‹ Œuvres, 1884-1888Chapitre 62 sur 65 · I. Huon <l<' Kermadec, commandanl de l'Espérance · texte numérisé non relu

I. Huon <l<' Kermadec, commandanl de l'Espérance

■2. De Longuerue était élève :> bord de La Recherche.

:j. De Bougainville. Voyage autour il" monde, par la frégate du Roi, 1;, Boudeuse el la flûte VÉtoile; en 1166, 1767, L768 cl 1769. Paris, 1771, 1 vol. in-4.

i. Dr Crétin, lieutenant à bord 'le la Recherche.

Tel est le récit succinct des découvertes faites par D'Entrecasteaux; la carie dressée avec tant d'habileté par Beautemps-Beaupré ne diffère que par des points de détails des caries modernes, comme on le verra parla suite. Les îles sans noms, situées au Nord-Est du cap Longuerue, s'appellent actuellement Fly et Straggling. La plus grande t\r> îles Longuerue porte le nom de Saddle et sur les cartes allemandes celui de Longuerue; l'île isolée au .Nord de Longuerue est probablement l'île « Solitary» des Anglais; l'île indiquée dans le Sud-Ouest du golfe linon existait peut-être alors, mais actuellement, c'est nie' presqu'île appelée Parsee Point parMoresby; le cap esquissé dans l'Ouest du golfe correspond assez à la pointe Steinmetz de von Schleinitz.

Quant à l'ile marquée au Nord du golfe elle n'existe plus sur les cartes récentes.

Le cap Crétin de D'Entrecasteaux est la pointe Sud d'une petite lie, appelée « Nussing » par les indigènes et qui est l'ile la plus méridionale de l'archipel Gingala. Quant aux îles Crétin elles portent le nom indigène de Tami et sont au nombre de cinq.

Malgré la publication des travaux hydrographiques de l'expédition, si soigneusement exécutés, des géographes donnèrent encore longtemps, sur leurs cartes, des contours aussi peu exacts et aussi fantaisistes que ceux qu'on trouve dans Fleiirieu1.

De longues années s'écoulèrent avant que D'Entrecas-

I. Bennet '■! vanWijk. Verhandeling over de Nederlandsehe ontdekkingen. Utrecht, 1827, 1 vol. i i i-s cl I atlas. Voir 1m carte intitulée : Kaart van Xia/ir Uolland, Nieuw Guinea, en omleggende Eilanden.

teaux n'eût des continuateurs dignes de lui. car les guerres de la Révolution et de l'Empire ne furent [tas favorables aux expéditions maritimes de découvertes.

Il a fallu l'expansion rapide des colonies australiennes, pour rappeler l'attention des esprits vers la région orientale de la Nouvelle-Guinée. Un long espace de temps s'écoula, avant qu'elle ne fût explorée avec détail.

Ce n'est qu'en 1873-74, que Moresby lit ses belles découvertes à la pointe Sud-Est. On peut dire « découvertes » caries cartes de Torres étaient encore inconnues. Mais avec ces explorations commencent aussi les malheurs des primitifs de la Papouasie, qui, toujours trompés par les Européens, finissent par se révolter, et massacrent quelques équipages. Alors les navires de guerre brûleni des villages et assassinent quelques pauvres sauvages, pour les punir de leur « perfidie »; mais pour le philosophe, le moins sauvage n'est pas toujours le plus civilisé.

Voyage de Moresby '

mai 187 i

Après avoir découvert le cap Sud-Esi cl exploré la côte Nord-Est. le Basilisk arriva dans la première quinzaine

l. Moresby. Discoveries and surveys in New-Guinea and the Dentrecasteaux Tslands. London, L876, l vol. in s. avec deux cartes et illust rations... pp. 281-286.

<li' mai, «'ii vue «lu cap Longuerue de D'Entrecasteaux.

Morrshv voulant trouver un point où il pourrait faire du bois, Longea la côte en (tassant entre celle-ci et les lies. Il découvrit bientôt une haie où le Basilisk jeta L'ancre par 25 brasses de fond. Tout L'équipage et même les officiers se mirent à abattre Le l>«>is nécessaire pour la machine. Cette provision de hois permit au Basilisk d'aller tout d'une traite jusqu'à Amboine. < m resta trois jours dans cette haie. Le travail d'abatage fut encore rendu plus pénible par la présence d'une quantité innombrable de fourmis «le tontes tailles et de tontes couleurs qui attaquèrent les hommes et les toréèrent plusieurs fois à abandonner les points de la forêi <»n ils travaillaient. Cette haie lut nommée Dealh Aihler Bay, parce que les matelots v avaient trouvé plusieurs couleuvres mortes. On vit quelques huttes abandonnées, mais aucun habitant.

Le 14 mai, le liusilis/c quitta celle haie: en Longeant la cote on vit de uombreux villages et à 35 milles au nord de Deatli Adder Bay, on dépassa une pointe de terre que D'Entrecasteaux avait prise pour nue île. Elle était couverte de villages, dont les habitants descendirent sur le rivage pour voir passer le vapeur; plusieurs vinrent même dans leurs canots au-devant du navire en taisant des signes d'amitié ; mais on n'avait pas le temps de s'arrêter. Cette pointe fut appelée Parsee Point, parce que les indigènes portaient des bonnets coniques, faits en lapa, rappelant ceux des l'arsis de L'Inde. Le lendemain matin 1S mai, Morcsby alla examiner une rivière <|iii apporte nue grande masse d'eau dans le fond du

golfe Huon; mais une barre empêcha les canots d'aller bien loin, el les rives étaient trop marécageuses el boisées pour qu'on pût débarquer et visiter la région environnante pendant le si court espace de temps dont on pouvait disposer. Cette rivière fut appelée rivière Markham, du nom du secrétaire de la Société de géographie de Londres. A une demi-encablure de la baie on trouva 26 brasses de profondeur et à une encablure on ne trouva pas le fond avec une ligne de 60 brasses. Moivsbv suivit ensuite la côte Nord du golfe Huon : les montagnes de cette légion atteignent une hauteur de 900 pieds; cette chaîne reçut le nom (h\ général Rawlinson, alors président de la Société de géographie.

Les vallées de cette régioE sont boisées et arrosées par plusieurs cours d'eau; elles sont habitées; de nombreux canots vinrent au-devant du Basilisk, pour échangerdes écailles de tortues, des yams et des noix de cocos. Les indigènes avaient aussi des chiens avec eux, mais ils ne furent point sacrifiés. Les indigènes, au dire de Moresby, sont plus noirs et se rapprochent plus du type nègre que ceux du Sud de L'île.

Ils paraissaient avoir déjà vu des hommes blancs, car ils n'hésitèrenl pas à venir à bord.

Le 16 mai le Basilisk doubla le cap Crétin. A partir de ce moment on fut en vue des haules montagnes de la Nouvelle-Bretagne.

Le Basilisk fut poursuivi par de nombreux canots chargés d'indigènes qui auraient voulu que l'on s arrêtai pour faire des échanges, mais on n'avait pas le temps. Entre le cap Crétin et le cap King William de Dampier,

la côte a un caractère différent ; le long- du rivage, s'étend une étroite bande de bonne terre où l'on voit quelques 1ml les; en arrière de cette zone, le sol s'élève en plateaux rocheux, s'étageant les uns sur les antres avec une régularité parfaite.

Plus avant dans l'intérieur on aperçoit les montagnes du Finisterre. Comme le temps était clair, Moresby put mesurer la hauteur dc^ deux pies les plus élevés de cette chaîne. Le premier haut de 11400 pieds reçut le nom de Gladstone, et le second. 11 000 pieds, celui de Disraeli.

Pendant le temps <|iii s'est écoulé entre le voyage du capitaine Moresby et l'année 1884, aucun explorateur ne pénétra dans le golfe linon. Mais à cette dernière date, l'Allemagne, qui avait déjà depuis plusieurs années des établissements commerciaux dans l'archipel de la Nouvelle-Bretagne, prit possession des cotes Nord et Nord-Esi de la Nouvelle-Guinée. Une phase nouvelle commence pour l'exploration détaillée de ces cotes alors incomplètement connues. La compagnie allemande, créée au débul de 1885, a poursuivi, depuis cette époque, l'exploration des côtes et de l'intérieur avec la plus giande énergie etle plus grand esprit de suite. C'est ainsi que le docteur Finscli fut amené à faire le voyage dont nous allons parler.

Voyage du docteur Finsch sur le « Samoa » '

Le 13 novembre 18N4, le docteur Finsch quitta Mioko à bord du Samoa; après avoir exploré la côte Nord-Est qui s'étend au Sud du golfe Huon, le docteur se dirigea vers ce golfe pendant les journées du 19 au 20 décembre, pour y chercher un port ou un bon mouillage, mais il ne trouva que de grandes profondeurs. On aperçut quelques faibles plantations près de la pointe Parsee, ainsi que quelques petits villages. Des indigènes vinrent audevant du Samoa pour faire des échanges. D'après Mforesby, ainsi qu'on l'a vu un peu plus haut, on aurait dû trouver des villages dans le fond du golfe; mais on ne vit que trois à quatre huttes et, une seule fois, on aperçut des indigènes. Le cap Crétin fut atteint le 20 au soir. Le lendemain une pluie violente empêcha de rechercher le port qu'il aurait été très utile de trouver dans cette région.

Le 23 novembre, le docteur Finsch, en explorant le golfe situé au Nord-Ouest du cap Crétin, découvrit enfin le port tant désiré; il se compose de deux bassins situés l'un derrière l'autre. Le plus avant dans l'intérieur offre toujours un abri pour les navires de faible tirant d'eau. l'autre est accessible aux gros navires, niais il n'est pas à l'abri de tous les vents.

1. D'après le rapport 'lu Dr Finsch, Nachrichten ùber Kaiser Wilhelms-Land mtd den Bismarck-Archipel. 1 s s . ; , pp. \\\-l-l.

Cet endroit fut appelé Deutschland Hafen; les navires de guerre qui le visitèrent plus tard, lui donnèrent le nom du docteur.

Le -2't novembre, le navire de guerre allemand Hyâne y 'entrait, dirigé par Finsch.Le27, son commandant hissait le pavillon impérial en signe de prise de possession.

Pendanl ce voyage, le Samoa s'était tenu trop loin t\t'> rives du golfe Buon, pour qu'on pût y reconnaître drs ports; aussi, von Schleinitz fut-il obligé d'y faire un nouveau voyage, pour l'explorer plus soigneusement.

Voyage de von Schleinitz sur le « Samoa » '

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