‹ Œuvre complètesChapitre 81 sur 267 · Don Diego de Zaniga · texte numérisé non relu

Don Diego de Zaniga

3. Il arriva à la frontière du Luxembourg, le 4 novembre 1 576*

428 GRAIVDS CAPITAINES ESTRANGERS.

trouvé Anvers pris et saccagé, fit une paix *, soubz condition d'en chasser les Espaignob, ce qu'il fit; et s'en allarent tous en Itallie, tant chargez de butin d'Anvers qu'ilz n'en pouvoient marcher.

Ce prince fut bien trompé en ceste paix, et bien luy servit de se monstrer bon, vigillant et grand capitaine. Aucuns le blasmarent de ce traicté de paix, de se désarmer ainsi et renvoyer ses gens. Et ce fust ce qu'un de ces ans sçeut très bien remonstrer ceste brave, généreuse et belle infante* à qui le duc d'Escot', fust ou de luy ou d'autres qui l'en avoient prié, en porter la paroUe, que jamais elle n'auroît son Pays-Bas paisible qu'elle n'en eust chassé les Espaignolz. A quoyluirespondant, et luy donnant un grand soufflet, elle lui dist : ce N'avons pas honte de me dire * ceste paroUe, « veu que vous sçavez bien que pour les avoir chassez « il en prit très mal à dom Juan d'Austrie mon oncle? « Comme de vi^ay, les Estats ne gardarent guières la paix, en quoy ilz furent fort blasmez; car ilz assemblarent mie fort grosse armée de cinquante mill' hommes, composée de ceux de leur nation, de François, d'Anglois, de reystres que le prince de Casimir' avoit amenés Mais dom Juan fist aller leur armée en rien ^ et se dissipa de soy-mesme, car il l'alla assaillir,

i. Le 12 ftvrieriS77, don Juan signa avec les États un accord connu sous le nom d'Édit perpétuel^ qui stipulait, entre autres, l'éloignement (fes troupes esp^ag^oles.

2/ Isabelle. Voyez plus haut, p. 75, note 1 .

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