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Frettej fret

358 GRANDS CAPITAÏTVES FRANÇOIS.

Izabeau de Bavières, sa belle-sœur, qui, le soir mesmes qu'il fut lue, il venoit de chez elle, etyavoilpassé la pluspart de la nuict et à rire avec' elle, estant fireische relevée de couche. Aussi le roy d'Angleterre*, pour belle récompense qu'il luy donna de ce qu'ell' avdit tenu son party et faict tenir à son mary , fust qu'il disoit haut et clair que le roy Charles Vil** estoit fils d'un adultère incestueux. Tant y a que ce l.ouys, duc d'Orléans, ou qu'il fût \Tay ou faux de ce qu'on en disoit, il se trouva bien pour aimer le monde, auquel pour complaire et pour s'agrandir on n'a esgard à rien.

Voylà pourquoy, si le roy Louys Xil* eust voulu un peu se commander et aimer puisqu'on l'aymoit, il eust faict mieux ses besoignes; en quoy il faillit, selon les habilles courtisans, lesquels, pour faire bien leurs affaires, eslargissent leur conscience comm' il leur plaist, dont bien souvant Dieu en est offensé.

Pourtant ce prince se peut dire avoir &té fort à l'espreuve des coups de fortune; longtemps il combattoit contr 'elle, et la vainquit enfin. La Chronique Bergomese^ le récite par ces mots :

a En son adolescence, il fut tenu soubs la subjection du roy Louys Xr, prince très austère et suspect' à ses parens, et lui bailla femme qui n'estoit à son gré. Après qu'il fut mort, luy, qui estoit en la fleur de son aage, et qui plus appette avoir son plaisir, il cheut en r indignation du roy par le moyen de sa sœur qui

\ . Henri V.

2. C'est encore dans Bourdigné (fol. 491 v<*) que Brantôme a puisé sa citation. Mais Bourdigné a arrangé à sa guise le chroniqueur italien et a été à son tour fort modifié par Brantôme.

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