fois avec le bonhomme M. de la Brosse* et autres capitaines, que, qui veut faire de ces tours il faut que ce soit un très vaillant et prévoyant capitaine, et nullement hipocrite de guerre, car, en faisant ces bonnes mines, s'il arrivoit et bastoit mal aux vaillans combattans d'autre part,
femme à Naples, ainsin que fist M. de ligny.... (suit Tarticle de M. ligny). Ms. 6694, fol. -123, y\
i. Louis d'Armagnac. Voyez sa Fie plus k>în.
2. F^ar, « Le roy, dit Commines, tira à Favant-garde qui jamais n*estoît bougée, et au roy vint bien à poinct; mais si elle fut marchée cent pas, tout i*ost des ennemis se fût mis en fuite. Les uns disent qu'elle le devoit faire, les autres disent que non. » (Liv. VIII, rh. 12.)