LE P.AL
L'aiguille détestée aura fui de vos doigt-. Ou, de la mélodie interrompant les lois. Sur l'instrument mobile, harmonieux ivoiic, Vos mains auront perdu la touche blanchi et noire; Demain, sous l'humble habit du jour laborieux , Un livre, sans plaisir, fatiguera vos \eux... ; Ils chercheront en vain, sur la feuille indocile, De ses simples discours le sens clair et facile; Loin du papier noirci, votre esprit égaré, Fartant, >eul et léger, vers le Bal adoré. Laissera de vos yeux l'indécise prunelle Recommencer \ingt fois une paue éternelle. Prolongez, s'il se peut, oh : prolonge la nuit, Qui d'un pas diligent plus que vos pas s'enfuit :
Le signal e>t donne, l'archet frémit encore :
Élancez-vous, liez ces pas nouveaux Que l'Anglais inventa, nœuds chers à ïerpsichore, Qui d'une molle chaîne imitent les anneaux
i^O LK BAI..
Dansez, un soir encore osez de votre vie : L'étincelante nuit d'un long jour est suivie; A l'orchestre brillant le silence fatal Succède, et les dégoûts aux doux propos du Bal. Ah! reculez le jour où, surveillantes mères, Vous saurez du berceau les angoisses amères : Car, dès que de l'enfant le cri s'est élevé, Adieu, plaisir, long voile à demi relevé, Et parure éclatante, et beaux joyaux des fêtes; Et le soir, en passant, les riantes conquêtes Sous les ormes, le soir, aux heures de l'amour, Quand les feux suspendus ont rallumé le jour Mais, aux yeux maternels, les veilles inquiètes >"e manquèrent jamais, ni les peines muettes Que dédaigne Tépoux , que l'enfant méconnaît, Et dont le souvenir dans les songes renaît. Ainsi, toute au berceau qui la tient asservie, La mère avec ses pleurs voit s'écouler sa vie.