SCENE II
Uue chambre à coucher. — Desdemona endormie sur sou lit, à moitié déshabillée, en robe blanche, nu-pieds, ses cheveux noirs épars.
OTHELLO entré tenant dans sa main gauche une lampe, dans la droite une épée.
C'est la cause, ù mon aine ! et vous la connaissez * La cause qui m'amène au meurtre! c'est assez! Étoiles qu'on adore en votre chaste empire, La cause, sous vos yeux je n'oserais la dire! Je ne verserai pas son sang, et mon dessein Ne me conduira pas à déchirer ce sein Si beau, que l'on croit voir, à la lampe bleuâtre, Sur un tombeau de marbre une image d'albâtre.
Il pose son épée et sa lampe sur une table.
Cependant, il faut bien quelle meure, il le faut, Car elle trahirait d'autres hommes bientôt.
— Éteignons ce flambeau, puis éteignons sa vie.
— Si la flamme une fois, par ma main, t'est ravie, J'ai, pour la ranimer, le temps du repentir,
Eu regardant Desdemona.
Lampe ardente ! mais toi qui vasYanéantir, Ouvrage le plus beau qu'ait formé la nature ! Où retrouver encor, divine créature, Ce feu qui te donna la vie, et qu'autrefois
• Il is the cause, it is tbe cause, my soûl.
Ce brusque début doit être couru comme la suite d'une profonde réflexion intérieure dont l'expression s'échappe de ses lèvres dans la violence de son désespoir. Le désordre de ces premières paroles sera mieux expliqué par tout homme dont le cœur a été blessé que par les commentaires de Johnson et Steevens qui ajoutent froidement des paroles de rechange en marge de ce monologue pour lui servir de préface.