GauchanSf se détournant
d'autres braves et hardys, sans peur et saus reproche, et d'autres de contraire faction, selon qu'il plaist à la fortune de Mars, laquelle bien souvant met la peur en un homme qu'on n'eust jamais pensé et qui toute sa vie avoit été estimé des plus preux. Possible en parleray-je ailleurs d'avantage.
Outre ce titre que je viens dire, on appelloit ce grand capitaine, M. de la Trimouille La vraye^orps^ DieUj d'autant que c'estoit son sermant ordinaire, ainsy que ces vieux et anciens grands capitaines en ont sceu choisir et avoir aiicuns particuliers à eux : comme M. de Bayard juroit <c Feste-Dieu, Bayard ! » M. de Bourbon « Saincte Barbe! » le prince d'Orange, « Sainct Nicolas! » le bon homme M. de la Roche-du- May ne' juroit : a Teste Dieu pleine de reliques! » (où diable allast-il trouver celuy-là ?) et autres que je nommerois, plus saugreneux que ceux là ; mais il vaut mieux se taire.
Or ce bon chevalier, M. de la Trimouille, eut cet heur de servir très bien et très dignement trois roys ses maistres; aussi en fut-il très bien récompensé, car il fut très riche terrien, tant de son costé que de ses prédécesseurs, qui avoient esté très bien venus des autres roys leurs maistres. Il eust cette bonne fortune en aage fort jeune, estant lieutenant du roy en son armée de Bretagne , de prendre prisonnier M. d'Orléans en la bataille de Sainct-Aubin-dU- C!ormier ^, qui pourtant, estant venu à la couronne, ne lui en fist pire chère ny traictement, estant bien as-
A • Brantôme lui a consacré an article.