‹ ŒuvresChapitre 176 sur 229 · ACHMET, PIERROT · texte numérisé non relu

ACHMET, PIERROT

PIERROT

Air : La bonne aventure , o gué! n.° Sy. Tirez de ma belle humeur

Un heureux augure.

J'allois vous chercher , seigneur....

J'admire votre bonheur....

La bonne aventure ,

O gué!

La bonne aventure !

ACHMET, froidement.

Qu'y a-t-il donc ?

PIERROT

Votre père , sitôt que vous avez été parti, a fait des réflexions sur la beauté de Zélica.

ET ALMANZINE. 4o5

ACHMET, joyeusement.

Hé bien ?

PIERROT

Vous lui avez lanl vanlé les perfeclions de celte esclave , ses yeux fripons , son air gaillard , que tout-d'un-coup il l'a clioisie el arrêtée. AcnMET, transporté.

Que m^apprends-tu , mon ami ?

Je savois bien que cette nouvelle vous feroit grand plaisir.

ACHMET

Air : Renonce à ta folle eni>ie. u."* 458. Ah ! que mon ame est ravie De cet heureux incident.

Mon enfant!

PIERROT

Au saltan , de votre mie On ne fera point présent j Parla vertu, tu, tu, tu, tu, tu de ma vie, Il n'en croquera que d'une dent.

ACHMET

Comment doue , Pierrot ? tu as pénétré mes sentiments secrets !

PIERROT

Hé ! pardi ! cela étoit bien difficile à deviner.

ACHMET

Ne perdons point de temps ; allons de ce pas cliez le marchand acheter celte aimable esclave.

4o4 ÀCHMET

PIERROT

Le bon homme vous a prévenu. Admirez la bonté palernelle , il a arrêté Almanzine el Zélica , Tune pour vous, el l'autre pour le sultan.

ACHMET

Air : Non , non , il n'est point de si Joli nom. n.» 12g. Eh quoi ! mon père lui-même D' Almanzine me fait don ! Pierrot, ma joie estexlrême!

PIERROT

Mais vous vous trompez de nom.

ACHMET

Non, nonj Désabuse-toi, mon garçon :

C'est Almanzine que j'aime.

PIERROT

Kon , non ; C'est Zélica ; c'est le trognon Que vous trouvez plus mignon.

ACHMET, alarmé.

Que dis-tu ?

PIERROT

Oui, votre père vous j^arde Zélica, celle à qui vous avez dt>nné la prelerence j el il vient de condu-ie l'antre au sérail. '

A CH MET , poussant un grand cri.

O dieux !

Air: Bouche-. ., Koïades ., vos jfimtaines. n.° ^8. Celte nouvelle m'ass.issine !

Pour jamais je perds Almanzjne !

ET ALMANZINE. 4o5

PIERROT

Almanzine! vous mV'tonnez.

THTitôt (je n'y puis rien comprendre), Si vous vous en ressouvenez, Vous en avez dit pis que pendre.

Alî ! mon ami, lu connois peu l'amour , et les ruses qu'il emploie pour arriver à ses fins. Si je me suis déclaré en faveur deZélica , c'est que jç voulois engager mon père à la choisir pour le sultan.

PIERROT

Ho ! lio! Voilà donc pourquoi Almanzine vous paroissoit avoir l'air grimaud , et les yeux loupgarou ! Qui diantre eût pensé que vous disiez cela par malice ?

ACHMET

Air : Il est temps que j^ me venge, n." aScx. Qnand je tenois ce langage , Quand j'offensois ses appas, Mon cœur, en secret, hélas!

Exploit bien cet outrage.

PIERROT

Le projet étoit fort bon :

Par ma foi , c'est grand dommage Que notre obstiné barbon Wail pas gobé l'hameçoa.

ACHMET

Je ne la verrai plus! Et, pour comble de tourment, je lui ai donné sujet de croire que je la méprise. Je ne puis la détromper. Elle doit me liaïr. Je suis au désespoir !

4o6 ACHMET

PIERROT

Oh! je ne doute pas qu'Almanzine ne soit enragée contre vous; mais qu'est-ce que cela fait? Allez, consolez-vous, seigneur Achmet.

Air: Voyelles modernes, n.^^oy.

Vous avez pour maîtresse La belle Zélica , a , a , a :

Laissez à sa hautesse Courliser celle là , a , a , a.

Pour en perdre la mémoire', D'un peu d'eau de Toubli , Biribi , Il faut boire, II faut boire.

ACHMET

Non, je ne pourrai jamais oublier Almanzine.

PIERROT

Ha ! ha ! Je vois déjà revenir le grand-vizir. Qu'auroit-il donc? il paroît bien agité.

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