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III

:29o HARMONIES POÉTIQUES

Comme des dieux menteurs disparus à ta voix, De ces porteurs de foudre ou du vil caducée , Rêves dont au réveil a rougi la pensée? Mais tous ces dieux, 6 Christ! n'avaient rien apporté Qu'une ombre plus épaisse à notre obscurité! Mais du délire humain lâche et honteux symbole , Ils croulèrent d'eux-même au bruit de ta parole ; Mais tu venais asseoir sur leur trône abattu Le Dieu de vérité , de grâce et de vertu î Leurs lois se trahissaient devant les lois chrétiennes ! Mais où sont les vertus qui démentent les tiennes? Pour éclipser ton jour quel jour nouveau paraît? Toi qui les remplaças, qui te remplacerait?

Ah! qui sait si celte ombre où pâlit ta doctrine Est une décadence — ou quelque nuit divine , Quelque nuage faux prêt à se déchirer, Où ta foi va monter et se transfigurer, Comme aux jours de ta vie humaine et méconnue Tu te transfiguras toi-même dans la nue. Quand ta divinité reprenant son essor, Un iour sorti de toi revêtit le Thabor,

Dans ton vol glorieux te balança sans ailes, Eblouit les regards des disciples fidèles, Et , pour les consoler de ton prochain adieu , Homme prêt à mourir, te montra déjà Dieu?

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