‹ Œuvre de DuclosChapitre 17 sur 25 · AU ROI, MON SOUVERAIN* SEIGNEUR · texte numérisé non relu

AU ROI, MON SOUVERAIN* SEIGNEUR

lVloN" souverain seigneur , je me recommande si très-humblement que faire puis à votre bonn • f race. Des nouvelles , monseigneur est a Valence , et a mandé les nobles de son pays de l'âge de dix-huit ans, et toutes autres gens qui pourront porter armes, et a baillé au bâtard d'Armagnac , son maréchal, pour ses conseillers, Pierre de Meulhon, Aimard de Clermont, et Guillaume, bâtard de Poitiers , et a baillé à Jean de Vilaines, à Guillaume Neveu, à Pierre de Meulhon, à Malortie, et à Bournasel, à chacun une charge de cent lances ; le seigneur de Myron y a été , et a fait ses ordonnances, et s'est allé habiter et doit brief retourner pour servir; et a danger de ce que monsieur le prévôt vous dit dernièrement, puisqu'il s'aide des deux parties, et a fait crier que tout homme retraie ses biens à places fortes , et s'effraye fort le pays ; mais quelque chose qu'il y ait , les nobles et tous ceux duditpays de Dauphiné n'ont fiance qu'en vous, et dient qu'ils sont perdus à cette fois , si vous n'y mettez remède; et dès qu'ils vous verront démarcher , ils parlai ont haut, et quand vous serez en lieu , ils rendront leur devoir envers vous. Monsieur de Savoye a mandé en Bresse, et il a trouvé sept ou huit vingts hommes d'armes , et quand il a vu le petit nombre, les a con- 2. 3»

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tremandés. Monseigneur s'est offert à le servir et venir en Bresse, et y a fort tendu ; mais monseigneur de Savoye a dissimulé et dissimule, et, selon que Tondit, peut apercevoir méfiance entr'eux. Les villes de Bresse dient que si vous y venez , que vous êtes prince qui aimez la justice, et que vous les y traiterez bien, et qu'ils vous bailleront leurs villes, et aussi qu'ils ne les pourraient tenir , et vous rendront monseigneur le prince et madame la princesse, la maison de Savoye. Mon souverain seigneur, monseigneur a envoyé devers vous Siennois , et encore y envoyé le marquis, qui a fait de très-mauvais rapports par deçà, ainsi qu'il a été renommé , et a bouté monseigneur en ses erreurs , et en telles folies , plus qu'autres de son Etat , requérir aussi qu'il démenât le traité de monseigneur de Savoye, et qu'il ferait bien les besongnes. Et semble qu'il lairrait ces choses es termes ou elles sont , en donnant bonnes paroles à monseigneur, et en entretenant votre venue , et en faire plus de bruit que jamais ; ce serait bien, et pour les faire rendre ; car c'est la chose qu'ils craigneut plus; et cependant vous aurez nouvelles de vos ambassadeurs de Savoye, et d'autres avertissemens, et aurez avis par quel moyeu devez mener cette matière , et ne faites pas petite œuvre en bien la conduisant, et semble qu'est aisé à faire ; car je n'y vois nulle autre revenge en eux ; aussi sont tant ébahis qu'ils peuvent des nouvelles d'Italie : le seigneur Couvran, frère du comte de Roussi, le seigneur Guillaume devant Alexandrie, les Vénitiens gaignent fort pays sur ladite comté ; mais je crois que ce bruit lui aidera du commun bruit de votre ambassade. On dit que monseigneur de Savoye se soumettra du tout envers vous qui serait bien venu. Votre très-humble et très-obéissant sujet et serviteur ,

Cil AT; AN NFS.

{Ce fut sur cette lettre que le roi donna ordre à Chabannes de marcher en Dauphiné , et d'arrêter le dauphin : mais ce prince prit la fuite et se retira d'abord à Saint-Claude. Jusqu'au moment où il sortit du Dauphiné , il n'avait point cessé de s'occuper du gouvernement de cette province. Un mois avant sa fuite il avait donné, sur les donations entre-vifs, un édit célèbre qui est encore en vigueur. )

Extrait île cet cilit.

« Cet édit, donné à Grenoble le 3[ juillet 1 456 , ordonne que toute donation entre-vifs sera de nulle valeur , si elle n'est faite en présence du juge ou du châtelain du lieu où le donateur est domicilié , qu'on sera obligé d'y appeler trois des plus proches parens demeurant dans le ressort même ou dans les lieux voisins, et au défaut de parens, trois témoins prud'hommes et non suspects. »

( Deux choses sont à remarquer dans cet édit : i°. Que le dauphin avait un conseil particulier autre que le conseil delphinal , puisqu'il est porté par le règlement qu'il était fait de l'avis de àon conseil ; 2°. Que quoiqu'il ne fut pas encore roi, il ne laissait pas de qualifier le conseil de parlement , depuis l'érection qu'il en avait faite trois ans auparavant au mois de juin i453. Il est encore dit , outre les autres clauses qui sont dans le statut delphinal , que les donations faites indiscrètement pourront être révoquées , excepté les donations faites ensuite d'émancipation ou pour cause de mariage. )

« Le dauphin écrivit au roi. (P. 46.) » Lettre du dauphin au roi.

1VJ on très-redouté seigneur , je me recommande à votre honne grâce tant et si très-humblement comme je puis , et vous plaise sçavoir , mon très-redouté seigneur, que pour ce que, comme vous sçavez , mon bel-oncle de Bourgogne a intention de brief aller sur le Turc à la défense de la foi catholique , et que ma volonté serait bien d'y aller, moyennant votre bon plaisir, attendu que notre saint père le pape m'en a requis , et que je suis gonfalonier de l'église, et en fis le serment par votre commandement. J'envoie par devers mon dit bel-oncle pour sçavoir son intention sur son allée, afin que je me puisse employer à la défense de la foi catholique , se métier fait, et aussi pour lui prier qu'il se veuille employer à trouver le moyen que je puisse demeurer en votre bonne grâce , qui est la chose que je désire plus en ce monde ; mon très-redouté seigneur, je prie à Dieu qu'il vous doint très-bonne vie et longue. Ecrit à Saint-Claude, le dernier jour d'août i456.

Votre très-humble et très-obéissant fils , Loys.

Lettre circulaire aux c'véques de France.

IN otre amé et féal , vous sçavez comme de pieça notre saint père le pape nous a fait grand gonfalonier de l'église, et pour ce que avons bien désiré et désirons nous employer au service de Dieu et de ladite église , et au bien et défense de la chrétienté , nous sommes transportés es marches de par deçà, pour communiquer sur cette matière avec notre bel-oncle le duc de Bourgogne , qui en ladite matière est bien affectionné , et avons espérance de bien brief conférer avec lui. Si vous prions que veuillez nous avoir pour recommandé en vos bonnes prières, et faire prier

par toutes le; églises de votre diocèse, afin que Dieu nous veuille aider et conduire notre bonne intention ; et au regard de notre fait, pour lequel le sire de Targe et le prieur des célestius ont dernièrement été devers monseigneur , nous nous en sommes soumis et donné charge es seigneurs du sang , et briefment vous ferons sçavoir plus à p'ein de nos nouvelles. Lovs.

Lettre circulaire de Charles VU , en forme de manifeste contre le dauphin.

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