COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT
S<^ance de la rhaiobr*; dos députée dii S3 arril 18.>9.
Le comte de Cayour^» lisant :
Messieurs,
Les grandes puissances européennes, dans le dessein de traiter la question italienne par les voies diplomatiques et d'essayer, s'il était possible, de la résoudre pacifiquement, ont décidé au mois de mars qu'un congrès aurait lieu à cet effet.
L'Autriche, cependant, mettait à son adhésion une condition concernant la Sardaigne seule : celle d'un désarmement préalable de notre part. Cette prétention, repoussée sans hésitation par le gouvernement du Roi comme injuste et contraire à la dignité du pays , ne trouva d'appui auprès d'aucune puissance. L'Autriche, alors, formula une autre proposition, celle d'un désarmement général.
Cet incident donna lieu à une série de négociations qui, malgré l'activité et la rapidité des communications télégraphiques, continuèrent pendant plusieurs semaines et aboutirent à la proposition de l'Angleterre, acceptée par la France, la Russie et la Prusse, et que vous connaissez. Bien que le Piémont comprit quels doutes, quels inconvénients pouvait susciter l'application du principe émis, cependant, par esprit de conciliation et comme dernière concession possible, il y adhéra.
L'Autriche, au contraire. Ta formellement repoussé. Ce refus, dont la nouvelle nous arrivait de tous les points de l'Europe, nous fut entin officiellement annoncé par le représentant de l'Angleterre à Turin, lequel, par ordre de son gouvernement, nous signifia que le cabinet de Vienne avait résolu d'inviter directement le Piémonl à désarmer, en demandant une réponse définitive dans le terme de trois Jours.
Le fond et la forme de cette demande ne peuvent lai^ ser aucun doute, aux yeux de toute l'Europe, sur les intentions véritables de l'Autriche. C'est le résultât et la conclusion des grands préparatifs d'attaque que l'Autriche concentre depuis longtemps sur nos frontières, et qui sont devenus pendant ces derniers jours encore plus considérables et plus menaçants.
Dans cet état de choses, en présence des graves dangers qui nous menacent, le gouvernement du Roi a cru de son devoir de se présenter sans délai au Parlement et de lui demander les pouvoirs qu'il juge nécessaires pour la défense de la patrie. Il a donc prié votre président de convoquer immédiatement la Chambre, qui s'était séparée pour les vacances de Pâques.
nier, à une heure avancée de la nuit, il nous fut annoncé indirectement que l'Autriche diffère d'adresser au Piémont la demande qu'elle a résolue; mais comme elle a repoussé la proposition de l'Angleterre, cela ne peut modifier en rien ni la situation, ni nos résolutions.
Dans ces circonstances, les dispositions prises par S. M. l'empereur des Français sont pour nous un encouragement et un sujet do reconnaissance.
Nous pensons donc que la Chambre n'hésitera pas à conférer au Roi les pleins pouvoirs que tes temps demandent.
Et qui pourrait être meilleur gardien de nos libertés? Qui pourrait être plus digne de cette preuve de confiance de la nation? Lui dont le nom, depuis dix années de règne, signifle loyauté et honneur (applaudissements prolongés sur tous les bancs de la Chambre) ; lui qui porta toujours haut et ferme le drapeau tricolore italien (applaudissements ) ; lui qui à ce moment même se prépare à combattre pour la liberté et Tindépendance! (Longs applaudissements; cris de Vive le roi!)
Nous avons l'assurance, Messieurs, qu'en confiant dans ce grave moment les pleins pouvoirs à Victor-Emmanuel, vous serez applaudis unanimement par le Piémont, par l'Italie. (Bravos prolongés.)
500 UËUVBE PARLEMENTAIRE