De Jonge, t. I, p. 103; t. II, p. 250-271 o( p
A consulter : 1° Journael, ofte dach-register vande Voyagie, ghedaen onder het beleydt van dru Admirael Wolfhart Harmansen naer de Oost-Indien... Dans Commelin, t. I. — 1° Schip-vaerdt by Hollanders ghedaen naer Oost-Indien, onder't beleydt van den Admirael laeob Heemskerck in den lare 1C01. Dans Commelin, t. I.
riva le 29 novembre dans une baie située au nord du cap de Bonne -Espérance, et qu'il nomma baie de la « Table, » nom qu'elle porte encore aujourd'hui. Après avoir doublé le cap, il visita la côte orientale d'Afrique; il se dirigea ensuite sur Ceylan, où il fut très bien reçu par le roi de Kandy. L'amiral en repartit le 2 septembre pour Atcbin qu'il atteignit le 16. En y arrivant, il rencontra le Lam qui s'était séparé de lui à la hauteur des Comores et que son capitaine avait vendu à des Anglais commandés par James Lancaster.
Comme jusqu'ici Spilbergh avait récolté plus de gloire que de profits, il s'associa avec Lancaster pour attaquer la flotte portugaise chargée de riches produits qui, tous les ans, partait de Saint-Thomas (Bengale) pour aller à Malacca. Ils la rencontrèrent le 13 octobre dans le détroit de Malacca, ils l'attaquèrent, firent un riche butin et retournèrent ensuite à Atchin. Spilbergh en repartit pour aller à Queda, mais des vents contraires le forcèrent à y revenir. Il fut très bien reçu par le sultan. A cette époque (16 janvier 1602) arriva à Atchin la flotte deWybrand vanWarwijck, la première qui soit venue dans ces régions pour le compte de la Nouvelle Compagnie des Indes. Spilbergh lui vendit un de ses navires ; et avec l'autre il se dirigea sur Bantam, où il arriva le 27 avril 1603. Il y échangea ses marchandises du Bengale contre des produits qu'il pouvait plus facilement écouler en Europe. Il voulut alors retourner en Hollande par le Japon et en suivant la côte nord de l'Asie. Mais van Warwijck lui conseilla de rentrer en
Zélande avec sa riche cargaison par le chemin ordinaire ' .
Lorsque Spilbergh était arrivé devant Bantam, il y avait trouvé neuf navires à l'ancre ; ce nombre fut porté à quatorze après l'arrivée de Jacob van Heemskerck. Jamais une flotte hollandaise si nombreuse n'avait été réunie devant Bantam. La grande victoire de Wolphert Harmensz. la prise de la caraque de Macao par Heemskerck, l'attaque de la flotte de Saint-Thomas par Spilbergh avaient répandu dans tout l'archipel la terreur du nom hollandais, et l'on pouvait prévoir facilement que le petit peuple néerlandais, apparu pour la première fois dans ces régions quelques années auparavant, allait en devenir le maître. Les différentes sociétés de Hollande, se rendant compte de cette situation, se réunirent, et, le 20 mars 1602, était fondée la célèbre compagnie des Indes : De Algemecne Geoctroyeerde Oost- Indischc Compagnie.
En terminant, résumons ce qui s'est passé aux Indes pendant les sept années qui précédèrent la fondation de cette Compagnie.
Ce qui frappe d'abord, ce sont les efforts de g'éants que durent faire les anciens Hollandais pour utiliser la nouvelle voie de commerce qui leur avait été ouverte ; ils s'y précipitèrent avec une telle ardeur que quinze flottes comptant soixante-cinq navires furent expédiées de Hollande entre les années 1595 et 1602.
1 . De Jonge, t. I, p. 116 ; t. II, p. 272-279. A consulter : Het Journael van Joris van Spilberghen... Dell!'. Floris Ballhazar, 1603.
En second lieu, un fait important se dégage de ce qui précède : c'est que toutes ces expéditions furent suscitées par le peuple hollandais et exécutées par lui; ce fut un vrai mouvement national. Toutes les classes de la société se lancèrent dans ces entreprises, sans distinction de rang- ; celui qui voulait être le premier devait être le plus habile et le plus courageux.
Maurice y figure, moins comme prince que comme savant s'occupant de navigation et de mathématiques.
Heureux le peuple auquel son esprit national pouvait faire faire de si grandes choses dans ces régions lointaines dont il pouvait dire avec fierté :
Spanje en Portugal vermogen aldaar wel veel, maar niet ailes. « L'Espagne et le Portugal sont encore très puissants dans ces régions, mais ils n'en sont plus les seuls maîtres. »