‹ [Œuvres]Chapitre 113 sur 402 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

Un grand nombre de gentilshommes italiens et de femmes parentes de Ponia.

NERISSÀ , PORTIA , BASSANIO , GRATIANO et des pages de leur suite entrent, et trois femmes vêtues de blanc, qui tiennent à la main chacune un coffret, l'un d'or, l'autre d'argent, le troisième de plomb. On remet à Portia une baguette d'or.

bassanio s'avance seul et salue Portia, tandis que Gratiano salue Xerissa et va lui parler d'un air d'intelligence.

Enfin je vais, madame, essayer ma fortune, Et pour vous me soumettre à cette loi commune. Ah! que j'aimerais mieux, dédaignant le hasard, Vous gagner par Tépée ou bien par le poignard ! A ce jeu, contre tous, ma main serait hardie, Et digne de la vôtre; au lieu qu'abâtardie, Sans guide que mon cœur (vos yeux le vont troubler),

Portia s'est voilée.

Je sens qu'elle est sans force et qu'elle va trembler portia , lui donnant la baguette sans le regarder. Tardez un jour encor; quelque chose m'attriste Aujourd'hui...

BASSAMO.

Que vous fait d'ajouter à la liste Le nom d'un étranger que vous ne verrez plus, Et que n'ont point choisi vos yeux irrésolus? Ne tardons pas.

PORTIA

Mes yeux que vous pourriez maudire Peuvent entendre tout, mais ne peuvent rien dire. Si je me décidais, vous le savez, seigneur, Il ne me resterait à donner que mon cœur.

BASSAMO.

Plût à Dieu !

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