En 1528. Voyes 1. 1, p. 236 et suivantes
assez donné, et qu'il se conlentast de luy avoir donne le prince d'Orange, qu'il a voit pris à Portefin, en tournant d'Espagne, et Hugues de Montcado, sans luy en avoir donné une seule récompanse de rançon, et que c'estoit assez^ On dict que le roy fut fort irrité de cette response et fasché de la révolte de cet homme; et, pour ce, il l'amadoua de belles paroles et promesses, pensant le r'apaiser et r appeler, s'il eust peu, et, estant en son pouvoir, luy faire trencher la teste, comme l'on fît au capitaine Jonas^ quelque peu de temps après*. Il* luy renvoya son ordre, et luy va faire révolter Gènes et la luy envahir si bien, que, pour tel bien faict, la ville luy en érigea vme statue de marbre fort. superbe au mitan de la place, en luy donnant le titre de père de la patrie*.
Oncques puis, les affaires de la marine n'allarent bien pour le roy François; et au lieu qu'auparavant, par l'assistance et valeur dudict seigneur André, le roy estoit quasi maistre de la mer, il ne le fut plus , jusques à ce qu'il luy fallut emprumpter et appeller les forces du grand sultan Soliman, comm' on a veu ; ce que luy redonda à reproche, d'appeller un chien
i. Voyez t. I, p. 235 et 240; et du Bellay, année 1528, p. «19, 220.
2. Brantôme avoit mis d'abord sur le ms. 6694 (f> 79, v») : Gomme l'on en avoit faict au capittayne Jonas , commandant aux galèreq^ par avant luy, dont en ayant senti le vent, il luy renvoya.... — Sur le capitaine Jonas, voyez 1. 1. p. 267.
4. Voici ^l'inscription telle qu'elle est rapportée dans P. Tove : Ândreae Adrise, civi optimo felidssimoqae , vindici atque autori publicae liberusb, senatos populusqne genuensis posuerunt. (ttvrc XXVI).
32 GRANDS CAPCTAINES ESTRANGERS.
pour delTaire le chrestien (disoit-on lors), au lieu qu'auparavant, de chrestien à chrestien la guerre s'en faisoit beaucoup plus douce et honneste. Si ne sçauroit-on tant blasnier le roy que l'alliance avec le Turc aye faict de grandz maux à la chrestienté, mais du bien ; car quand il n'y en auroit d'autre que d'avoir conservé le saint sépulchre et l'église latine de Hiérusalem, que le grand sultan voulut faire une fois du tout abbattre, ruyner, et en aboli ir et deffendre les vœuz* qui s'y font tous les ans, ce que le roy empescha par ses prières, sollicitations et ambassades; dont c'est un très grand et signallé service pour toute la chrestienté.
Il y a eu trois renégats' en France, qui-luy ont bien porté du dommage : feu M. de Bourbon, Hieronimo Mouron', et le seigneur André Dorio. Aucuns y ont mis le prince d'Orange, mal à propos pourtant, car ce fut la faute du roy, qu'il ne se servist de luy, comme j'ay dist ailleurs*. Aussi le roy François le disoit. Les fruictz s'en sont apparus, sans que je les die.
Lorsque l'empereur et le roy François s'entrevirent à Aigues-Mortes", le ^ roy alla en la gallère de l'empereur, qui estoyt la capitainesse d'André Dorio. L'empereur pria le roy de le voir, pour l'amour de luy, et luy faire bonne chère ; ce que le roy fit très voulontiers, en luy demandant comm^it il se porfoit, ne parlant nidlement du passé, et luy dist de plus
i . f^œuz^ ^lerinages*