‹ Œuvre de Stewart DugaldChapitre 18 sur 68 · DE LA MÉMOIRE · texte numérisé non relu

DE LA MÉMOIRE

61. Les théories qui prétendent expliquer le phénomène de la mémoire par des impressions et des traces sur le cerveau sont entièrement hypothétiques , et ne jettent aucune lumière sur le sujet qu'elles cherchent à éclaircir.

62. Il faut convenir néanmoins que cette faculté parait dépendre beaucoup de l'état de notre corps : on peut en juger par les effets de l'ivresse, de la maladie et de l'âge. Un recueil de faits relatifs à ces influences et aux diverses circonstances qui les modifient serait fort utile à la connaissance de l'esprit humain , et pourrait conduire à des inductions trèsimportantes.

63. A ne considérer les choses que d'une manière superficielle , on croirait qu'il y a des différences prodigieuses de capacité entre la mémoire d'un homme et celle d'un autre : mais , selon toute apparence , ces différences sont fort exagérées. On ne tient pas assez compte des nombreuses diversités que les esprits doivent offrir sous ce rapport , par suite de cette multitude de directions que l'on voit prendre aux hommes , soit par penchant , soit par le hasard de leur situation.

64. Indépendamment de quelques inégalités dans la capacité naturelle , il y a des variétés de mémoire très-remarquables qui servent de base à d'importantes distinctions entre les hommes sous le rapport de l'intelligence.

65. Ces variétés dérivent surtout des proportions dans lesquelles sont combinées les qualités constitutives de la mémoire. Une mémoire parfaite se composerait d'une grande susceptibilité à saisir , d'une grande capacité à retenir , et d'une grande promptitude à rappeler : mais une telle réunion de qualités est rare , et l'on ne peut guère en développer une qu'aux dépens des autres.

SECTION VIII

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