‹ Œuvre complètesChapitre 83 sur 267 · Le 31 janvier 1578, à Gemblours · texte numérisé non relu

Le 31 janvier 1578, à Gemblours

â. Mais les Espagnols disent qu'ils sont 'supérieurs en courage. 3. Diane de Dompmartin, femme de Charles-Philippe de Groy, marquis d'Havre.

130 GRAJHDS CAPITAINES ESTRAiHGERS.

car on tient qu'il mourut empoisonné, et par des bottines parfumées * ; et vays'dire comment :

Dom Juan avoit un^ecrettaire que le roy d'Espaigne luy avoit donné, et en qui U se fioit fort, qui s'appelloit le seigneur Escovedo"; il avoit esté à dom Ruy Gomez. Ledict dom Juan l'envoya un jour de Flandres vers le roy pour luy raporterles affaires de son estât. Estant à la court, après avoir fait sa légation et charge, il s'enquiert des nouvelles de la court, et mesmes des dames, ainsi que nous autres courtizans sommes curieux aussi tost de nous en enquérir quand nous y arrivons. On luy dist que la princesse d'Eboly, vefve de Ruy Gomez (que j'ay veu une très belle famé, et elle estoit de la caza de Mandozza), traictoit fort Tamour avec Anthonio Perrez, que j'ay veu secrettaire majour du roy Philippe, et son principal conseiller, et très favory, très habil'homme, et qui faisoit tout. Escovedo, qui avoit esté à son mary et à elle, et qui se ressentoit encores de l'ancienne amitié et fidellité qu'il portoit à son feu maistre, ne peut supporter sur le cœur ceste nouvelle, qu'il ne s'en deschargeast à sa feu dame et maistresse, ladicte princesse d'Eboly, et ne

i . Cela est aussi vrai que Tempoisonnement de Jeanne d^Albret par des gants parfumés.

2. Antonio Escovedo, qui avait été élevé dans la maison de Ruy> Gomez de Silva, prince d'Eboli, dont il a été parlé plus haut, p. 97 et i 04, était devenu le secrétaire et l'homme de conliance de don Juan, à qui il était tout dévoué. Il fut une dernière fois envoyé par lui. en 1577, de Flandre en Espagne, où il arriva au mois de juillet, et le 3i mars de l'année suivante, il fut assassiné à Madrid, par ordre de Philippe IL Antonio Ferez avait décidé le roi à ce meurtre, qu'il se chargea de faire exécuter. Voyez Mignet, Antonio Pertzet Philippe 11^ i 854, in-18, p. 92 et suivantes.

, luy remonstrast le meschant bruict qui couroit d'elle et le grand tort qu'elle se faisoit. Elle, en coUère aussitost de telles sottes remonslrances, le renvoya bien loing avec de fort rudes menaces *, et descouvrit le tout à son amy Ânthoine Perrez, qui, en concevant la vangeànce, le fit tuer, et supposa force mémoires faux qu'il monstra au royd'Espaigne, parlesquelz lemonstroit traistre et infidelle au roy, et que dom Juan, son maistre, tramoit pour s'impatroniser, non seulement de Testât de Flandres, mais de celuy de Milan et royaume de Naples. Bref, il ne manqua pas de fausses impositions et d'invantions à quantité. A quoy le roy prenant pied, comme jaloux de son estât (car quelle est la chose qu'un prince ne face poiu* maintenir son estât quand on le luy veut esbranler?) faict donner la venue à la vie de dom Juan, comme j'ay dict ; en quoy le roy est excusable, mais Anthonio Ferez très blasmable*.

Dieu, qui est juste juge des meschantes actions humaines, en produist aussi tost la punition ; car le président de Castille', el conde de Barajas^, de la caza de Sappatos, en Aragon, avec .^latheo Vasque, secrettaire

i . « Une fois, Escovedo les trouva tous deux jimtos en la cama^ o en el estrado en cosas deshonestas^ et il s'écria : c VoUà qui ne « peut plus se souffrir, et je suis obligé d'en rendre compte au roi.» La princesse lui répondit : < Escovedo, faites-le si vous voulez, que mas querio el trasero de Antonio Perez que al rey, » Voyez Mignet, p. 78.

2. Le ms. 6694, f* 103 r^, ajoutait ; et dampnable^ mais ces mots ont été biffés,

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