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la plupart, font ce trafic en haine du travail et refusent le service de leurs bras à la patrie. I ya pour Montréal, d'après un état que m'a fourni M. P. Lamontagne, Assistant- Inspecteur des licences, 388 maisons licen-
ciées, pour la vente en détail des liqueurs -
spiritueuses, à part 414 magasins ayant permis de vendre au-dessus d'une chopine, mesure impériale. Sur ce nombre les trois
* quarts spéculent sur la moralité publique.
En 1873, un comité de la Chambre des Communes, chargé de s’enquérir des effets de l’intempérance, constata que les 475 des crimes commis en la Province d'Ontario et de Québec peuvent être attribués directement ou indirectement au commerce et à l'usage des boissons enivrantes.
Mon prédécesseur, le regretté M. Sexton, disait, dans un rapport qui lui était demandé à cette fin, que la proportion des causes qui, directement et manifestement devaient leur origine à l’intempérance, était de neuf dixième, |
Le comité dont j'ai parlé a établi, par
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en Chambre ; “ Nous travaillons énergique-
des statistiques recueillies avec soin, que la boisson tue tous les ans des centaines de citoyens pleins d'avenir, en même temps qu’elle plonge des milliers d'autres dans la misère et le dénuement. “La patrie, dit le Tapport, voit le commerce de. boisson transformer ses fils intelligents et industrieux, qui devaient être sa gloire et sa force, en ivrognes débiles qui sont pour elle un fardeau et une honte, gäspillant des milliers pour consommer un breuvage dont l'usage, loin de fortifier, amèné, au contraire, la maladie et la folie, le suicide et le meurtre. C'est ainsi que vont se perdant dans un abus nuisible des capitaux qui devraient servir à déve-
lopper les ressources nationales, à établir des manufactures et à étendre le champ de notre commerce. En un mot, ce mal est un chanere dans notre corps politique, et, #il n'est suffisamment extirpé, il finira par flétrir et rendre vaines les brillantes espérances d'avenir de notre pays. ” |
Un des ministres dn Conseil Privé s'écriait
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ment à établir nos institutions ; nous dépensons annuellement des sommes considérables pour encourager l'immigration, ‘pour élargir nos canaux, pour construire des'chemins de fer et pour déveloprer l'éducation, Si,
malgré tout cela, nous négligeons l'élément -
moral sans lequel une nation ne peut prospérer, toutes nos dépenses et tous nos efforts seront vains, ”
Un Comité spécial du Sénat, formé dans le même but que celui de la Chambre des Communes, constatait, en 1874, que, péndant l'année expirée le 30 Juin 1878, le quantité des l'queurs enivrantes importées en Canada, pour y êjre consommée, a été de DEUX MIL- LIONS NEUF CENT QUATRE GALLONS, et la quantité fabriquée en sus a été de Spize MILLIONS TROIS CENT HUIT MILLE, SIX CENT VINGT-CINQ GALLONS.
Ces comités en sont venus à la conclusion qu’il se consomme annuellement en Canada pour $50,000,000 de boissons enivrantes. -
Aux Etats-Unis, au temps où les sociétés de tempérance ont été établies, en 1828,
On,a Calculé que la consommation annuelle de l’eau de vie s'élevait à peux MILLIONS CINQ CENT QUATRE VINGT DOUZE MILLE litres, pour une population de douze millions ; que le chiffre annuel des victimes de l'ivrognerie y était, terme moyen, de 400,000 des deux sexes. (Encyclopédie du 19e siècle).
Il résulte d’une circulaire que la grande société de tempérance de Londres adressait, il Ya vingt ans, à ses associations sœurs - d'Angleterre, que le nombre des ivrognes, dans le Royaume-Uni, n'est pas moindre de 600,000, dont 5,000 meurent chaque année, en moyenne 157 par jour, de l’abus des liqueurs alcooliques, Dernièrement, le New-York Medical Gazelte disait, que le whiskey a imposé, en dix années, aux Etats- Unis, une dépense direrte de SIX CENT MILLIONS DE DOLLARS, qu’il à causé une dépense indirecte de PAREILLE SOMME, Gil a détruit CINQ CENT MILLE existences, «, ‘+ fourni CENT MILLE orphelins aux asile: ; 4: a fait mettre en prison et dans les w:7-HOUSES TROIS CENT CINQUANTE
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MILLE individus, qu’il a causé, par incendie ou violence, la perte d’au moins DIX MILLIONS de dollars et qu'il a fait DEUX cENT mice VEUVES ET UN MILLION D'ORPHELINS.
Voici maintenant, Messieurs, des chiffres qui vont vous effrayer et que je garantis authentiques pour les avoir pris moi-même dans les états du chef de police.
Il y a eu à Montréal En 1877...........6572 arrestations.
En 1878......,..,6876 <
En 1879....,.....6309 ‘ En 1880..........6310 #
Total en 4 ans 26,067
Or les trois quarts au moins ayant été c@'is6es par l'abus des boissons enivrantes, vous aurez en quatre ans le produit énorme pour la Cité de Montréal de dix neuf mille cinq cent quarante-sept arrestations dues à cet abus.
Mais ce n’est pas tout, la police. de Mont-
réal, en sus des arrestations a receuilli, dans
ses-différents postes, et qui dexoandaient pro- | . les
tection
En 1878.........,..8496 ” En 1879...........,9655 : «:
En 1880........,.,5486 ««
Total en 4 ans. 36,405.
D’après les informations que m'ont donné le chef de police et les plus anciens sergents du corps, les trois quarts de ceux qui demandent ainsi protection sont amenés à cette démarche, soit directement-soit indirectement, par l’abus des liqueurs enivrantes.
Or les $ de 36,405 étant de 27,308, il en résulte que le nombre des victimes en quatre ans, constaté par les statistiques de la police, de la boisson enivrante à Montréal, est de QUARANTE SIX MILL® HUIT CENT CINQUANTE TROIS.
C'est donc, répétons-le, uné plaie profonde eb un erime contre la société.
Et, remarquez-le, j'ai passé sous silènce
En 1877.....,.:.,.12838 personnes.
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