CHAPITRE \i
et la surprendre; mai- ferrons comment elle supporte votre abaeuce. » Bardouc consulta la petite gazelle, et, chose merveilleuse, allé se trouve de l*avia du vieux bouc. «Il a raison, dit-elle, avec une extrême vivacité, Il serait possible que, pendant ton absence, un antre amant... —
Tarions partons, a s'écrie BardoUC.
Il se remet en chemin . et, après une absence de huit jours, il toudic presqu'à la demeure de Zélida. Comme
son cœur palpite d'espérance et d'amour lorsqu'il aperçoit ce vieil oranger dont le feuillage p otégea long temps son sommeil ! Plus il avance, plus il se reproche l'injustice de ses soupçons, et gronde son vieux bouc d'avoir fait naître dans son cœur une défiance qu'il regarde comme un crime. Il entre déjà dans le joli jardin qui lui doit sa fertilité. Ses inquiétudes sont dissipées, la nuit est calme et pure ; l'air est frais et parfumé ; les étoiles brillent à la voûte du ciel, et répandent une douce clarté sur le monde. Toute la nature semble sourire à l'amoureux Bardouc , lui présager >on bonheur et s'embellir de ses illusions.
Il arrive devant la chaumière, qu'un groupe d'arbres fruitiers dérobe en<ore à sa vue. Quel cstsonétonnemcnt! il aperçoit une brillante illumination, il entend des cris de joie qui se mêlent au son champêtre de plusieurs instruments. Tout lui annonce que Zelida donne ce soir une fête. Il voit une table chargée de mets et couronnée de fleurs, sous un berceau de myrtes qu'il avait tressé luimême; il n'ose en croire ses yeux. Zélida aurait-elle prévu son retour? Voudrait-elle lui causer une agréable surprise? Le vieux bouc assure bien positivement que cela n'est pas possible; la petite gazelle affirme, au contraire, que rien n'est plus vraisemblable; la fée , protectrice de Zélida, l'aura sans doute avertie du retour de Bardouc : une fée sait prédire des événements plus extraordinaires. Le pâtre est pleinement de l'avis de sa petite gazelle. Le cœur rempli d'une émotion très-vive, il s'avance vers la chaumière, et voit un jeune homme dont
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les traits lui sont inconnus , et qui s'est un peu relire à
l'écart pour veiller au festin préparé sous le berceau.
Bardouc le salue, et lui demandé en souriant pourquoi
tous ces préparatifs, et dans quelle intention celte fête est
donnée.
«Quoi ! répond le jeune homme; vous ne savez pas que la belle Zélida va se marier? Vous venez donc de l'autre monde! Entrez sous ce berceau , je vais vous apprendre toutes les particularités de ce mariage; elles vous surprendront, j'en suis sûr. » Bardouc suit le jeune homme et jouit d'avance du plaisir d'entendre raconter sa propre histoire.