‹ ŒuvresChapitre 12 sur 88 · AMI.I>\\ I.T /-KM. A · texte numérisé non relu

AMI.I>\\ I.T /-KM. A

Jamais je n'entends vanter ion esprit; aussi lofe. esprit D'à i-il rien de saillant. [I est vrai < i < m* son jugement esl parfait, qu'il ne manque point d'une certaine instruction; mais qu'est ee que l'instruction et le jugement sans Fespril ? C'est un jardin sans roses. Enfin, ma bonne, je \»>i> avec douleur que mou mari ne jouera jamais un rôle brilliini «luis le monde. — Ma fille, vous avez bien raison de vous plaindre, dit la vieille \ oilà un mari détestable, et je no conçois pas comment vos parents ont pu vous sacrifier ainsi. Les parents sont bien durs dans le siècle ou nous vivons, lue jeune personne douée, comme vous, de tous les agréments, devrait être l'épouse d'un homme supérieur, d'un très-bel homme , d'un homme de beau* coup d'esprit , qui fera t des vers charmants à votre louange, ou d'un homme enfin qui , par son rang et ses richesses, vous environnerait des rayons de sa gloire et de sa grandeur. Je veux réparer l'injustice de vos parents. Vous désirez un autre mari, un mari de votre choix? — Vous l'avez dit. — Eh bien î ma fille, je n'ai qu'à dire un seul mot, et dans l'instant vous allez apprendre la mort d'Amédan. — O ciel! plutôt mourir moi-même! Non, non, je n'achèterai point le bonheur à ce prix. Amédan mérite toute mon amitié , toute mon estime, toute ma reconnaissance ; qu'il vive et que je sois à jamais malheureuse ! — Non , dit la vieille , il vivra et vous serez heureuse. Tl faut, ma fille, que vous restiez avec moi pendant quinze j iurs seulement. Vous allez voir que ma maison est aussi belle et aussi bien meublée pour le moins que la vôtre. Tous les jours, le matin et le soir, nous irons nous promener sur la place publique, nous parcourrons les bazars, nous entrerons dans les lieux où les jeunes gens se rassemblent. Vous serez invisible pour tous, mais vous pourrez les voir, les entendre, les apprécier et choisir. Lorsque l'un d'eux aura touché votre cœur, vous regarderez ce petit miroir que je vous donne , et vous y venez l'objet de votre préférence , tel qu'il sera pour

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vous après deux ans de mariage. Si cette épreuve ne vous détourne pas de l'épouser, vos vœux seront satisfaits; il vous verra, vous aimera et demandera votre main. »

A ces mots la vieille, ouvrant une porte secrète, conduit Zéila dans de magnifiques appartements, lui fait voir de vastes jardins dont les arbres et la clôture cachaient aux regards du public cette superbe habitation; et Zéila ne doute plus de la puissance et de la sincérité de la magicienne, en voyant l'opulence dont, elle jouit.

Le lendemain, très-empressée de faire l'expérience du miroir, elle sort de bonne heure avec la vieille. Il y avait à peine un quart d'heure qu'elles se promenaient sur la place de l'Atméidan , lorsqu'elles virent passer devant elles un jeune homme d'une taille superbe, haute, svelte, élancée. Ce jeune homme se tourne de leur côté, et leur montre la plus belle figure du monde, un teint de lis et de roses, une belle moustache noire comme du jais, des dents blanches comme de l'ivoire. Son costume relève encore ses agréments extérieurs; car il est habillé avec une recherche et une élégance extraordinaires. Zéila le compare au bon Amédan, qui n'est ni bien ni mal; elle sent palpiter son cœur. « Oh ! mon Dieu ! le bel homme ! dit-elle à la vieille. Yoilà comme je voudrais un mai i — Eh bien! répond la vieille, consultez votre miroir. » Zéila prend aussitôt le miroir, l'ouvre et voit ce beau jeune homme tel qu'elle l'aurait vu après deux ans de mariage : « Oh, ma bonne! s'écria t-elle avec étonnement , voyez donc, il a des oreilles d'âne ! des oreilles d'âne! quel dommage ! un si bel homme! comment n'ai je pas vu cela tout de suite?— Ma fille, c'est qu'après deux ans de mariage on voit les choses telles qu'elles sont. Les oreilles d'un mari ne poussent pas, mais après deux ans de mariage, s'il les a longues, elles se montrent. »

A chaque bel homme qu'elle voit passer, Zéila consulte le miroir magique. Elle est étonnée de la quantité d'oreilles d'âne qu'elle rencontre. « C'est bien malheu-

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in i \ di elle, (|u • Luit de beaux homme* portcnl ce triste et singulier attribut. Est- ce qu'on ne peut ôlrc beau et avoir de l'espril ? — Je ne dia pas cela , ma fllîe : maix les beaux hommes sont rares, l<-- gens d'esprit très-rares; il n'est (lune pas étonnant que la réunion de l'espril et de la beauté soit d'une extrême rareté. ■

La pauvre '/nia était presque dégoûtée des beaux hommes , lorsqu'elle en aperçut un beaucoup plus beau que tous les autres. Elle laisse échapper un cri d'admiration, et consulte bien vite le miroir fidèle. Quel est sou étonnement et sa joie ! ce bel homme n'a point d'oreilles d'àne comme les autres. Elle le voit assis nonchalamment sur un soplia : il est en contemplation devant un autre jeune homme qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau; il le regarde avec amour, avec orgueil. Dans ce moment une jeune femme charmante, et dont les traits sont ceux de Zéila, s'approche de lui; elle a l'air de lui parler avec tendresse, et cherche à fixer son attention par le manège aimable d'une innocente coquetterie. Mais l'ingrat est insensible à tant de charmes ; à peine daignet-il la regarder, tant il est occupé de son idole, qui semble absorber toutes ses alfections. « Voilà un homme bien maussade et bien impertinent, dit Zéila impatientée; il n'a point d'oreilles d'àne, mais il n'en est pas plus aimable. — Non, dit la vieille, j'aime autant la bêtise que la fatuité. Ce beau jeune homme qu'il regarde avec tant de complaisance, c'est son image, c'est lui-même. Il s'aime, il s'admire, il s'adore, et le re?te n'est tien pour lui. »

Le lendemain, Zéila, revenue de l'idée d'épouser un bel homme, continue ses promenades avec la vieille. Elles entrent dam un de ces lieux publics magnifiquement décorés, où les hommes les plus distingués delà ville se rassemblent pour prendre des glaces et le sorbet. Un groupe est réuni autour d'un homme qui parle à haute voix avec emphase, et gesticule avec beaucoup de

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vivacité : de nombreux applaudissements interrompent souvent rotateur. Zeila l'écoute avec un vif intérêt, en ▼oyant l'effet qu'il pro luit sur ce nombreux auditoire. Elle entend répéter de tous les coins du salon : Que cela est beau ! qu'il a d'esprit ! c'est un génie ! « Voilà, dit-elle à la vieille, voilà le mari qu'il nie faut. C'est un homme d'un esprit brillant , d'un esprit supérieur. Voyez comme on l'admire ! quel bonheur que celui d'être la femme d'un tel mari! » Cependant elle jette les yens sur la glace merveilleuse, et voit cet homme extraordinaire en contemplation devant une espèce de petit monstre qui n'a ni queue, ni tête. Il l'admire avec une soi te d'enivrement; il le caresse de l'œil et ne peut s'en de acher. Une jeune femme , image encore de Zéila, cherche à le distraire de cet objet bizarre , mais il la repolisse avec humeur, et revient toujours à son petit monstre. « Oh ! quelle singularité! s'écria Zéila , voyez donc , ma bonne, de quel objet ridicule cet homme d'esprit est amoureux ! — Ma chère fille, cet homme d'esprit est un poète; ce petit monstre, qui n'a ni queue ni tête, est un poème de sa composition. Il en a déjà fait une demi-douzaine de semblables; il en fera peut-être encore une vingtaine; mais le dernier est toujours celui qu'il trouve le pins beau et qu'il aime le mieux. 11 le préfère à tout, et si quelqu'un s'avisait de lui dire que ce petit monstre-là n'a ni queue ni tête, il se mettrait dans une fureur dont vous n'avez pas d'idée .. » £eila ne put s'empêcher de rire aux éclats. <• Quel singulier aveuglement! dit-elle; quoi! ne peut-on trouver des gens d'esprit qui ne soient pas poètes? — On peut en trouvei' , dit la vieille, il y a des gens d'esprit qui ne sont pas poètes, comme il y a des poètes qui n'ont point d'esprit. — Eh bien ! je veux épouser un homme d'esprit qui ne fasse point de vers. — Cela est cependant a>sez rare , ma fille; dans le siècle où nous vivons, tout le monde s'en mêle. Mais cherchons bien, peut-être finirons-nous par trouver ce que vous desirez. »

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EHes oherchenl en effel pendant quelque! jouis, et

finissent par rencontrer un homme d'un espril trèe-bril-

l.iiii , ci qui ne i iii point de poème*. Zéita est d'abord dans reucliantèmenl ; cet homme fait l'admiration de tous les cercles «I [spahan ; il est accueilli partout, et toutes les sociétés se le disputent. Il sait [(rendre tous les Ions, parle hardiment sur tous les sujets; il parait tantôt léger, tantôt profond, et sa Conversation étincelle de traits

qui éblouissent. Zéila sent le désir d'avoir un tel homme pour époux ; mais auparavant elle veut lui faire subir l'épreuve du miroir. Quel est. son étonnement ! elle voit cet homme entoure d'une suite nombreuse de petites personnes fort laides, fort maussades, excessivement guindées et grimacières, qui toutes paraissent ne pas avoir le sens cominiin Les unes ie battent, l'égratignent , le mordent, tandis que les autres le flattent et le earessent. Chacune s'empare de lui tour à tour, et il se laisse conduire où bon leur semble, sans opposer la moindre résistance. 11 les écoute comme des oracles, fait exactement tout ce qu'elles lui conseillent ; enfin elles exercent sur lui un empire absolu. A b ! bon Dieu ! dit Zeila, comme ces vilaines petites créatures traitent ce pauvre homme d'esprit ! Comment peutil se laisser ainsi mener par des femmes aussi désagréables et aussi sottes ? — Ma fille, répond la vieille, ces petites personnes, si impérieuses et si acariâtre*, se nomment prétentions. Elles le suivent partout; il n'essaie pas même de s'en défaire. Il trouve qu'elles ont toujours raison, et il met tout son bonheur à suivre leurs moindres caprices. Il n'y a i ieu qu'il ne fasse pour leur obéir. Elles le brouillent avec si s meilleurs amis ; elles lui font dans lo monde une multitude d'ennemis par leur exigence et leur susceptibilité, et le rendent très-ridicule, aux yeux des gens (pu le connaissent. — Je ne veux point d'un tel mari, s'écrie Zeila ; je ne veux point être l'esclave d'une douzaine de femmes dont le caractère ne me semble pas très-sociable. Si j'avais le malheur d'en contrarier une seule,

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Fans le vouloir, mon mari me sacrifierait à celle que j'aurais innocemment offensée. Mais quoi ! n'existe- 1- H pis mi homme d'unesprit très-brillant, et qui ne soit pas soumis aux. caprices de ses prétentions ? »> Nouvelles recherches; mais hélas ! elles sont infructueuses. Sans doute, il existe clans Ispahan des hommes qui joignent à beaucoup d'esprit beaucoup de modestie, mais Zéila n'a pas le bonheur d'en rencontrer un seul , ce qui la dégoûte un peu du désir d'épouser ce qu'on appelle dans le monde un homme de beaucoup d'esprit.

Cependant elle veut à toute force un mari qui satisfasse son amour-propre , un mari qui , jouant un grand rôle dans le monde , fasse rejaillir sur elle une partie de sa gloire. Elle voit un jour un courtisan , jeune encore , descendre les degrés qui conduisent au palais du grandroi. Le courtisan est escorté d'une foule nombreuse ; son costume est magnifique ; les personnes qui l'entourent lui parlent avec respect , avec l'humilité la plus profonde. Son regard est doux et caressant , et le sourire du bonheur brille sur ses lèvres. Zéila est bien tentée d'épouser ce grand seigneur. Quel rôle doit jouer la femme d'un tel homme ! Quel éclat ! Quelle pompe ! Sa tête est à demi tournée lorsqu'elle regarde son miroir. Soudain le spectacle change ; le courtisan ne sourit plus ; son front est plissé; il promène autour de lui des regards inquiets et soupçonneux , et cet homme qui , tout à l'heure , semblait si gai , lui paraît maintenant le plus triste et le plus malheureux des hommes. Zéila voit auprès de lui un gros serpent dont la gueule est toujours béante. Le courtisan n'est occupé que de ce serpent , et tente vainement de le rassasier. Plus le serpent engloutit, et plus il a faim. Quelques amis du courtisan arrivent; il les reçoit de la manière la plus gracieuse et la plus amicale; il leur fait les offres de service les plus désintéressées en apparence , et tout à coup , au moment où ils s'y attendent le moins, il les précipite dans la gueule de son serpent qui les dé-

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vore. Le monstre tourne alors »es reux enflammés du

côté <lc Zéila , il sembla demander encore cette nouvelle victime. Le courtisan n'hésite pas an instant , il va sacri lier s;i femme comme il a sacrifié ses amis , lorsque Zéila pousse mi cri d'horreur el cesse de regarder !<• fidèle miroir qui lui représente cet affreux spectacle. «Grand Dieu !. dit-elle ; est-il possible qu'il y ait des nommes assez dépravés pour sacrifier ainsi tous les liens de l'amour et de l'amitié à la voracité d'un serpent? — Hélas ! oui , nia chère fille , répond la vieille. Ce serpent a toujours faim, et malheur à ceux qui tentent de le rassasier! il finit tôt ou tard par les dévorer eux-mêmes. — Quoi ! tous les courtisans ont-ils un serpent aussi gourmand que celui-là ? — Hélas! oui, ma fille. — Je me garderai donc bien d'épouser un courtisan. Cependant je vous avoue , ma bonne , que j'ai le plus grand désir d'être une dame de la cour. »

Comme elle achevait ce discours, elle aperçoit le grandvisir qui, environné d'une foule immense, traversait la rue de Seéarbach. Il montait un coursier superbe, tout couvert d'or et de pierres précieuses. Les esclaves, les officiers de sa suite étaient magnifiquement vêtus , et cette escorte brillante déployait aux yeux de Zéila toute la pompe asiatique. Elle en est d'autant plus éblouie , que le grand-visir joignait à cet éclat emprunté tous les agréments de la nature. «(Ne pourrais-je pas épouser le grandvisir ? dit soudain la jeune ambitieuse. — Vous le pouvez sans doute , si vous le désirez, répondit la vieille. Regardez votre miroir, et faites-moi part ensuite de votre volonté. » Zéila interroge la glace prophétique qui doit lui montrer son mari tel qu'il sera dans deux années, et elle voit le grand-visir... étranglé. «Ah ! grand Dieu! dit-elle; quel spectacle affreux! Non, non , je ne veux point épouser un visir. »

L'impression de ce dernier tableau fut si forte que la pauvre Zéila pria la vieille de la ramener aussitôt à la

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maison. Restée seule dans son appartement , elle se livra aux inflexions que tant d'e sais infructueux avaient naturellement fait naître dans son esprit. « Hélas ! dit-elle , qu'ai-je fait ? Pourquoi ai-jc quitté la maison de mon mari ? Pauvre Amédan ! quelle aura été sa douleur, lorsqu'à son retour il aura vainement cherché sa chère Zéila ! S'il en était temps encore !.... Oui, je reconnais à présent tout ce que vaut le mari que j'ai perdu par mon imprudence et par mon orgueil. L'expérience m'a guérie du désir d'un bonheur brillant, et me ramène aux regrets du bonheur solide dont j'aurais pu jouir toute ma vie sans ma ridicule vanité. Cher Amédan, si je pouvais revenir auprès de toi , je tomberais à tes pieds, tu me pardonnerais un instant d'égarement. Oui, tu me pardonnerais, car je connais la bonté de ton cœur.— Oui, ma chère Zéila, je te pardonne, s'écrie tout à coup Amédan. » Zéila se retourne et voit en effet Amédan lui-même qui la serre dans ses bras. Elle ne peut revenir de sa surprise. « Tu me croyais encore à Téflis , lui dit son époux; mais je n'ai pas même poussé mon voyage jusqu'à cette ville. L'esclave qui t'avait suivie jusqu'ici me fut bientôt dépêché par la bonne vieille. Je revins sur mes pa , je vins loger dans cette même maison , et tous les soirs j'étais informé des épreuves de la journée. — Oui , dit la vieille, qui se montra dans ce moment ; je savais , Zeila , que votre coeur était bon . que votre esprit seul était attaqué d'une ridicule manie. J'étais sûre de le guérir, parce qu'il est naturellement juste; mais je ne l'aurais pas entrepris, si vous eussiez ressemblé à tous ceux qui venaient autrefois me consulter, et qui n'apportaient que des vœux criminels ou une curiosité fatale Je n'ai pas besoin du secours des hommes; et ils n'ont pas reconnu le prix des miens. »

La vieille en aurait peut-être dit davantage, si elle n'eût été interrompue par Amédan et Zeila, qui ne trouvaient pas d'expressions assez fortes pour lui témoigner leur

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reconnaissance. La conversion deZéila fut durable; elle n'eut plus la fantaisie d'être la remine d'un homme brillant. Elle sentit qu'Amédan possédai! les teules qualités nui puissent assurer la relicité d'une remme . la bonté, la délicatesse de l'àme , une aimable et douce Indulgence, une confiance Fondée sut l'estime qu'un cœur tendre et noble garde toujours pour l'objet de ses affeo lions, et ce qu'on appelle le sens commun . trésor bien plu- précieux, et qui devient tous les jours bien plus rare (pu- l'esprit. Enfin , Zéila chérit d'autant plus les simples el modestes qualités d'Amédan , qu'elle avait appris par expérience qu'une Femme achète presque toujours un mari brillant plus cher qu'il ne vaut. C'est aux maris à nous apprendre à leur lour s'il n'en est pas ainsi des femmes brillante-

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