‹ [Œuvres]Chapitre 202 sur 402 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

madame de MORET rentre , et soulève la portière tapissée pour introduire BORGIA. Les dames se retirent. t Il entre sans saluer, le chapeau à la main, et se place debout devant LA MARÉCHALE, qui n'ose lui parler.

C'esl moi.

la maréchale, travaillant vite, avec une agitation nerveuse.

le suis vraiment heureuse de vous revoir, monsieur de Borgia. Je vous assure que je n'ai rien oublié de notre enfance et que tous mes anciens amis sont présents à ma pensée. Les familles de Scali et d'Adimari habitent-elles toujours Florence?

BORGIA

Le temps va vite, madame : nous en avons bien peu pour nous parler ainsi...

la maréchale, toujours les yeux baissés.

Mais... puis-je vous parler d'une autre manière V puis-je vous parler comme avant mon mariage? C'est le temps qui nous a séparés, c'est la destinée, c'est...

BORGIA

Non. ce n'est pas tout cela, madame. Regardez-moi.

C'est la nécessité d'obéir à madame Marie de Médicis. Concini me trompa . et publia votre mort. Ce fut presque la mienne: et à présent ce qui nous sépare, c'est l'habitude même de la séparation; c'est la différence de nos positions, c'est...

BORGIA

Regardez-moi. Si vous me regardiez une fois seulement, vous diriez autre chose et autrement. (// lui prend la main avec tristesse et douceur.)

la maréchale. Elle tombe le front sur sa main.

Eh bien! eh bien! Borgia, pardonnez-moi, si c'est là ce qu'il vous faut: pardonnez-moi.

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