‹ [Œuvres]Chapitre 110 sur 402 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

La scène représente une galerie du château de Portia et les colonnades italiennes donnant sur de beaux jardins.

PORTIA, XERISSA.

Oui, je déteste un monde où tout va de travers; Mon petit être est las de ce grand univers.

XERISSA.

D'où vous vient cet ennui dans des demeures telles Qu'un amant endormi n'en voit pas de plus belles Quand il rêve aux trésors d'un palais enchanté? Avec tant de richesse, avec tant de beauté, Des ennuis! des soupirs! Que feriez-vous, madame, S'il vous fallait, ainsi qu'à telle honnête femme, Subir tous les dégoûts d'une condition Obscure et ce qui suit la basse extraction?

PORTIA

Mon Dieu ! qu'il est aisé de dire une sentence. Et de se relever par des airs d'importance, De fatiguer les gens par de fausses pitiés, Ou de les égayer en leur disant : Riez ! Quand on ne peut changer le fond d'un caractère, On ferait beaucoup mieux, Xerissa, de se taire, Que de dire au hasard et daller trop avant Sur des afflictions qu'on ignore souvent.

XERISSA.

Mais...

Page 1