ACTE HT, SCENE VI
Et ses amis; je sois la bonté de son àme. Racontez-lin ma mort, et qu'elle juge après Si vous fûtes aimé. N'ayez point de regrets Des causes de ceci plus que je n'en éprouve.
Avec un sourire amer.
Ce juif saura bientôt si dans mon cœur se trouve Quelque autre sentiment qui ne soit pas à vous.
BASSANIO
Antonio, tout heureux que je suis comme époux, Je donnerais le monde, et ma vie et ma femme, Afin que de ce traître on puisse toucher l'âme, Oui, je consentirais à la sacrifier.
portia, à demi voix.
Ah ! que n'est-elle ici pour vous remercier !
GRATIANO
Quoique j'aime la mienne aussi, je vous assure. Je la voudrais au ciel pour qu'elle fut plus sûre De convertir le juif et son cœur endurci.
nerissa, à Gratiano.
Vous êtes bien heureux qu'elle ignore ceci !
shylock, à part.
Voilà bien nos maris chrétiens! race infidelle! Ma fille en avoir un! J'aimerais mieux pour elle Un impur rejeton du sang de Barabas.
Haut.
Vous perdez votre temps à discourir la-bas ; La sentence!
portia, après avoir consulté le Doge.
La cour adjuge et la loi donne Cette livre de chair au juif.
SHYLOCK
Loi juste et bonne, Bon juge I
PORTIA
Vous devez la couper sur son sein, La cour vous le permet.
Savant juge!
bassamo. à part.
Assassin!
192 l.K MARCHAND DE VENIbE.
suylock, se précipitant le ctmleau à la main sur Antonio.
Quelle sentence! allons! votre poitrine est prête? Allons ! préparez-vous ! allons ! allons !
portia, mettant sa main entre eux.
Arrête !
Ce n'est pas tout; relis ce billet tout puissant, Il ne t'accorde pas une goutte de sang; Une livre de chair ! Prends de chair une livre, C'est bien ; tu peux la prendre, et la loi te la livre. Mais si tu fais couler un peu de sang chrétien, Au profit de Venise on confisque ton bien.
GRATIANO
Grand juge! vois-le donc, juif! le juge équitable!
shylock, laissant tomber ses balances et son couteau. Est-ce la loi?
PORTIA
Tu peux la voir sur cette table Et la lire. Ah! tu veux qu'on soit juste avec toi! Plus que tu ne voulais nous le serons, crois-moi.
SHYLOCK
J'accepte donc ton offre, et veux que l'on me compte Au moins trois fois la somme où le billet se monte. Relâchez ce chrétien.
BASSAMO.
Prends, voici ton argent.
Non, le juif eut raison, seigneur, en exigeant Justice; mais il faut qu'il n'ait pas autre chose Que ce qui fut écrit. Ainsi, qu'il se dispose A couper cette chair; mais en coupant, s'il sort Une goutte de sang, une goutte ! il est mort, Et ses biens confisqués.
GRATiAxo, riant et se moquant du juif.
Un Daniel! un grand juge!
Juif! un second Daniel! reçois ce qu'on t'adjuge, Infidèle. Es-tu pris maintenant, juif subtil?
PORTIA
Eh bien! que fait Shylock? pourquoi balance-t-il?