‹ [Œuvres]Chapitre 356 sur 402 · LOA · texte numérisé non relu

LOA

» Dans les trésors du sang, dans les regards des yeux.

» C'est moi qui fais parler l'épouse dans ses songes;

» La jeune fdle heureuse apprend d'heureux mensonges;

» Je leur donne des nuits qui consolent des jours,

» Je suis le roi secret des secrètes amours.

» J'unis les cœurs, je romps les chaînes rigoureuses,

» Comme le papillon sur ses ailes poudreuses

» Porte aux gazons émus des peuplades de fleurs,

» Et leur fait des amours sans périls et sans pleurs.

» J'ai pris au Créateur sa faible créature;

» Nous avons, malgré lui, partagé la nature :

» Je le laisse, orgueilleux des bruits du jour vermeil,

» Cacher des astres d'or sous l'éclat d'un soleil;

- Moi, j'ai l'ombre muette, et je donne à la terre

» La volupté des soirs et les biens du mystère.

» Es-tu venue, avec quelques Anges des cieux, » Admirer de mes nuits le cours délicieux ? )> As-tu vu leurs trésors? Sais-tu quelles merveilles » Des Anges ténébreux accompagnent les veilles?

CHANT li. 39

» Sitôt que balancé sous le pale horizon » Le Soleil rougissant a quitté le gazon , Innombrables Esprits, nous volons dans les ombres En secouant dans l'air nos chevelures sombres » L'odorante rosée alors jusqu'au matin >' Pleut sur les orangers, les lilas et le thym. » La nature attentive aux lois de mon empire, » M'accueille avec amour, m'écoute et me respire : » Je redeviens son âme, et pour mes doux projet* » Du fond des éléments j'évoque mes sujets » Convive accoutumé de ma nocturne fête, « Chacun d'eux en chantant à s'y rendre s'apprête. >• Vers le ciel étoile, dans l'orgueil de son vol , » S'élance le premier l'éloquent rossignol ;

Sa voix sonore, à l'onde, à la terre, a la nue, » De mon heure chérie annonce la venue ; » Il vante mon approche aux pâles alisier*, » 11 la redit encore aux humides rosiers ; » Héraut harmonieux, partout il me proclame; >: Tous les oiseaux de l'ombre ouvrent leurs yeux de flamme » Le vermisseau reluit; son front de diamant " Répète auprès des fleurs les feux du firmament , » Et lutte de clartés avec le météore » Qui rode sur les eaux comme une pale aurore.

» L'étoile des marais, que détache ma main, Tombe et trace dans l'air un lumineux chemin

Dédaignant le remords et sa triste chimère , Si la Vierge a quitté la couche <lc sa mère, Ces flambeaux naturels s'allument sous ses pas, Et leur feu clair la guide et ne la trahit pas. Si sa lèvre s'altère et \icnt près du rivage Chercher comme une coupe un profond coquillage, L'eau soupire cl bouillonne, et devant ses pieds nu~ Jette aux bords sablonneux la Conque de Vernis Des Esprits lui font voir de merveilleuses choses, Sous des bosquets remplis de la senteur des roses Elle aperçoit sur l'herbe , où leur main la conduit , Ces (leurs dont la beauté ne s'ouvre que la nuit , Pour qui l'aube du jour aussi sera cruelle , Lt dont le sein modeste a des amours comme elle. Le silence la suit; tout dort profondément; L'ombre écoute un mystère avec recueillement.

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Les vents, des prés voisins, apportent l'ambroisie

mu la cou< lie des bois que l'amant a choisie.

Bientôt deux jeunes voix murmurent des propos

gui de- I' m agi - —uni- animent le repos.

Au fond de l'orme é| ais dont l'abri les accueille,

L'oiseau réveillé (hante et bnrît sous la feuille.

L'hymne de volupté t'ait tressaillir les airs,

Les arbres ont leurs (liant-, les buissons leurs concert

El -m le- bords d'une eau qui gémit et s'écoule,

La colombe de nuit languissamment roucoule.

La voila sous tes yeu\ l'œuvre du Mallaiteui . Ce méchant qu on accuse est un eonsolateiu Qui pleure sur l'esclave et le dérobe au maitn Le >au\e pai l'amom de- chagrins de son être, Et, dan- le mal commun lui-même enseveli, Lui donne un peu d<- charme, et quelquefois l'oubli

/|2 KLOA.

rrois fois, durant ces mots, de l'Archange naissante La rongeai colora la joue adolescent»', El luttant par trois lois contre un regard impur, Une paupière d'or voila ses \eu\ d'azur.

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