‹ ŒuvresChapitre 57 sur 88 · CHAPITRE vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE vil

diteurs. D'une vois unanime on célébra l'esprit et la finesse de Zélida; on admira le stratagème adroit qu'elle avail imaginé pour épouser son amant. Les heureux ont toujours raison; l'esprit absout celui qui en abuse. Qui trompe habilement n'e t plus un trompeur. Le plus grand de ions les torts c'est d'être dupe ; et le ridicule noua punit d'avoir compté sur la franchise. Quand Bai doue voit que les rieurs ne sont pas de son côté, il entre dans une fureur qui ressemble à la frénésie ; il s'élance sur tout ce qu'il trouve sous sa main , renverse les flambeaux, les meubles, les instruments, et s'enfuit comme un forcené , trop heureux eucore que les assistants ne lui fassent pas payer bien cher une sortie aussi déplacée qu'inattendue. Mais on le regarde comme un fou , et on le laisse partir.

Que deviendra-f-il ? où ira-t-il ? que fera-t-il ? Il n'en sait rien, et n'y pense pas. Son vieux bouc est nuet ; la petite gazelle parle sans sa\oir ce qu'elle dit. Elle présente aux yeux de Bardouc toute l'horreur de sa situation; elle lui montre \\i\ avenir sans espérance; elle lui dit qu'il abhorre Zélida , qu'il aime Zélida , qu'il doit fuir pour jamais Zélida , qu'il ne peut vivre sans Zelida. Enfin , elle lui conseille , pour mettre un terme à tant dechagrins et d'incertitudes , de se donner la mort, qu'elle lui fait envisager comme la fin de toutes les peines

Bardouc va céder à cet avis; déjà même il se penche sur un précipice d'une effrayante profondeur, il est prêt à s'y jeter la tête la prem ère , loisque le vieux bouc , qui voit le danger, lui représente avec, tant d'éloquence la folie qu'il va faire et le crime qu'il va commettre, que Bardoue se trouve comme enchaîné sur le bord de l'abîme; et , sans tenir à la vie, il consent à ne pas mourir.

oh,

426 BAUDOUC.

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