‹ ŒuvresChapitre 22 sur 28 · QI · texte numérisé non relu

QI

Oui ! de quelque faux nom que l'avenir te nomme, Nous te saluons Dieu ! car tu n'es pas un homme ! L'homme n'eût pas trouvé dans notre infirmité Ce germe tout divin de l'immortalité, La clarté dans la nuit, la vertu dans le vice. Dans l'égoïsme étroit la soif du sacrifice ! Dans la lutte la paix , l'espoir dans la douleur, Dans l'orgueil révolté l'humilité du cœur, Dans la haine l'amour, le pardon dans l'offense, Et dans le repentir la seconde innocence ! Notre encens à ce prix ne saurait s'égarer, Et j'en crois des vertus qui se font adorer'

Repos de notre ignorance , Tes dogmes mystérieux

igi HARMONIES POÉTIQUES

Sont un temple à l'espérance Montant de la terre aux cieux !

Ta morale chaste et sainte Embaume sa pure enceinte De paix, de grâce et d'amour, Et l'air que l'ame y respire A le parfum du zépliyre Qu'Eden exhalait un jour!

Dès que l'humaine nature Se plie au joug de ta foi , Elle s'élève et s'épure Et se divinise en toi !

Toutes ses vaines pensées Montent du cœur, élancées Aussi haut que son destin ; L'homme revient en arrière , Fils égaré de lumière Qui retrouve son chemin !

Les troubles du cœur s'apaisent, L'ame n'est qu'un long soupir;

Tous les vams désirs se taisent Dans un immense dësir !

La paix, volupté nouvelle, , Sens de la vie éternelle , En a la sérénité !

Du chrétien la vie entière N'est qu'une longue prière Un hymne en action à l'immortalité !

Et les vertus les plus rudes

Du stoïque triomphant

Sont les humbles habitudes

De la femme et de l'enfant !

Et la terre transformée

N'est qu'une route semée

D'ombrages délicieux,

Oii l'homme en l'homme a son frère !

Où l'homme à Dieu dit : Mon père !

Oîi chaque pas mène aux cieux !

O toi qui fis lever cette seconde aurore,

Dont un second chaos vit l'harmonie éclore ,

Parole qui portais avec la vérité

Justice et tolérance, amour et liberté!

Règne à jamais, 6 Christ, sur la raison humaine,

Et de l'homme à son Dieu sois la divine chaîne !

Illumine sans fin de tes feux éclatans

Les siècles endormis dans le berceau des temps !

Et que ton nom, légué pour unique héritage.

De la mère à l'enfant descende d'âge en âge.

Tant que l'œil dans la nuit aura soif de clarté,

Et le cœur d'espérance et d'immortalité !

Tant que l'humanité plaintive et désolée

Arrosera de pleurs sa terrestre vallée.

Et tant que les vertus garderont leurs autels.

Ou n'auront pas changé de nom chez les mortels

Pour moi, soit que ton nom ressuscite ou succombe, O Dieu de mon berceau, sois le Dieu de ma tombe! Plus la nuit est obscure et plus mes faibles yeux S'attachent au flambeau qui pâlit dans les cieux ! Et quand l'autel brisé que la foule abandonne S'écroulerait sur moi!... temple que je chéris,

Temple où j'ai tout reçu, temple où j'ai tout appris, J'embrasserais encor ta dernière colonne, Dussë-je être écrasé sous tes sacrés débris !

SIXIÈME

HARMONIE

F,N RÉPOISSE A DtS VERS ADRKSSÉS PAR LUI A l'AUTEIR,

ou

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