SCÈNE IL ACHMET, ALMANZINE, PIERROT
PIERROT
De la joie ! de la joie ! Il y a une heure que je vous cherche, pour....
Air : Que dieu bénisse la besogne. n.° io5. Mais, quoi! vous a\ez l'air boudeux!
Que diantre avez-vous donc tous deux?
A vous voir l'un et l'autre, il semble Que vous soyez las d'être ensemble.
ALMANZINE, soupirant.
Ouf!
ACHMET
Air : J''ai passé deux jours sans vous voir. n.° 268. Nous sommes perdus , mon enfant!
Pour nous plus d'espérance.
PIERROT
Le grand seigneur a-t-il eu vent De notre manigance ?
ACHMET
Je perds Almanzine ce soir.'
PIERROT
Elle a donc reçu le moucboir ?
ACHMET
C'est ce qui nous désespère.
PIERROT
Air ; Attends donc , Colin , tu me blesses, n."* 480. Eloignez de vous la tristesse :
Dans ces lieux vous ne serez pas long-temps.
444 ACHMET
Ha ! ha ! ha ! je prétends Vous enlever à sa hautesse ,
Ha ! ha ! ha ! je prétends Vous sauver dans quelques instants.
ACHMET
Ah ! Pierrot ! es-tu fou ?
La chose n'est pas possible;
Ah! Pierrot! es-tu fou?
Comment sortir , et par où ?
PIERROT
Non, non , non ; seigneur Achmet , Vous verrez que mon projet Est intaïUible.
ACHMET ET ALMANZINE.
Ah! Pierrot! es-tu fou? Comment sortir , et par où?
PIERROT
Donnez-vous la patience de m'écouter. Après la fête que le sultan a donnée tantôt, je suis demeuré seul au balcon , d'où j'ai aperçu un pêcheur de mon pays et de ma connoissance , nommé Arlequin. Je l'ai appelé.
Air : Pierrot retenant du moulin. n.° 98.
A ma voix il m'a reconnu , (^'*)
Et m'a crié comme un perdu :
Pierrot!
J'ai dit : Pais ! ne dis mot :
]Xe nomme point Pierrot.
Arlequin, ai-je fait tout has, veux-tu faire la fortune ?.... Belle demande ! De quoi s'agit-il ?.... La nuit s'approche, lui ai-je dit. Va vite chercher une échelle de corde, et reviens sous ce balcon.
ET ALM.ANZINE. 445
Jenet^en dis pas davantage. Mais peut-on compier sur ta parole? Voici ce qu'il m'a répondu : Air : Amis , sans regretter Paris. n.° 21.
Me prends-tu donc pour un coquin?
Oui , mon cher, ou je meure, Tu retrouveras Arlequin
Ici dans un quart-d'heure.
AliMANZINE.
O ciel ! puis-je croire ce que j'entends !
Bon ! ce pêcheur fera des réflexions , il ne re- \iendra pas.
ALMANZINE.
Hé ! pourquoi ne voulez-vous pas qu'il l'e vienne?
PIERROT
Vraiment, il est déjà revenu, et m'a tendu ^ avec une longue perche, une échelle de corde, que je viens d'attacher aux. barreaux du balcon.
AliMANZIKE.
Air : N^r}uhJiez pas votre houlette^ n.° 481- Ah! quelle heureuse découverte!
Alerte !
Sauvons-nous de ces lieux.
ACHMET
Hélas! nous n'en serons pas mieux.
Nous ne pouvons fuir notre perte.
ALMANZINE, prenant Jchmetjpar la main.
Ah! quelle heureuse découverte!
Alerte!
Sauvoni-Qous de C9S lieux.
446 ACHMET
PIERROT
Oui, ne perdez pas un moment. Je vais rester ici, moi, pour faire accroire au sultan que.... Mais j'entends venirquelqu'un ; décampez au plus vite . . . [Seul.) Qui sont ces personnes qui s'avancent? Ho ! ho! ce sont deux filles qui prennent le frais... Elles viennent à moi, tenons-nous bien sur nos gardes. Allons, Pierrot, de la fermeté.