I \ SÉRIE! SE
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Mon banc «le quart e>t moB trône J'y règne plus que les Rois; Sainte Barbe est ma patrone ; Mon sceptre est mon porte-voi\ ; Ma couronne est ma cocarde; Mes officiers sont ma garde ; A tous les vents je hasarde Mon peuple de matelots , Sans que personne demande A quel bord je veux qu'il tende , Et pourquoi je lui commande D'être plus fort que les flots
Voilà toute la famille Qu'en mon temps il me fallait ; Ma Frégate était ma fille.
Va, lui disais-je- — Elle allait .
S'élançait dans la carrière, Laissant l'écueil en arrière, Comme un cheval sa barrière ; Et l'on m'a dit qu'une fois (Quand je pris terre en Sicile) Sa marche fut moins facile, Elle parut indocile Aux ordres d'une autre voix
LA SÉRitï SE. 21
On l'aurait crue animée!
Toute l'Egypte la prit , Si blanche et si bien formée , Pour un gracieux esprit Des Français compatriote , Lorsqu'en avant de la flotte , Dont elle était le pilote , Doublant une vieille tour *, Elle entra, sans avarie, Aux cris : Vive la patrie!
Dans le port d'Alexandrie, Qu'on appelle Abou-Mandour.
La tour des Arabes, prés d'Alexandrie.
Une fois, par mal Leur, si vous avez pris terre,
Peut-être qu'un de vous, sur un lac solitaire,
Aura vu, comme moi, quelque cygne endormi,
Qui se laissait au vent balancer à demi.
Sa tête nonchalante, en arrière appuyée ,
Se cache dans la plume au soleil essuyée;
Son poitrail est lavé par le flot transitaient,
Comme un écueil où l'eau se joue en expirant ;
Le duvet qu'en passant l'air dérobe à sa plume
Autour de lui s'envole et se mêle à l'écume;
Une aile est son coussin , l'autre est son éventail ;
Il dort , et de son pied le large gouvernail
Trouble encore, en ramant, l'eau tournoyante et douce
Tandis que sur ses flancs se forme un lit de mousse,
De feuilles et de joncs , et d'herbages errants
Qu'apportent près <le lui d'invisibles courants.