‹ Œuvre complètesChapitre 82 sur 267 · Voyez tomel, p · texte numérisé non relu

Voyez tomel, p

encores qu'elle fust retrenchée de grandz retranchemens; et leur donnant une camisade\ n'ayant avec luy que quatre mille Espaignolz, luy à la teste, fausse tout leur retranchement et barricades, enfonce, donne dedans, deffaict tout ce qu'il trouve ; et n'eust esté une brave troupe (fort petite pourtant) de François et quelques Ângloys qui se résolurent, là où se trouva aussi à propos M. de La Noue, à faire teste, et qui fit très bien, il leur enlevoit résolument leur logis et leur deiîaisoit la plus part de leur armée, et le reste mettoit en routte.

J'estois lors à la court que ces nouvelles vindrent au roy, qui ne se pouvoit saouUer de louer un tel acte généreux et vaillant. Un peu advant, M. de La Noue m'avoit escrit, me priant l'aller trouver, et me mandoit lés forces de l'armée des Estatz, qui estoient grandes , et m'escrivoit ainsi : « Nous sommes plus « fortz que dom Juan , mas los Espagnoles dizen « que son super iores en ifalor^. » Telz estoient ses motz.

Or ce pauvre prince ne jouist longuement de ceste belle gloire et louange, car luy qui avoit tant cherché de mourir dans un champ rude de Mars, alla mourir dans un lict mol et tendre, conune si ce fust esté quelque mignon de Vénus, et non un filz de Mars. Il mourut de peste, qu'il avoit prise de madame la marquise d'Avré* (dîsoit-on), de laquelle il estoit espris; maLs tout le monde ne dict pas cela, et mesmes en Espaigne,

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