‹ ŒuvresChapitre 6 sur 23 · SONNET DE GUIDO CAYAIXANTI · texte numérisé non relu

SONNET DE GUIDO CAYAIXANTI

a Vous avez vu, à mon avis (dans votre songe), tout ce qu'on homme peut sentir et connaître de fort, d'agréable et de bon, si en effet vous avez été mis à pareille épreuve par le puissant Seigneur (Amour) qui gouverne le monde de l'honneur,

» Qui vit dans une paix tranquille, qui tient dans son esprit compatissant la raison toujours reine ^ et so montre si agréable

■ Cette circalaire poétique, amoureuse, fut adressée aux fidhlet d'Amour, aux diseurs en rimes, à tous ceux enfin qui s'occupaient de poésie. Dans' ce sonnet, Dante leur expose la vision qu'il a eue, en les engageant à lui en donner l'interprétation ; mais il le fait de manière cependant à laisser douter s'il met la pénév tration de ses confrères à l'essai, ou si effectivement, n'osant s'en fier à ses propres lumières, il leur jwopose un problème à résoudre.

De tous les fidèUt ^ Amour dont il a pu recevoir réponse, il n'y en a que trois dont les sonnets nous aient été conservés ; ce sont ceux de Cino da Pistoia, de Guido Cavalcanti, et enfin de Dante da Maiano, qui, malgré son nom, était étranger à la famille des Alighieri. Quoique les difficultés que présente la traduction de ces trois sonnets soient grandes, j'essayerai de les mettre en français, afin que l'on puisse juger du caractère étrange qi^e portaient ces correspoudances littéraires et amoureuses, et que leur teneur puisse servir d'cxplicatiou et de commentaire a» ^onnet même de Dante. [Note du traducteur.)

dans le« songes dés hommes, qu'il enlèye leurs cœurs sans les fûre souiïrir.

» Il (Amour) emporta votre cœur, voyant que votre Dame désirait voire mort ; et, dans Tefifroi qu'il éprouva de cela^ il s'avisa de la nourrir de votre cœur.

» Quand il vous apparut s'en allant tout en pleurs, votre sommeil dut vous paraître doux, car il s'achevait lorsque son contraire (un sommeil pénible) arrivait pour le vaincre. »

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