JE I V I-, E P A R I. K M F.N T A I R F
surannés, d'accepter une transaction par laquelle le clergé, tout en se soumettant à l'égalité des droits et des devoirs, aurait gardé pourtant une position incomparablement meilleure que celle qui lui est faite en France, la cour de Home préféra traiter les libéraux modérés et catholiques qui siégeaient au ministère à Turin, comme elle eût traité les membres d’un comité de salut public. Rien ne fut épargné de ce qui pouvait empêcher le gouvernement de remplir sa tâche. 1 ne grande partie du haut clergé, en faisant ouvertement cause commune avec l’Autriche, s’aliéna entièrement les populations; des scènes déplorables s'ensuivirent. Les censures ecclésiastiques furent lancées contre les ministres et les membres du, Parlement. L’État dut recourir à son tour aux vieilles armes employées au moyen âge contre la puissance ecclésiastique : des déclarations d’abus furent prononcées par le conseil d’État, des évêques furent exilés. Cette lutte, qui ne discontinua pas un instant , et pendant laquelle le plus grand nombre des conservateurs piémontais se rangea peu à peu du côté du libéralisme, devait aboutir à l’occupation des Romagnes, des Marches et de l'Ornbrie. Cependant, chose digne d'être remarquée , le clergé a gardé ses immenses richesses; quelques ordres réguliers seulement ont été supprimés, et cette suppression n’a fait qu'accroitre les dépenses que l’Église occasionne à l'État ; enfin l'Italie réclame encore, après tout ce qui s’est passé, une loi qui ôte aux curés les registres de l’état civil et qui rende à la loi civile l’institution du mariage, qui lui appartient.
Séance du Sénat du 16 décembre 1K52.
Messieurs les sénateurs.
Tant de personnages éminents ont combattu ce projet, tant de considérations ont été développées dans le sens contraire, que j’éprouve quelque hésitation en en prenant la défense. Toutefois le discours de mon honorable ami le ministre de grâce et de justice 1 facilite ma lâche.
Des raisons de trois ordres différents ont été exposées contre le projet : raisons théologiques et canoniques, raisons historiques, raisons politiques et morales.
Je ne m’arrête pas au côté théologique de la question. Tout à fait étranger à la science canonique, qui n’a jamais été l’objet de mes études, je ne serais pas un adversaire suffisant pour les orateurs de tant de science et de lumières qui m’ont précédé. Je ne dis qu’une chose sur ce sujet, c’est que je ne puis comprendre que l’on représente comme contraire aux dogmes sacrés de l’Église une institution adoptée par la majorité des peuples catholiques. Si le mariage civil, si la séparation du contrat et du sacrement est contraire au dogme, comment l’Église la supporte-t-elle en France, en Hollande, en Belgique, en Angleterre, et dans l’autre hémisphère presque tout entier? Je sais qu’un membre de cette auguste assemblée, en reconnaissant que le mariage civil n’est pas contraire