‹ ŒuvresChapitre 50 sur 88 · LE SECOURS INATTENDU · texte numérisé non relu

LE SECOURS INATTENDU

Le soleil commençait à se cacher derrière le sommet des moniagnes, et semblait jeter un dernier regard sur la terre; ses rayons brillaient encore dans l'immensité des cieux, et versaient des torrents de pourpre sur les nuages légers qui s'amoncelaient autour de lui, comme pour dérober son déclin aux yeux de la nature. Les oiseaux voltigeaient de branche en branche, et faisaient retenlir de leurs chants précurseurs de la nuii le petit bocage de myites et de citronniers, asile de leurs jeux, de leur innocence et de leurs amours ....

Bardouc était le seul être qui, dans ce canton délicieux de la Perse , vit avec inquiétude approcher les ténèbres.

uiu'iiiu; vu. 411

M était loeable* « I « - lassitude; il mil mrtoof grand besoin d'un bon lit , «'i murmurai i contre u triste destinée; il commençait même à l'impatienter contre -on vieux compagnon . qui ne trouvait dans -a cervelle que des raisonnements creux et non les moyen-, de le tirer de celte lâcheuse position. Il se livrait a «-on désespoir, lorsqu'un bruit léger se fait entendre auprès de lui ; il se lève en tremblant, et voit , à travers le feuillage, une petite vieille qui vient remplir un vase à la fontaine Si cette petite vieille n'est pas jolie , il est facile de voir qu'elle I a eé. Ses traits ont conservé un air de douceur et de bonté dont le pauvre pâtre e-t charmé d'abord. Elle le regarde pendant quelque temps avec intérêt, et lui dit: « Que fais-tu là, jeune infortuné? Où comptes -tu passer la nuit? <> Bardouc lui raconte son aventure , lui parle des coups qu'il a reçus, et qu'il avoue ingénument avoir bien mérités ; puis il finit par implorer sa pltie « C'est un sentiment que je ne refuse jamais au malheur, dit li vieille ; puisque tu souffres, tu as des droits à mes bienfaits. Prends d'abord cette petite fiole; la liqueur qu'elle contient te guérira de tes blessures et te donnera des forces nouvelles. » Bardouc obéit. Il boit la liqueur contenue dans la fiole, et tout à coup il se sent renaître; jamais il ne s'est trouvé plus leste et plus vigoureux. Il tombe aux pieds de cette femme secourable, qui , dans ce moment, lui parait une divinité. « Mon jeune ami, lui dit-elle, je ne veux pas t'abandonner «à ton malheureux sort et à tous les dangers de ton inexpérience. Viens habiter ma chaumière ; tu y resteras jusqu'à ce qu'il te plaise d'en sortir. Je suis vieille, mais je ne suis point exigeante ; je te regarderai comme mon fils; je te procurerai toutes les jouissances qui peuvent satisfaire des goûts simples et une âme pure. »

Bardouc regarde son compagnon , qui lui fait signe d'accepter sur-le-champ une proposition aussi avantageuse. Le pâtre va suivre ce conseil , lorsqu'il est inter-

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