CONCLUSION DES SECONDES AMOURS
Tout à coup il se trouve au milieu d'un vaste désert. Au lieu des riches vêtements dont il était couvert, il se voit dans le costume qu'il portait lorsqu'il s'éloigna du royaume de Simpiicie. Les jardins , le palais et Nadine elle-même ont disparu. Il reste immobile d'étonnement et de honte, regardant d'un œil triste sa petite gazelle qui n'ose dire un seul mot et parait fort honteuse. Le vieux bouc, qui vient de se réveiller, accourt aussitôt, et voyant cette subite métamorphose, il leur demande avec inquiétude ce qu'ils ont fait, c En vérité je n'en sais presque rien, dit Bardouc , et ne puis concevoir comment tout cela est arrivé. » Dans l'instant un grand coup de tonnerre se fait entendre Les trois voyageurs lèvent les yeux vers le ciel, et voient très-distinctement le beau palais d'Olinde, suspendu dans les airs , et flottant sur un nuage dont les bords sont nuancés des plus riches couleurs. Une femme dune taille imposante se montre sur le nuage, tenant Olinde par la main ;.elle dit : « Je suis une fée protectrice d"01inde ; j'allais assurer ton bonheur ; il ne tenait qu'à
l 1 1 A il il; i \\. Wl
toi de ponéder toul ce que peut ambitionner on homme raisonnable et sensible , une belle rortnne el une Bemme parfaite. Mais avant de •<■ rendre maître de tant «le biens, j'ai voulu mettre ta constance i l'épreuve. Olinde te quitte pour un mois; tu la trompes au bout de huit jours! m l'oublies , elle qui réunit tontes les perfections; tu Pou- Mies pour une petite villageoise sans ligure, «ans esprit «-t sans grâces! \<lieu, je vais parcourir la terre jusqu'à ce que j'aie trouvé un homme digne d'une femme accomplie. — Heureusement , lui dit le vieux bouc, vous v«r à votre aise, car votre voyage sera long. » A peine ces mots étaient-ils achevés qu'Olinde et le palais avaient disparu.