‹ [Œuvres]Chapitre 312 sur 402 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

11 est assis sur le pied de son lit et écrit sur ses genoux.

Il est certain quelle ne m'aime pas. — Et moi... je n'y veux plus penser. — Mes mains sont glacées, ma tète est brûlante. — Me voilà seul en face de mon travail. — Il ne s'agit plus de sourire et d'être bon ! de saluer et de serrer la main! toute cette comédie est jouée . j'en commence une autre avec moi-même. — Il faut, à cette heure, que ma volonté soit assez puissante pour saisir mon àme , et l'emporter tour à tour dans le cadavre ressuscité des personnages que j "évoque, et dans le fantôme de ceux que j'invente! Ou bien il faut que, devant Chatterton malade, devant Chatterton qui a froid, qui a faim, ma volonté fasse poser avec prétention un autre Chatterton , gracieusement paré pour l'amusement du public, et que celui-là soit décrit par l'autre; le troubadour par le mendiant. Voilà les deux poésies possibles, ça ne va pas plus loin que cela ! Les divertir ou leur faire pitié ; faire jouer de misérables poupées, ou l'être soi-même et faire trafic de cette singerie! Ouvrir son cœur pour le mettre en étalage sur un comptoir! S'il a des blessures, tant mieux! il a plus de prix; tant soit peu mutilé, -on l'achète plus cher I

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