OE U V R E P A R L F. M E N T A 1 R F
Je pourrais dire que celle compensation, nous l'avons eue dans le traité de Zurich, car nous ne pouvons méconnaître que les concessions arrachées à l’Autriche l’ont été par les soins de la France; je pourrais dire que nous l’avons eue lorsque l’empereur des Français, reconnaissant l’impossibilité d’une restauration en Toscane, dans les duchés et dans les Romagnes, a osé déclarer au pape avec respect, mais avec résolution, dans cette lettre du 30 décembre qui ne sera jamais assez célébrée, que sa domination sur les Romagnes était finie. Oui, Messieurs, celle lettre marque une époque mémorable dans l’histoire de l'Italie ; en l’écrivant, l’empereur Napoléon s’est acquis, selon moi, un titre non moins grand à la reconnaissance des Italiens qu’en battant les Autrichiens sur les hauteurs de Solferino. (Sensation.) Oui, car cette lettre mettait fin à la domination des prêtres, laquelle est peut-être aussi funeste pour l’Italie que la domination autrichienne. (Applaudissements.) Et cet acte de l’empereur était d’autant plus généreux, que pour aider l’Italie, pour mettre un terme à la tyrannie sacerdotale, il n’hésitait pas à s’aliéner un parti puissant en France et qui lui avait donné jusqu’alors, au moins en apparence, tout son appui.
Je maintiens que ce sont là de grandes compensations. Néanmoins, M. Raltazzi a raison de dire que, dans le traité de Zurich et dans les conférences qui l’ont pré-
nous eût été offerte, nous l’eussions refusée. Une garantie eût comporté un contrôle, une domination de la part de la France. Il nous a paru trèssuffisant que la France eût déclaré solennellement à l’Europe qu’elle ferait respecter en Italie le principe de non-intervention. »
nu COMTE DE CA VOI R.
cédé, il n’a pas été question de la cession de la Savoie et de Nice, et que dès lors, au point de vue diplomatique, on ne pouvait pas nous la demander pour prix des services qu’on nous avait rendus dans ces négociations. Quelle est donc la raison d’être de ce traité?
Cette raison d’être est celle que l’honorable Rattazzi, dans la dernière partie «le son discours, a cherché à détruire; cette raison, c’est que le traité est une partie intégrante de notre politique, une conséquence logique, inévitable de la politique passée, une nécessité absolue pour la continuation de celte politique dans l’avenir. Je me propose, Messieurs, de vous prouver que le traité est réellement une conséquence de notre passé, une condition de notre avenir.
Je ne veux pas vous tracer le tableau de la marche que nous avons suivie depuis l’avénemcnt du roi Victor- Kmmanuel au trône. Vous savez. Messieurs, que cette marche a toujours eu deux buts : le développement des principes de liberté à l’intérieur, la revendication, dans les limites du possible, du principe de nationalité au dehors. Cette double tâche a exigé des sacrifices graves et continuels. A peine le pays s’était-il remis de la secousse de Novare que les hommes qui siégeaient au pouvoir se regardèrent comme obligés de réorganiser l’armée et d’accroître nos ressources offensives et défensives. Et ici, je m’associe cordialement à l’honorable préopinant pour rappeler les immenses services rendus par le général Alphonse Lamarmora qui, prenant la direction de l’armée désorganisée et démoralisée, travailla pendant des années à la raffermir, sans se laisser arrêter par les ca-
OE C V RK P A R L E M E S T A I R E
Tiit
lomnies, pnr les accusations les plus injustes. (Approbation.)
11 fallait du courage alors, Messieurs, pour persévérer dans une telle voie. Les difficultés n’étaient pas au dehors, mais au dedans du pays; pour renforcer l’armée, pour organiser la défense, il fallait accroître les ressources du trésor; il fallait demander sans cesse au pays de nouveaux sacrifices pécuniaires, charger de nouveaux impôts une population frappée par le fléau des mauvaises saisons , éprouvée par des épidémies , serrée de près par la disette.
Les ministres de ce temps-là ont eu ce courage. Ils ont su, dans certaines circonstances, engager leur propre responsabilité, s’exposer au sort de lord Clarendon, à être mis en accusation par les Chambres pour avoir décrété des dépenses pour la défense de l’État sans la permission du Parlement. Et je ne prononce pas ici de vaines paroles, car il s’en est fallu d’une seule voix que l’ouvrage qui a rendu le plus de services dans la dernière guerre n’ait été condamné : je parle des fortifications de Casai.
Pendant quelque temps , cette politique , tout en ne perdant pas de vue son but suprême, le bien de l’Italie, resta bornée à l’intérieur de l’Étal. Mais une fois notre édifice social consolidé , une fois l'armée recomposée, l’Europe ayant vu que cette partie de l’Italie était capable de vivre de la vie de la liberté, nous cherchâmes à passer à une phase d’existence plus active ; la guerre d’Orient nous en fournit l’occasion; et alors encore, Messieurs, il fallut du enuragp à ceux qui signèrent le traité qui en-
DU CO MT K DK CAVOLB. 525
voyait nos soldais en Crimée ; car le traité souleva d’abord une désapprobation générale. Cependant la discussion amena un bon nombre de représentants à l’accepter, et ceux-là, n’ayant pas tardé à voir ce dont il s’agissait, appuyèrent dès lors avec ardeur le ministère.
Au retour de Crimée, nous avions conquis le droit de parler de l’Italie à l’Europe; mais pour en parler avec efficacité, pour que notre faible voix ne se perdit pas au milieu de celles des grandes puissances, il fallait que nous fussions soutenus par nos alliés. Nous avons fait alors tous nos efforts pour serrer à Paris les nœuds de solides et bonnes alliances; nous.trouvâmes, en effet, la France et l’Angleterre favorablement disposées, sympathiques à nos vues, désireuses de nous aider, avec cette différence pourtant que l'Angleterre se préoccupait particulièrement de l’un des deux buts de notre politique, la liberté intérieure; l’Angleterre se montrait extrêmement amie de notre régime constitutionnel et disposée à empêcher, non-seulement par des protocoles , mais même par les armes, tout attentat contre nos libertés; tandis que sur la question de la nationalité, des intérêts de la Péninsule, l’Angleterre était beaucoup moins explicite ; ce n’est pas qu’elle ne ressentit une inclination marquée pour ce beau pays, mais son respect superstitieux pour les traités de 1815 empêchait cette inclination de se traduire par des actes extérieurs. (Hilarité; approbation.)
Je crois que ce respect des traités, que cette répugnance contre toute infraction à leur texte avait été singulièrement excitée par les circonstances spéciales où l’Angleterre se trouvait depuis la guerre. Elle avait réussi à
ŒUVRE PARLEMENTA J RE
arrêter la Russie en Orient, et les accords sanctionnés au congrès de Paris élevaient une barrière contre les projets d’envahissement qu’elle prêtait au cabinet de Pétersbourg : voulant voir ces pactes religieusement observés, elle était naturellement portée à souhaiter qu’il en fût de même des traités antérieurs.
En France, ou, pour mieux dire, dans l’esprit de l’empereur des Français, nous avons trouvé une sympathie sincère pour notre État, pour l’Italie entière, un vif désir d’en améliorer les destinées, d’en soulager les maux, dans la mesure compatible avec les intérêts qui doivent lui être le plus chers, ceux de la France. Il était donc naturel que, sans nous éloigner de l’Angleterre, si bienveillante pour nous, nous missions un soin plus spécial à cultiver l’alliance française.
Ainsi, Messieurs, dans la seconde phase de notre politique, c’est-à-dire à partir de la guerre d’Orient, nous avons procédé par un système d’alliances , et particulièrement par l’alliance française.
Vous savez quels ont été les fruits de celte politique. L’honorable Rattazzi vous l’a dit : elle nous a valu la délivrance de la Lombardie, elle nous a conduits à Parme, à Modène, à Rologne, à Florence.
Je ne crois pas que les observations faites par l’honorable préopinant sur la prétendue autonomie administrative de la Toscane puissent diminuer à vos yeux ces avantages. A quoi, en somme, se réduit cette autonomie? quel engagement avons-nous pris envers la Toscane? un seul : nous avons admis que l’union pût s'opérer sans qu’immédiatement l’on étendit à la Toscane toutes nos
lois anciennes, et, que l’honorable Rattazzi me permette de le dire, toutes les nouvelles. (Hilarité. )
C’est un fait qu’en arrivant au ministère nous avons trouvé la Lombardie fort mécontente du procédé dont on avait usé envers elle , en lui donnant en quelques semaines une quantité considérable de lois, de règlements et d’employés où tout pour elle était nouveau. Ayant vu le mauvais effet produit par ce mode d’unification en Lombardie , nous avons voulu agir autrement pour la Toscane. Dans lTîmilie , le gouvernement local avait procédé à l’union avec beaucoup de résolution; en Toscane, on avait marché avec plus de réserve; l’Émilie fut acceptée telle qu’elle s’ëlait constituée, la Toscane telle qu’elle était. Un nous demande si nous conserverons toujours en Toscane des lois particulières, une administration séparée* non certes : nous avons dit tout le contraire. Nous avons dit ; « L’intention du gouvernement (et vous savez que le gouvernement, lorsqu’il parle, suppose toujours qu’il a le concours du Parlement) est de modifier en partie ces lois qui ont été mal accueillies en Lombardie, de les rendre plus favorables à la liberté locale, à la décentralisation. Nous n’appliquerons donc ces lois à la Toscane qu’après qu’elles auront été inodiliées, parce qu’alors, étant plus larges, elles donneront , avec les bénéfices de la liberté et de la décentralisation, les avantages de l’autonomie : car, enfin, les bienfaits de l'autonomie administrative se réduisent à laisser à chacune des parties du corps social une grande latitude d’action. » Si donc nous pouvons arriver, — et j’espère que nous y arriverons bientôt,
(K U V H E I ’ Ml L b M E N T Ail! E
avec voire concours , — à organiser l'administration sur les bases d’une grande liberté locale, nous aurons conservé à la Toscane le bénéfice de l’autonomie, en lui donnant une législation commune aux autres provinces.
Chaque jour d’ailleurs nous vous marquons assez que notre intention est de procéder à l’unification législative et administrative. 11 ne se passe pas de semaine où le ministre de grâce et justice ne vienne vous proposer d’étendre à la Toscane quelqu’une de nos lois. Tout ce que nous disons, tout ce que nous écrivons témoigne que ce ne sont point là des actes isolés, mais les déductions constantes d’un système invariablement poursuivi.
J’espère que vous partagez tous la pensée que je viens de développer dans cette première partie de mon raisonnement, savoir que la politique des alliances nous a été profitable; le député llattazzi, qui pendant de longues années a tant contribué au succès de celle politique, ne saurait me contredire. (Mouvements en sens divers.)
Maintenant, avant d’examiner à quelles conditions le même système peut être continué, je dois me demander si d’aventure il est possible, s’il est opportun de le modifier, soit par rapport au but à nous proposer, soit par rapport aux moyens à choisir.
Peut-être pourrait-on discuter la question de savoir si, au lieu de poursuivre une marche si active, si militante, il n’est point le cas de faire balte, de nous recueillir, de donner tous nos soins à l’organisation intérieure, à la constitution d’un royaume fort sur des bases libérales. Mais, en vérité, je ne crois pas que le pays soit disposé à s’en tenir là. En considérant l’immense sympathie qu’ex-
Dli COMTE DE CAVOUH. 529
citent dans les cœurs de tous nos concitoyens les entreprises les plus aventureuses en faveur des autres provinces d’Italie, je suis amené à penser qu’une politique timide et égoïste, quelque libérale qu’elle pût être à l’intérieur, ne serait pas supportée par les populations. Je suis sûr que vous recevriez fort mal le ministre des finances, si, au lieu de vous demander des crédits supplémentaires comme il est obligé de le faire à chaque instant, il venait vous proposer de larges économies sur les budgets de la guerre et de la marine.
D'ailleurs, quand je me tromperais sur le sentiment national , sur vos dispositions réelles , ma conviction est qu’au fond il nous est absolument impossible de changer de politique. Lors même que nous le voudrions, l’état de' l’Italie, celui de l’Europe, je le dis hautement, ne nous le permettraient pas.
L’Italie est-elle donc constituée de manière à rendre possible une politique comme celle dont je viens de parler? Pouvons-nous bannir toute préoccupation des affaires extérieures pour nous consacrer exclusivement aux choses du dedans? Nous aurions beau le faire, nos adversaires ne nous imiteraient pas, et nous nous placerions dans une situation bien fâcheuse.
Je ne veux pas exagérer les périls qui nous entourent; mais je dois vous faire remarquer quelle est notre position en face de l’Autriche. (Écoule/.!) L'Autriche a accepté les conditions de Zurich, et cela de bonne foi, je veux le croire; mais elle n’a pas acceplé de même l’annexion de l'Emilie et de la Toscane; elle a, au contraire, protesté contre ce fait et réservé tous scs droits. Elle a
bien déclaré qu’elle ne nous attaquerait pas pour le moment si nous n’usions pas de procédés agressifs; mais ce n’est pas là une garantie pour l’avenir. Si l’Autriche ne nous menace pas Aujourd’hui, elle est entièrement libre de le faire demain sans violer les pactes jurés, sans manquer au droit des gens. Nous sommes donc, à l’égard de notre puissante voisine, dans une situation assez difficile pour ne pouvoir changer de politique sans imprudence.
Mais ce n’est pas seulement à l’orient et au nord qu’on nous menace; c’est aussi au midi. Le pape, vous le savez, a repoussé avec ressentiment toute tentative de conciliation, et déclaré qu’il ne traiterait (pie sur les bases d’une restauration de son pouvoir dans les Romagnes, désormais réunies à nos Étals. Le pape, en outre, a associé sa cause d’une manière absolue à celle des princes déchus. Tout cela nous place, à l’égard de notre voisin du sud , dans une position tout à fait anormale.
Il ne faut pas, Messieurs, considérer cette position comme exempte de dangers. Si le saint-père n’avait pas d’autres forces que celles qu’il tire de ses possessions, ses menaces seraient peu à craindre; mais vous savez qu’il n’a pas hésité à faire appel à tous les catholiques du monde, et qu’il n’a négligé aucun moyen de réveiller les sentiments qui ont produit, à une époque heureusement éloignée de nous, les croisades contre l’islamisme et contre les malheureux Albigeois. Sans grossir les résultats qu’a obtenus le souverain pontife, nous sommes bien forcés de constater que sa voix n’a pas été sans écho ; et, je le dis avec douleur, il a été surtout écouté chez des
DU COMTtt DH CAVOUR. 531
peuples qui ont ressenti les bienfaits de la liberté, et qui auraient dû répugner d’autant plus à seconder une entreprise dont le but avoué est de réduire en servitude une nation noble et chrétienne. (Très-bien!)
Oui, Messieurs, il est douloureux de dire, il est douloureux de penser que la passion puisse conduire des populations entières à l'inconséquence, à l’ingratitude; il est douloureux de dire que la voix du pape-roi a trouvé plus d’échos en Belgique et en Irlande qu’ailleurs; que la Belgique, qui se levait fièrement il y a quelques années pour reconquérir sa nationalité, pour briser les chaînes hollandaises, se montre disposée aujourd'hui à prêter au pontife les moyens d’écraser une grande nation, de river, des chaînes bien autrement lourdes que n’étaient celles de la Hollande; il est douloureux de lavoir fournir au pontife de l’argent et des hommes, ce prélat, entre autres, qui a quitté la mitre pour les armes. (Hilarité et marques d’approbat ion .)
Il est triste de voir l’intéressante Irlande, qui, dans notre jeunesse, fit battre nos cœurs de tant de sympathie, elle qui a dû son émancipation aux efforts constants du parti libéral en Angleterre, envoyer aujourd’hui ses fils combattre non pas pour cette liberté à laquelle elle doit la vie, mais pour le despotisme civil et religieux.
Et par malheur aussi, la France ne s’est pas soustraite à cette influence ; la France a donné au pape le chef de sa nouvelle armée; chose déplorable, il est sorti de cette France généreuse un soldat illustre, couronné encore do ses lauriers d’Afrique, qui est allé se mettre à la tête de bandes d’aventuriers!
Toutceci est un sujet de réflexions sérieuses. Messieurs. Si vous ajoutez au péril qui nous guette au nord celui que nous prépare le sud, vous comprendrez bien vite pourquoi je vous dis qu’il ne nous est pas possible de changer de politique.
Je ne porte pas mes regards au delà des fttats du pape; la réserve qui appartient à ma charge me le défend, et je sens trop l’impossibilité où je serais de concilier dans mon langage l’émotion vive que me font éprouver les souffrances de celte partie de l’Italie avec la prudence que m’imposent mes devoirs. Qu’d me suffise. Messieurs, de vous nommer ces contrées, pour vous faire souvenir que de là encore peuvent venir sur nous des menaces et des dangers.
Mais, comme je vous l'ai dit , outre l’étal de l’Italie, l’état de l’Europe elle-même nous interdit de changer de politique. Il ne m’appartient pas de vous exposer toutes les causes qui peuvent troubler gravement l’ordre public européen-, comme ministre des affaires étrangères, mon devoir n’est pas de mettre en lumière les périls, mais plutôt de couvrir d’un voile les éventualités qui pourraient alarmer les populations. Toutefois, il n’est pas besoin que je traite devant vous les affaires générales pour que vous sachiez que des causes sérieusesde perturbation existent à l’orient et au centre même de l’Europe. Diplomates et ministres s’étudient, dans leurs dépêches, dans leurs discours, à prouver aux Parlements, au public que ces dangers sont illusoires. Mais l’attitude des gouvernements mêmes auxquels ils appartiennent ne dénient que trop leurs paroles; tandis que celles-ci sont toutes à la
paix et à la tranquillité, les armements sont partout à l’ordre du jour. Si vous examinez les derniers budgets des pays constitutionnels, vous serez effrayés des sommes qui y sont affectées aux armements. Et ce qu’il y a de plus étrange, c’est que les Parlements, loin de blâmer ces dépenses, qui souvent ont nécessité de nouveaux impôts, se sont plaints au contraire que les préparatifs de guerre fussent trop lents et trop timides. En présence de tels faits, un changement de politique serait chose insensée.
Il reste à voir si notre politique, sans changer de but, pourrait être conduite par d’autres moyens, c’est-à-dire autrement que par des alliances. Croyez-vous, Messieurs, que ce suit praticable?
Un pourrait dire : continuons la publique d’alliances, mais changeons d’alliés. Mais il ne faut pas de longues phrases pour démontrer qu’une résolution de ce genre serait aussi inhabile que honteuse. L’ immoralité . je le dis avec M. Gucrrazzi, ne sert de rien en politique; et en changeant d’alliés, en nous rendant coupables d’ingratitude envers la France, nous attirerions en même temps sur nous un désastre et le déshonneur.
Un peut dire avec moins de déraison : passons-nous d’alliés; ce ne sera pas manquer de gratitude envers la France, ce sera seulement cesser de demander de nouveaux sacrifices, de nouveaux secours à l’allié qui nous en a été prodigue. — C’est la politique de l’isolement.
Je ne nie pas qu’on ne doive attendre beaucoup d’un peuple de onze millions d’hommes animés d’un sentiment unique et puissant, celui de l'indépendance de leur pays;