La rùcifUCy le château. Voyctz^P. Jove, liv. XXXI V
luy donné à songer, veu les grandz empeschemens de toutes sortes qu'il eut à y parvenir. Les histoires en sont assez pleines sans que j'en parle. Et nonobstant, ce brave roy corsaire ne s'estonna point de sa perte, arrivée plustost par disgrâce, fortune de guerre et de trahison ; sort de la place, reflaict un second petit armement de quatorze gallères qu'il avoit caché et sauvé dans quelques petis recoings de palluz^ et canaux de là auprès, dont il les faict aussitost sortir en forme et belle contenance de guerre, et d'homme plutost vaincœur que vamcu, se faict parestre et se faict recognoîstre par autres quatorze gallères que Ton avoit envoyées à André Dorio, soubz la conduicte d'un certain capitaine genevois, nommé le seignor Adam, lequel aussi tost qu'il ' l'eust veu luy donne la chasse si belle et si afTreuse, que s'il n'eust gaigné le gros d'André Dorio il estoit troussé'; met luy et toute son armée en allarme, et à sa barbe se sauve dans Alger ; faict encore plus : d'un mesme vol s'en va piller et saccager l'isle de Minorque, y prend le port de Maon, et puis, chargé de butin, prend la route de Constantinople, se présente au Grand-Seigneur, luy raconta sa perte et sa disgrâce ; nonobstant laquelle, et la cognoissant point advenue par sa faute, le reçoit très bien, luy redonne un nouveau armement; et faict le diable pis que jamais.' Allez m'en trouver de pareilz
i . Marais, bas-fonds
2. C'est-à-dire : aussi^t que Barberousse l'eut vu, il lui donne la chasse.
3. Brantôme, qui si,pns le fait dans P. Jove (Kv. XXJUy^, J'a un peu arrangé, car dans Thistorien il est dit au oontraipe qoe Barben>usse ne poursuivit point le capitaine Adam. •