‹ Œuvre de la Tempérance de la paroisse St. Jacques de Montréal [microforme]Chapitre 6 sur 9 · partie de leur clientèle, et sont obligés de · texte numérisé non relu

partie de leur clientèle, et sont obligés de

prendre la route de l'étranger pour y cacher leur honte. :

Je laisse à M. le Dr. Dagenais, qui va vous entretenir dans l'instant, à constater, avec les données de la science, comment l'usage des alcools conduit à la mort ou à la folie, les effets qu’il produit même sur les générations futures. .

Ah! nos prêtres ont bien raison de tonner sans cesse contre ce vice national! Et c’est pour l’extirper que nos évêques ont écrit de si sympatiques mandements; que de dévoués apôtres ont parcouru les villes et les campagnes ; que les ministres protestants ont signalé cette plaie à leurs ouailles et que la presse s’est associée à cette prédication.

Des pétitions ornées d’au-delà de 400,000 signatures, prises dans toutes. les classes,

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dans toutes les professions, dans toutes les nuances politiques ou religieuses, ont signalé, ces années dernières, au Parlement Fédéral, que l'intempérance était la source du plus grand désordre dans le pays.

Je voudrais avoir le temps de vous

lire les pages admirables qui ent été écrites,

et les sermons éloquents qui ont été prononcés, dans le but de sauver notre pays et la société de cet ulcère qui décime les populations.

Je voudrais surtout vous parler des pu.

nitions terribles auxquelles sont soumisceux qui se livrent à cet infâme vice : perte de fortune, refus de la considération publique, éloignement des amis, trouble de ménage, influence terrible sur le physique et le moral des enfants, affaiblissement de la santé, le délire, la prison, la folie, la mort.

Mais c’est surtout pour les vices publics que Dieu réserve ces calamités effrayantes, que lon observe tous les Jours, sans cependant s’en rendre Compte et qui seraient, sa.

chez-le bien, autrement sensibles si une foule

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|, de bonnes âmes n'étaient constamment en prière, pour détourner les vengeances divines, si nous n'avions ces communautés religieu- |‘ ses, d’où s’exhalent: sans cesse ces parfums désinfectants qui éloignent constamment les ? épidémies dévastatrices.

|: Je voudrais pouvoir vous peindre, comme les añnales de la colonie lé font, les mal- | . heurs terribles qui sont venus fondre sur ses | habitants, après que Mgr. de Laval eut excommunié ceux qui y encourageaient le tra:

* fic infâme de l’eau de vie.

Des signes visibles annoncèrent:que Dieu | étaitirrité; des météores ignés se firent re- | marquer dans le ciel, et semblèrent se relier si naturellement avec les convulsions: de: la: terre qui suivirent peu après, qu’on les re:

garda comme des avertissements du ciel.

Enfin, le lündi gras, raconte l’histoire, 5 février, 1663, alors que bien des gens se préparaïent à célébrer le carnaval par les amusements et les excès ordinaires, vers cinq [: heures du soir, on sentit dans tout le Cana- | da, un frémissement de la terre, suivi d’un

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bruit qui ressemblait à celui que feraient des milliers de carosses, lourdement chargés et roulant avec vitesse sur des pavés. Bientôt cent autres bruits se mélèrent à ces deux premiers ; tantôt l’on entendait le pétillement du feu dans les greniers, tantôt le roulement du tonnerre ou le mugissement des vagues se brisant contre le rivage ; quelquefois on aurait dit une grêle de pierres tombant sur les toits ; le sol se soulevait et

s'affaissait d'une manière effrayante; les:

portes s'ouvraient et se fermaient avec bruit; :

les cloches des églises et les timbres des

horloges sonnaient ; les maisons étaient agi- * tées comme des arbres lorsque le vent souffle

violemment; les meubles se renversaient ; les cheminées tombaient, les murs se lézardaient, les glaces du fleuve, épaisses de trois où quatre pieds, étaient soulevées et brisées

Comme dans une soudaine débâcle. Les .

animaux domestiques témoignaient leur crainte par des cris, des beuglements, des hurlements, (Ferland P. 486 ) |

: Plusieurs tremblements se succédèrent et

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amenèrent des bouleversements à la surface

de la terre que l'on constate encore au-*

Jourd’hui. Et, à la description que nous en font les historiens, il nous semble que la nature était elle-même enivrée.

‘ Quand Dieu parle, dit la relation de 1663, il se fait bien entendre, surtout quand il parle par la voix des tonnerres et des tremblements de terre, qui n'ont pas moins ébranlé les cœurs endurcis que nos plus gros rochers, et ont fait de plus grands remue.

* ments dans les consciences que dans nos fo-

rêts et sur nos montagnes, ”

Nous n'avons plus, Messieurs, de bouleversemments aussi significatifs; mais nous avons nos bouleversements sociaux qui sont bien aussi effrayents que d’autres pour l’observateur, et si nous voulions prêter l'oreille etin-

terroger les bruits discordants qui se font en- - tendre dans les couches diverses de la 80-

ciété, nous constaierions un désordre non moins pénible : les fortunes qui s’écroulent, les sommités sociales qui s’efflondrent,. la

route de l'immigration qui s’encombre, -les ,

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prisons qui regorgent, les asiles qui se referment sur. des infortunés, les hôpitaux qui s'ouvrent à la douleur, les tribunaux qui enrégistrent le malaise populaire; et, nous pouvons bien le dire, si les prédicateurs remplacent les cloches des: cathédrales qui sônriaient lors du tremblement: de 1663, le battement des cœurs des épouses malheureuss'qui se;désolent dans l'intérieur dé la famille, remplace bien aussi l'agitation des timbres dont parle la relation.

REMÈDE AU MAL. - J'aurais peut-être dû

le: soin dé traiter ce point et de nous faire connaître quels: sont les moyens préventifs et curatifs de cette maladie la plus intéressante, je n'en doute pas, dans la pratique d'un médecin ; mais comme cest: la seule chance que j'aie de faire l’Esculape, j'espère quil me pardonnera ma hardiesse, libre à lui, de faire le juge quand il croira la chose utile. |

Cela dit, affirmons. que-si le: mal eat si grand. il faut un grand. rémède: Est.ce.

laisser à mon savänt ami, le Dr. Dagenais,

qui se res hôpitaux tribunaux ulaire; et, rédicateurs drales qui le 1663, le :s malheuérieur de itation des

at-être dû Dagenais, nous faire préventifs 8 intérespratique la seule >, J'espère e, libre à la chose

al. est si Est-ce.

un traitement violent, est-ce un traitement

lent qu'il faut appliquer ? Est-ce un remède allopatique ou homéœpathique qu'il faut administrer ? La méthode que l’on doit suivre est-elle empirique ou scientifique ? Je n’en sais rien ; je laisse à raisonner sur cette théo- rie quand il s'agira de traiter les individus, mais ici il s’agit de traiter un malaise social et j'adopterai volontiers le système sympathique, c'est celui de la charité indiqué par le divin Médecin, comme propre à guérir tous lesmaux. En effet il faut aimer pour tra- Vailler efficacement à la guérison d’une plaie aussi invétérée ; il faut avoir cette charité qui est prête à tout faire, à tout entreprendre pour le soulagement et le salut de ses semblables, il faut avoir cette charité qui attend, qui prie, qui exhorte avec feu, qui conjure avec larmes, qui menace miséricordieusement, qui punit même et qui, quand le fouet ne suffit pas, ne craint pas de saisir

Je glaive; il faut enfin avoir cette charité

qui invente tousies moyens, qui revêt toutes les formes et qui pénètre partout où il y a

28 À des souffrances à guérir, des peines à consoler,

Lacréation et le maintien des sociétés de tempérance sont un moyen très puissant de combattre le mal et qui a été reconnu tel en

* Allemagne, en Angleterre, en Irlande, en Econse et aux Etats-Unis. |

Aussi en Angleterre, la société de tempérance fondée à Londres en 1831, a tellement progressé que cinquante comités auxiliaires s'y étaient adjoints en 1842, et à is même époque, il existait quatre vingt-dix associations dans les différents comtés d'Angleterre,

En Ecosse, cent soixante mille individus étaient, en 1877, inscrits sur les listes de tempérance, et en Irlande il y en avait plus de 9,150,000.

Aux Etats-Unis, où les sociétés de tempérance ne datent que de 1828, on comptait, deux ans après environ, 1,700 de ces associa-

d’une manière évidente.

Mais elles ne sont que des corps d'armée qu'il faut équiper, discipliner et mener au

tions. L'influence de ces sociétés est constatée

peines à con-

28 sociétés de puissant de connu tel en

Irlande, en

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à is même -dix associa- Angleterre, e individus stes de temait plus de

s de tempén comptait, ces associa-

stconstatée |

rps d'armée ; mener au

combat, contre l'ennemi qui menace notre Pays et nos familles.

Et c’est peut-être faute de cette discipline que des sociétés de tempérance si nombreuses n'ont pas fait tout le bien qu’elles auraient pu opérer.

Et, pour combattre avec succès, il faut s’armer de l’arme par excellence qui est la charité, non pas seulement pour les membres de sa société, mais Pour tous les hommes. Et, par ce moyen, chaque membre travail.

lera à faire sortir l'humanité de ce bourbter dangereux, où tant de pauvres malheureux de toutes les classes se tiennent plongés.

Un des principaux devoirs de tout sociétaire, c’est d’édifier, c’est-à-dire d'attirer des membres à l'association, d’affermir ceux qui en font partie, de suggérer et d'employer

les moyens propres à faire triompher la vertu de tempérance.

10. Or comment attirer les membres 'à cette association ? C'est en se faisant apprécler par uno bonne conduite, par une tenue qui dénote le respect de soi-même. Que :

par votre régularité aux affaires, que par |

votre observance de vos devoirs comme chrétiens, comme époux, comme pères, vous soyiez une continuelle protestation contre ceux qui se livrent à l'ivrognerie et qui négligent ces vertus, Que dans vos familles tout brille par une aimable simplicité, une paix profonde et une naïve gaieté, Qu’on f’aperçoive que tout chez vous est dans l'ordre. Et quand sur la route vous rencontrerez quelque malheureux qui chancelle, ap-

prochez-vous de lui, soignez-le, conseillez- |

le; s'il le faut, punissez-le, mais surtout jetez dans son cœur l’amour du bien, de l’hon-

neur, faites-lui comprendre sa dignité d'hom- |"

me, Que de pauvres malheureux qui suc-

combent parcequ’ils n’ont personné pour

s'occuper d’eux, ; 20. Comment affermir ceux qui font par-

tie des associations ? C’est en les visitant, les |

aidant, les encourageant dans leur métier, leur industrie, leur commerce ou leur pro-

fession. Que ceux qui peuvent le faire ins- à

iruisent les autres, par des écrits, des lec-

5 TU Te <

aires, que par 2voirs comme me pères, vous tation contre erie et qui né- S VOS familles mplicité, une gaieté, Qu’on est dans l’ors rencontrerez hancelle, arp-

e, conseillez- .},

is surtout jeien, de l’hon-

ignité d'hom- ‘|’

eux qui sucrsonné pour «

qui font par-

visitant, les |

leur métier, u leur prole faire insits, des lec-

tures ; qu’on s’édifie par les bons exemples, les bonnes paroles, les visites, les réunions amicales; que chacun contribue à faire connaître et apprécier les bienfaits de la vertu de tempérance et à adoucir les pentes du chemin que l’on parcourt ensemble. Qu'on s'applique à comprendre que la vertu seule ennoblit, et qu'aux yeux même du monde, il n'y a de grand et d’estimable que l’homme vertueux, Qu'on le comprenne bien, c’est que, à n'importe quelle classe que l’on appartienne, on commande toujours le respect de ses semblables par une conduite sans reproche. |

30, Suggérer et employer les moyens propres à faire triompher la vertu de tempérance.

Parmi les moyens à guérir la plaie sociale que nous déplorons, les uns ont suggéré la prohibition totale des alcools, les autres ont voté pour la réglementation de leur ‘trafic.

Le premier est un moyen violent et: chi.

rurgical ; ie second est un moyen lent'et médical. -

examiner l'état du. malade, ces habitudes,

Sanisme, ou si elle est locale et superficielle: Dans le premier Cas, je ne crois pas es opérations chirurgicales possibles et je penche du côté du traitement régénératenr du système entier. |

L'épreuve de la prohibition totale à été tentée dans l’état du Maine, où, depuis plus de vingt ans, une loi prohibe, d’une manière absolue, la fabrication et la vente des li.

queurs enivrantes.

Ici, en Canada, la loi Dunkin, passée en 1864, autorisait les conseils municipaux à prohiber par réglement la vente de ces liqueurs,. |

La loi du Maine ne semble pas avoir eu l'effet qu’on en attendait; et en 187 8, ie Parlement Fédéral Canadien, ne trouvant pas la

natation

Social demanions, et il faut oyens violents,

social demanons, et il faut:

ns violents,

8 habitudes, une maladie germes indes de l’oret superfne Crois pas

ibles et je

égénératenr

otale a été depuis plus ne manière ite des li.

passée en nicipaux À de ces li-

‘avoir eu 78, le Parant pas la

loi Dunkin assez effective, passa une aute

loi qui est l'application à toute la Puissance du. Canada, des principes de la loi Dunkin, avec quelques amendements plus rigoureux. .

Nous avons dans la Province de Québec nos lois de licences qui tendent à régulariser la vente des liqueurs en ne permettant de vendre qu’en de certains endroits, à de certaines heures. Ces lois de la Province n'ont pas banni les boissons et elles n’en avaient pas la prétention. Elle ne les défendent même pas: mais elles en punissent les abus.

Ceux qui sont contre le système prohibitif complet ont des arguments très forts et produisent des statistiques très éloquentes Pour prouver que le mal est plus grand dans les pays où il a été mis en vigueur, et qu’au lieu d’avoir des maisons licenciées, ouvertes aux inspections et au contrôle de la police, qui peut y faire observer les lois, on a des milliers de repaires oùse verse secrètement le poison, à toute heure et en toute quantité.

J'ai examiné assez attentivement les ré- Sultats des différents systèmes mis en opération, et je n’oserais me Prononcer ici sans. Ppuyer mon opinion de données qui vous ennuleraient,

Tout ce que je puis affirmer, et la lettre en est grosse, c’est que si l’on pouvait parvenir à faire complètement disparaître les alcools, onne verrait pas d'hommes ou de femmes Mourir de soif sur la route, en, aussi grand nombre, qu’on en ramasse aujourd’hui qui en ont trop bu.

Mais la difficulté est de savoir si la prohibition complète ferait disparaître'la boisson enivrante, ou si elle ne ferait pas plutôt surgir des maisons plus dangereuses que celles qui sont licenciées,

Quoiqu'il en soit, la boisson n'étant pas mauvaise en elle-même, et n y ayant que les abusqui soient désastreux, essayons au moins à en régulariser l'usage, de manière À éloi-

gner Ces abus, si nous ne pouvons faire mieux, Faisons comme ce grand prélat, Mgr. de

ment les rémis en opéncer ici sans.

es qui vous

la lettre en ait parvenir les alcools, de femmes aussi grand rd'hui qui

* si la proe,la boisson plutôt surque celles

étant pas ntque les au moins re à éloi-

ons faire

Mgr. de

Laval, qui a tant combattu pour faire disparaître les maux qui accablaient alors la colonie, et qui écrivait à Mr. de Mésy, le priant d'apporter la plus grande restriction aux permis ou licences qu'il donnait, et de ne les accorder qu’à des personnes qui n’en abuseraient pas.

Or la loi provinciale telle qu'elle existe maintenant, me parait suffisante à protéger la société sous ce rapport. (Car elle laisse entre les mains des citoyens de limiter le ñombre des licences, et de ne les accorder qu'à des personnes capables d’observer les règlements.

Et quels sont ces règlements ? Les voici en substance tels que la loi les contient :

Toute personne qui vend ou expose des

boissons sans licence, paie une forte amende.

Toute maison licenciée doit maintenir le bon ordre et la paix.

Nul jeu intéressé y est permis.

On ne doit y débiter de liqueur ni aux personnes ivres, ni aux mineurs au-dessous de 16 ans ; ni aux soldats, matelots, appren-

| ä Si:

tis ou serviteurs près huit heures du soir.

On ne doit vendre des liqueurs, ni ouvrir les maisons licenciées depuis minuit jusqu’ cinq heures du matin, ni pendant la Journée du dimanche.

Toute personne, intéressée à une autre

adonnée à la boisson, peut donner avis, par:

écrit, à toute personne licenciée de ne pas lui en livrer.

Les licenciés sont responsables de tout suicide, mort subite, assaut, etc, qui arrivent par l'ivresse causée chez eux.

Outre une punition très sévère pour chaque contravention, ils sont responsables pour les dommages et perdent leur licence.

Tous deniers payés pour boisson livrée en contravention à la loi peut être répétés de l’aubergiste, par la femme, le tuteur, le Curateur, etc. |

L'aubergiste n’a pas de recours en loi pour boissons vendues à crédit.

Tout Constable et toute Personne, autorisée par un Magistrat, un Juge de paix, un inspecteur des licences, le juge des Sessions,

DO, be pan Lise |

res du soir.

1iouvrir les uit jusqu’à : la journée

une autre

r AVIS, par:

de ne pas

s de tout qui arri- =, pour chaables pour ce.

livrée en répétés de uteur, le

rs en loi >, autori-

paix, un Sessions,

mn a ——

le Magistrat de Police ou le Recorder, peu- Vent entrer dans une maison de fréquentation publique non licenciée, où il y a lieu de Soupçonner que des liqueurs ennivrantes sontexposées en vente, et à en faire la recher- | che ; et s'ils en découvrent ils les enlèvent et les mettent sous la garde de l'inspecteur des licences.

Et toutes ces défenses sont sous des peines très sévères,

Vous le voyez, les lois sont suffisantes à faire cesser les abus.

La multiplicité des salons est vraiment un désordre en ce qu’ils sont une invitation à chaque pas à ceux qui succombent facilement à l’occasion, puiscette Concurrence énorme qui s'établit entre les débitants a pour effet de faire falsifier les boissons qu’on est obligé de donner à meilleur marché, d'inviter

même les chalands, de tolérer les exigences

des buveurs pour les garder à consommer, et appaiser leurs menaces de dénonciation.

Ii faut donc que vous vous unissiez pour contrôler l'octroi des permis.

Vous n’ignorez pas que la dernière loi . ” concernant les licences pourvoit à ce que :

dans les cités de Montréal et de Québec, un

eertificat pour une nouvelle licence ne sera * é accordé, si une majorité absolue des élec- ” teurs municipaux résidant dans le district | b de votation du quartier, signifient leur oppo- 4 Fate sition par écrit, à l'octroi de cette licence. | b

Déjà s'est formé dans la paroisse de No- . é tre-Dame un comité de vigilance pour s’en- 8! j quérir de la conduite de ceux qui demandént | a) | | des permis, et des inconvénients d’en ac | ”. corder à certains endroits, et de faire signer | .

| des requêtes contre les demandes qui pour- 4 da | | raient porter atteinte à la ligne de conduite | y | | que l’on entend suivre. Formez aussi de | tels comités et qu’ils agissent de eoncert P°

| | avec celui de Notre-Dame, afin que les Ma- + S0! gistrats chargés d'octroyer des permis 20

| soient éclairés sur le choix à y faire. —.

Un autre grand désordre résulte de ce nus que les lois telles qu’elles existent ne sont és

| pas exécutées. Ceux même qui tombent ‘|:

| sous le coup d’accüsations donnent pour rai- | dis

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ère loi ce que bec, un ne sera 8 élecdistrict Ir Oppoence.

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‘sons de leur méfait que s' leurs voisins observaient la loi ils l’observeraient aussi.

Pourquoi, me direz-vous, n’est-elie pas exécutée ? Par la grande difficulté qu'il y a à se procurer des preuves en dehors des habitués des débits de boissons.

Le public ne doit pas ignorer que les tribunaux doïvent condamner suivant la preuve, et il est'arrivé plus d’une. fois aux Magistrats de libérer des ‘accusés, tout en ayant l’intime conviction qu'ils étaient en contravention ‘aux lois, et ce, parce qu'ils n'en avaient pas une preuve légale, Car pour deux raisons, il faut que cette preuve soit légale : lo. Parce que il n’y aque contre cette preuve que l’accusé est appelé à se prémunir, et que c’est le meilleur moyen de

soustraire-le public à l'arbitraire du: J uge ;

20. Parce que les J uges des Cours Supérieures seraient obligés de faire observer ces règles aux tribunaux inférieurs qui ne les observeraient pas. | Mais pourquoi la preuve lévale:est-élle-gi

difficile à obtenir? C’est à cause des préju-

gés qui existent contre ceux qui dénonceng les contrevenants. C’est À peine si, avec des Subpœnas, on peut forcer les témoins à divulguer ce qui se passe dans des bouges où, pourtant on s’enivre et le jour et la nuit et la semaine et les dimanches; et parvient-on à se procurer des informations, que de suite l'accusé organise une contre-preuve, : qui paralyse souvent les témoignages à charge.

Il faudrait avoir des agents de police secrète, temporaires et en grand nombre, parce qu'une fois connus, leur service n’est plus d'aucune utilité.

Je sais qu'il est très difficile de lutter contre le préjugé populaire, et que de dénoncer les méfaits de certains aubergistes pourrait soumettre à des dommages considérables; mais pourquoi les comités de vigilance ne s’organiseraient-ils pas pour recueillir des informations et désigner à la police les abus qui existent ?

* Vous pouvez compter sur la discrétion et le zèle du chef de police, que je sais animé du plus grand dévouement à la cause de la

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noncenÿ si, avec moins à bouges la nuit ient-on le suite ve, qui harge. lice se- >, parce st plus

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ville et qui plus que tout autre connaît et apprécie les dégats que fait l'abus des boissons dans notre cité. Vous pouvez compter sur l’activité et l'intelligence des officiers et constables de la force, que j'ai eu occasion d'apprécier, et que je sais animés du désir de faire leur devoir, malgré l'ingratitude dont on les paie souvent.

Mais, Messieurs, quelques lois que l’on fasse et quelque vigilance que l’on exerce, il existera toujours un grand nombre de désordres qui ne pourront être prévus par le Législaieur et qui échapperont à la connaissance du Magistrat. Il faut bien reconnaître ici, Comme ailleurs, que les lois humaines sont insuffisantes à régénérer une population, si la religion ne vient pas prêter son secours en faisant entendre ses éternelles vérités.

Et encore là, Messieurs, vous avez un immense rôle à remplir, Et comme le disait lan dernier l’hon. Sénateur Trudel, dans une lecture prononcée à la Société de Tempérance de l'Eglise St. Pierre, “si les apôtres

de la Tempérance ont fait leur œuvre ; si :

Rte TI OV COUNNNRENN

nous avons la garantie qu’ils la continueront ét : qu'ils conserveront le terrain conquis : s'ils ont fait leur devoir, en un mot, cela n'affranchit pas les laïques de l'obligation d'accomplir le leur. Si l’action maternelle de lEglise, proclamant la loi morale, a préparé les cœurs êt les consciences ; : si lachai-

re de vérité a produit la foi et la co=vic-

tion, il faut, que les citoyens, excrçant leur action sur les faits extérieurs, disciplinant le corps et régissant la société civile, donnent, une sanction à la loi morale et exécutent les prescriptions de Eglise ; il faut que la tribune politique :et même la voix du simple citoyen, invoquant les principes de l’ordre social et faisant même appel aux intérêts “matériels, établissent qu'il. y va de l'intérêt de 1 société civile, que c'est ‘même pour :elle une question ‘vitale, que d'assurer le triomphe de la Tem érance.” “11Et Messieurs, disons-le, comme chrétiens VOUS:avez un-apostolat à exercer, cet apostolat laïque qui, aujourd’hui, joue un ‘ei “&rand rôle :déns la régénération de: notre

inueront conquis ; not, cela bligation aternelle le, a: pré-

la chai-

COZ vicant leur iplinant le, don- } eXéCuil faut la voix rincipes pel aux l'y va ae c'est:

le, que nce.” rétiens t aposun ‘si + notre

. milliers de mères,

. Vieille mère-patrie ; vous devez aussi prê-

cher, d'abord pur l'exemple, qui est la prédication que St. François d'Assise trouvait la plus éloquente. Sans doute l'usage des li- Aueurs n’est pas défendu, mais l’abstinence complète, que vous avez promis d’observer, est une perfection de la vertu, etest propre à produire les meilleus effets et sur vous et sur les autres. On sait qu'il en coûte, en certaines circonstances, de ne pas prendre un verre avec ses amis et de recevoir sans of-

- frir de trinquer avee une vieille connais-

sance. Mais si l’on comprenait combien:

vaut un tel sacrifice pour le triomphe d’une vertu on n’hésiterait pas à le faire.

Et si la tentation vous vient de tremper vos lèvres dans ce liquide perfide, pensez, avant de boire, aux nombreuses victimes qu’il fait et qu'à l'heure où vous riez; des d'épouses et d'enfants maudissent ce breuvage qui vous fait envie.

Ensuite, par la parole, en faisant appré-

cier cette belle vertu de tempérance,. les faisant

résultats qu’elle: peut obtenir, en

connaître à tous qu'elle est nécessaire au bien-être des familles, aux succès des individus, à la régénération de la patrie ; en faisant connaître à l'homme sa dignité et aux

plus humble d’entre nous le rôle qu’il a à remplir.

Et puis, Messieurs et surtout Mesdames,

Vous avez la prière. Ah ! il faut bien l’avouer, et humblement l'avouer, nous aurons beau nous agiter, nos œuvres seront infructueuses si Dieu ne les regarde d’un œil favorable. Et vous vous tromperiez, si vous vous imaginiez que l’œuvre que vous avez entreprise est une de celle qui soit à la portée des calculs humains. Il faut bien se persuader que c’est une des plus grandes œuvres, puisqu'elle a pour but de combattre l'habitude, dont St. Augustin, dans ses confessions, a si bien fait connaître la force ; puisqu'il s’agit de déraciner un vice qui est contre Dieu, contre soi-même et contre la société. 11 faut donc prier, prier privément, prier publiquement, Ah! qu'il est beau,

au jour des calamités publiques, voir des ag-

ssaire au des indie; enfaité et aux

qu’il a à

esdames, bien l’aus aurons at infrucn œil faz, Si VOUS ous avez à la porbien se

grandes ombattre Ses conla force ; > qui est ontre la ivément, st beau,

r des as-

sociations s’unir dans la prière pour deman der secours au ciel.

Il s'agit ni plus ni moins que de sauver notre pays d’un fléau terrible ; il s'agit de préserver nos enfants qui peuvent demain en être atteints. |

En travaillant donc à cette œuvre, Dieu et la Patrie vous en seront reconnaissants.

Mais il faut y travailler avec foi, avec énergie, comme il faut le {aire quand on veut faire triompher le bien,

Et ne vous appelez-vous pas les “Officiers de la croix” ? Certes, ce nom vous a été conféré par le vénéré fondateur de votre association, parce qu'il connaissait votre zèle et votre vaillance.

Pour moi, qui n’ai toujours été qu'un humble soldat de la croix, permettez-moi de vous remercier de m’avoir procuré l’occasion de vous prouver ma sympathie, et de m’avoir permis d'offrir une petite pièce à .lédification de cette arche, qui est destinée à recueillir tant de naufragés, et à mettre à

l'abri des passions tant de natures fragiles que le courant de l’ivrognerie entraîne loin des sentiers du bonheur.

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s fragiles raîne loin

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