De Thou et d'Aubigné le nomment Chr. de Mora
2. Les Espagnols appellent ilave maestro y soit la clef de la porte de la maison, soit la clef qui oavre tout, c'est-à-dire le passepartout.
3. Don Francisco Gromez de SandoYal y Rojas, marquis de Dénia (et non Dévia) qui devint si célèbre sous le nom de duc de Lerma. Il mourut en i 625, après avoir été ministre tout puissant de 1598 à 161 8.
DOM PHILLIPE, ROY D'ESPAÎGNE. 99
£t lors Sa Magesté se retourna pour leur dire à Dieu. En les embrassant ^ il perdist la paroUe y et demeura deux jours en ceste façon. Elle mourut le treiziesme du mois de septembre, à trois heures du matin. L'archevesque dist la messe. Le nouveau roy retourna de FEscurial le 1 6 à huit heures du soir, laissant sa sœur aux CordellierSy et se retira à Sainct Hierosme. La court en demeura fort attristée*. »
i . D'Aubigné termine ici sa relation en ajoutant ce que Brantome, lui aussi, aurait pu et même dû dire : « Si mon lecteur trouve en ce discours quelque chose qui ne soit pas du style accoutumé, qu'il sache qu'aussi l'ai-je transcrit religieusement sur la copie que reçut un secrétaire d'Estat. » Hist, univ.^ t. IIL col. 7i1.
Avec les feuillets dont nous avons parlé plus haut (p. 9â, note i), il s'en trouve un autre contenant le fragment suivant, et au verso duquel Brantôme a écrit : » Discours de la maladye du roi d'Es^ poigne^ dom Phellipe. Sur la maladie dont il mourut. C'est une note qu'il n'a point utilisée.
« Car pour ne desguiser ses peines, qui ne s'estonnera de voir ung si grand monarcpe attaché et comme immobile, et comme crucifié en son lict, n'ayant appuy que sur les espaules, sans pouvoir estre remué : piedz et points percez de fistules, dont y en avoit sept en deux doigtz de la main dextre qui perpétuellement suppufuient, et ne pouvoit souffrir d'y estre tant soit peu touché, et qui a duré un an entier ? De le voir travaillé ensemble de gouttes aux jointures et extrémitez par l'espace de six ans, de fiebvre éthique dans le corps, avec accès de tierce et double tierce qui, l'espace de deux ans, luy a dévoré les membres et séché les parties nobles ; de dysenterie aux intestins, qui perpétuellement le vuidoit, sans |)onvoir estre nettoyé ny changé de linge au dessoubz l'espace de vingt deux jours entiers; d'une altération d'estomac et soif estrange en la gorge qui procédoit de ces deux derniers et qui ne se pouvoit estancher; de doleur de teste et des yeux qui luy estoit continuelle, tant pour la senteur de son lict et la malignité des vapeurs qui lui montoint au cerveau et lui rendoint Fhalaine forte, que pour la grande inquiétude provenant de l'acrimonie de l^hu-
Après sa mort sçeue en France ou en Flandres, aucuns firent son tumbeau par ce sonnet , auquel en tout ne faut prester créance, comm' à chose faicte par hayne, passion et animosité :
Sonnet sur la mort du roy (TEspaigne.
Il est donc mort, ce grand, ce tyran, ce monarque. Cet altéré de sang, ce monstre ambitieux, Qui pensoit esviter Fordonnance des cieux.
Braver Pluton, la Mort, les Destins et la Parque !
Mais Qiaron Ta passé, qui avec luy embarque Gest* inquisition dont le fœu furieux A si long temps bruslé les honmies généreux.
Conduisant aux enfers ce triumphe en sa barque.
Il fit mourir sa femme ; il tua son enfant ; Il pille Portugal, injuste triumphant Du royaume d^autruy, et puis insatiable,
meur qui le rongeoit, sans dormir ne jour ne nuict, et sur tout le tourment excessif de ce cruel aposteme qui luy vint au genouil, pour la douleur estrange que Tinflammation de cest humeur apporte à une partie si sensible ? Joinct les élancements intolérables qu'il lui a fallu supporter, tant à la confection de la matière et maturation de l'humeur, qu'il ne fust possible de résoudre par aulcung médicament qu'à l'ouverture qui en fust faicte, et à la suppuration grande et ordinaire qui emplissoit le jour deux escuelles, et dont la puanteur estoit telle, qu'elle ne se pouvoit endurer ? •
A la suite de cette note qui ne se retrouve pas dans le ms. 3262 , Brantôme a écrit de sa main : « Ne faut oublier la maladye pédiculayrc, ayant esté persécuté tellement des pous que luy, grand roy, n'en pouvoit estre jamais netoyé et tenu net, si, qu'aveq les autres maus le feyrent mourir. Grand cas celluy-làl Ainsin mourust Hérodes.