Et changement de fortune
suffisant d'en faire d'adyantage. Mais quel!' est la chose que l'on ne face pour l'avarice? Ceste-Ià pourtant cousta bon aux Genevois et autres chrestiens, car il ne fut pas plus tostsorty qu'il se remit mieux que jamais; et s'estant retiré aux Gerbes, par le crédit qu'il eut avec aucuns des compagnons, et le bruict de son nom ■et valleur, il amassa une vingtaine de fustes, et tourna à la volte de Gênes, disant le serment qu'il avoit faict en prison et par contraincte n'estrebon ny tenable. Il y rencontra une gallère du visconte de Cigalla, qui venoit de Levant, chargée d'esclaves et marchandises, laquelle il prit, et aussi tost s'en retourna aux Gerbes, là où de ce butin il sereffît si bien qu'il assembla une grand' armée, avec laquelle il battit les costes de Gènes et d*Espaigne, où il fit de grandes pilleries, et puis vint prendre, près de Naples, Castel-a-mar, environ loin de vingt-huict lieus dudict Naples*, et y prit force âmes chrestiennes. Et s'estant mis au large de la mer et arboré la bandière du rachaptement, ainsi qu'il estoit sur le marché, voicy une gallère de Malte qui parut, laquelle venoit de France et emportoit quelques vingt mill' escus de l'argent que tous les ans les chevalliers françois envoyoient là quérir de leur revenu, et se le faisoient là porter. Par cas, le capitaine de l'isle d'Isquie' advertist par trois voilées de
i . Les expressions : près ek Naples et vingt-huit lieues dudict Naples f forment une contradiction que nous expliquons ainsi : Brantôme^ qui connaissait le pays, a eu raison de mettre près de Naples ; mais le texte espagnol portant : Caste tla-Mt^^ lugar de quinientes vezinos^ XFIII iuegas de NapoleSy il l'a traduit sans y faire attention, et le copiste a changé XVIII en XXVIII.