‹ [Œuvres]Chapitre 16 sur 402 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

DESDEMOXA entre vêtue de blanc et voilée à demi, yago l'accompagne suivi des officiers du sénat.

le doge, ciBrabantio.

Je l'avoue, et l'aveu peut-être vous offense, Je crois qu'à ce discours si digne d'intérêt, Sans m'irriter, ma fille aussi s'attendrirait.

BRABANTIO

Écoutez-la parler, je vous prie, elle même ; Et si sa voix confesse au sénat qu'elle l'aime, Plus de reproche ensuite à l'homme, sur ma foi, Je renonce à ma plainte.

A sa fille.

Approchez: dites-moi Lequel de nous à droit à votre obéissance?

DESDEMOXA.

Je vois ici, mon père, une double puissance , Mon éducation et ma vie ont été Votre bien jusqu'ici ; mais, à la vérité,

• She lov'd me for the dangers I uad pass'd And I lov'd her, that she did pity iheni.

J'ai tâché de conserver à ce récit le caractère de grandeur et de simplicité si louchant dans l'original; et là, où se trouve le chant, selon le sens que j'ai donné a ce mot, dans la lettre à Lord ***, j'ai cherché à être aussi littéral que possible ; quelquefois , comme le verront ceux qui saveur également bien les deux langues, j'ai réussi à mettre le mot sous le mot. Car, en les cherchant avec soin , on trouve d'étonnantes et fraternelles analogies entre la langue anglaise cl la nôtre, qui lut entée par Gtiillaumele-Conquérant sur le vieux saxon. Le vieil anglais conserve Ye muet du français ans une (unie de mots, cl la première édition de ShâVspeare, sur laquelle j'ai l'ait ce travail, est remplie d'expressions de noire ancien langage : en les remettant eu usage, on pourrait, en prose, traduire l'ancien anglais mot à mot.

ÛO LE MORE DE \ l.MSK.

Je n'avais d'autre nom encor que votre fille :

Je suis femme à présent, et dans votre famille

J'amène mon mari. Vous le voyez. Autant

Ma mère vous montra jadis de dévouaient,

Autant j'en dois au More, à mon seigneur et maître.

BRABAXTIO.

Que Dieu soit avec vous ! J'ai fini. Donnez l'être A de pareils enfants. Mieux vaut les adopter ! More, approche. Je vais, non sans la regretter, Te donner celle-ci, que de toute mon âme J'aurais voulu sauver et ne pas voir ta femme. Heureux de rester seul.

A sa fille.

Je sens trop tard le prix Des rigueurs, ton départ me l'a trop bien appris ! Aux affaires d'État, seigneur!

C'est une injure Qui peut se pardonner.

BRABA.\Tio s'assied en grommelant.

Seigneur, je vous conjure, Aux affaires d'État. Verriez-vous d'un bon œil Le Turc vous prendre Chypre"? Hélas! un noble orgueil Souffre d'un froid avis donné dans la misère ; Les conseils ne sont pas moins pesants pour un père Que ne l'est sa douleur. Les consolations, Les maximes qu'on jette à nos afflictions, Appareil à tout mal. baume à toute blessure, N'ont jamais du chagrin adouci la morsure ; Que le cœur brisé saigne et guérisse en repos, Et non par des discours, mots nuls, vides propos! Aux affaires d'État !

Une importante place Peut nous être enlevée et le Turc la menace; C'est ce qui nous occupe. Othello, vous savez Que Chypre a des remparts faibles, mal préservés, Sans vaisseaux. A l'armer que tout votre art s'applique. L'Ile a de bons chefs : mais l'opinion publique.

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