LES II NETTES MAGIQ01 S. M
et brave Rustan, qui depuis longtemps connaissait les projets de Néissour cl prévoyait sa révolte, entre victorieux dans !<• sérail, à la tête des fidèles guerriers qu'il avait rassemblée pour la défense de son maître. A son aspect, le petit nombre de soldats qui combattaient <-ncore dans l'intérieur, se disperse, et le sultan eel délivré de tous ses ennemis. Tout rentre dans le calme, et Fatmé paye de sa tête sa lâche trahison.
Qui peindrait l'étonnement el la reconnaissance d"Achmet?Ce visir qu'il vient de condamner, est celui < ni le sauve; il lui doit le trône et la vie. « O sage Rustan, lui dit il , pourrai-jc assez reconnaître un aussi grand bienfait? .Malheureux que j'étais! je repoussais tes conseils ! je me livrais,! mes plus cruels ennemis , et je délestais dans le fond de Pâme le seul homme qui m'était sincèrement ai taché. O Rustan , Rustan , dis-moi toujours là vérité ! »
Quelques jours s'étaient écoulés depuis cette révolution. Le bon Achmet se promenait un soir avec le visir qui avait pris enfin sur son maître l'ascendant de la sagesse et de la vertu. Le sultan lui demar.de ce qu'est devenu le savant Ezraïm. « Il est mort, seigneur, lui répond Ritetan. — Il est mort ! dit Achmet , combien je le regrette î Hélas! je possédais le trésor le plus précieux, et je n'ai pas su l'apprécier; et, dans mon extravagance, je l'ai brisé de mes propres mains. Quelle perle ! et comment la reparer? — Magnifique seigneur, lui pépond le visir, pourquoi vous livrer à des regrets superflus? L'expérience a dû vous apprendre que vous avez brisé un instrument au moins inutile. Les meilleures lunettes ne servent à rien pour celui qui ne voit que par ses passions, et celui qui ne voit qu'avec les yeux de la raison n'a pas besoin de lunettes. »
GO LE CARAVANSERAIL.