CHAPITRE \\\lll
Cil \ PITRE \ \ VIII.
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Bardouc étail tnfin parvenu ia point. de n'avoir plus ncii a désirer. Entouré de Batteurs qui De cessaient tfaduler sa petite gazelle, il possédail d'immenses richesses, le plus beau sérail du monde , et pouvait se dire plue roi que le roi même. Quelque vive et brillante que fût son imagination , elle ne pouvait plus rien inventer pour aiguillonner ses désirs et pour L'arracher à eette espèce de sommeil léthargique dans lequel nous plonge la satiété de L'âme et des sens.
Ce n'était pas sans beaucoup de fatigues et d'inquiétudes qu'il était parvenu à se procurer L'ennui de n'avoir plus rien à l'aire ni à désirer; mais tel est le cœur de l'homme : il se tourmente, il s'agite pour le repos; c'est le dieu auquel il sacrifie les plus belles années de son existence; et lorsqu'enfin il est arrivé à ce terme de tous ses désirs, de toutes ses espérances, de ses craintes et de ses peines, au milieu de ce calme qui lui coûte si cher, il regrette les orages qui mettaient en activité tous les ressorts de son âme et de sa pensée. D'ailleurs la petitp gazelle a une antipathie bien prononcée pour le repos, tout en ayant l'air de le souhaiter. Source de toutes les grâces, elle a fait sans doute à son maître beaucoup d'amis, c'est-à-dire de partisans intéressés; mais combien ne luia-t-elle pas attiré d'ennemis par son imprudence, son indiscrétion et son orgueil ! Toujours inquiète, toujours en haleine, elle n'est occupée qu'à réparer les fautes qu'elle a fait commettre ! Mais, depuis quelque temp^, elle devenait plus lente, si elle ne devenait pas plus tranquille. Ses yeux perdaient tous les jours de leur vivacité ; sa langue s'exprimait awe moins de facilité et de grâce ; en un mot, elle commençait à vieillir. Le grand-visir n'était cependant pas encore ce qu'on appelle