‹ ŒuvresChapitre 22 sur 94 · Rager. de Hoved.* p. CÎ0-G · texte numérisé non relu

Rager. de Hoved.* p. CÎ0-G

jjütt Dans celte conférence * qui cul lieu près de Bonmoulins, eu Normandie, le roi de France fit des propositions où rintérèt de Richard se trouvait tellement lié au sien, qu'elles semblaient le résultat de quelque pacte secret préalablement conclu entre eux.

A l'une des trêves jurées autrefois par Henry II et Louis, père de Philippe, il avait été convenu que Richard épouserait Alix ou Aliz. fille du roi de France, laquelle recevrait pour dot le comté de \ e\în , toujours débattu entre les deux couronnes (I)* Pour garantie de l’exécution fidèle de ce traité, Âliz, encore enfant, fut remise entre les mains du roi d'Angleterre, afin qu’il en eût ta garde jusqu’à son %e nubile (2). Mais la guerre ayant bientôt éclaté de nouveau, et les fils du roi d’Angleterre s’étant ligués avec le roi de France, le mariage fut différé* sans que pour cela Henry II se dessaisit de la jeune fille qui lui avait été confiée* Il paraissait vouloir la garder comme otage; mais on croyait généralement que la raison politique n’élaît pas le seul motif qui là lui faisait retenir captive dans un château d’Angleterre, et qu’il avait conçu pour elle une violente passion, qu’il satisfit même, disent plusieurs historiens, après la mort île sa maîtresse Rosemonde (ô). Quelques-uns assurent que, dans le temps cle la guerre contre ses fils, il avait résolu de prendre Aliz pour épouse, et de répudier Eléonore, afin d’obtenir pour tm-môme l'appui que le roi de France prêtait à ses adversaires (4), Mais ce fut vainement qu’alors il sollicita son divorce auprès de fa cour de Rome, et que, pour l'obtenir, il combla de présents les légats pontificaux (a).

Dans les conférences qu’il avaiL eues précédemment avec le roi d'Angleterre» Philippe avait plusieurs fois réclamé la conclusion du mariage de sa sœur Aliz avec le comte de Poitiers, et ce fut la première des conditions qu’il proposa au congrès de Romnoulius. Il demanda en outre que son futur beau-frère fût déclaré, par avance, héritier de tous les États du roi Henry, et reçût en cette qualité le serment d’hommage des barons d’Angleterre et du continent {6)* Mais Henry 11 ne voulut point y consentir, craignant te chagrin que lui avait causé uu-

(ïj Voyez livre VIL

l2) l'iltam régis Francis In cuslodiâ suâ diidiim recepet*l ut eam Ricardo üJio sua copularei... (SeripL rcmra fidneic,, L Xlîl, [>. 214*)

3) Quatû posi mortem Rosaimindoe déflora vib.. (Ihid.)

(4) Ut sieroa]orî faun e Francorum f retus, Àfies proprios ex b icwil a ro i . . . (1 b ut . }

5) 1-1 ngo! ilium cardinalem ad divurtiandnm inLer ilium et régi nam tlianoram imîLarai. (Ibid*)

C Ht pe rmisisset ïpai Rkartio hflïfèdi ®U0, lier! Lumiagm fl MHitates... {ftufter. de HuvciL, p» 64!)-) t,7j Xun immemor înjurlarum qitas rex filhis smis eî fe-

la conquête

li'cfoîs l’élévation prématurée de sou fïïs aîné (7)* i A ce refus, Richard, outré de colère, fit de nouveau ce qu’il avait fait tant de fois* En la présence même de son père, se tournant vers le roi de France, et joignant les deux mains entre les siennes, il sc déclara son vassal, et lui fit hommage pour les duchés de Normandie* de Bretagne et d’Aquitaine, et poulies comtés de Poitou, d'Anjou et du Maine (8)* Pour ce serment de foi et d’hommage, Philippe lui donna en fief les villes de Châleauroux et d’Issouduu (9).

Cette usurpation de tous les droits paternels sur le continent était le coup le plus sensible que Richard eût encore porté â son père ; c'était le commencement d’une nouvelle querelle domestique aussi violente que l’avait été la première de toutes, excitée, comme on l’a vu plus haut, par les tentatives d’usurpation de Henry le Jeune. Les populations mécontentes le sentirent, et elles se montrèrent agitées d’un soudain mouvement de révolte* Les barons qui, depuis plus de deux ans, se tenaient en repos, les gens du Poitou, naguère encore ennemis jurés de Richard, se déclarèrent pour sa cause, du moment qu’ils crurent le voir en inimitié mortelle avec le roi (10). Henry II vint â San mur Faire ses préparatifs de guerre, pendant que ses barons et ses chevaliers le quittaient en foule pour suivre son fils, dont. Je parti, soutenu par le roi de France et toutes les provinces du midi» semblait devoir être le plus fort (1 1). Le roi d’Angleterre avait pour lui la majorité des Normands, les Angevins, et ceux qu’effrayaient les sentences d’ex communication dont le légat du pape voulut bien lui prêter l’appui. Maïs, pendant que les clercs de l’Anjou prononçaient dans leurs églises ces sentences ecclesiastiques, tes Bretons, entrant a main armée, dévastaient le pays et attaquaient les lieux forts et les châteaux du roi (12). Accablé sous la mauvaise fortune qui, depuis si longtemps, le poursuivait presque sans relâche, Henry tomba malade de chagrin, et, ne prenant aucune mesure militaire, laissa au légat et aux archevêques tout le soin de sa défense. Ils multiplièrent les arrêts d'excommunication et d'interdit, et envoyèrent messages sur messages à Richard cl au roi de France, leur faisant tour a lotir

cerat pro simili exaltations... ( Roger, de HôŸèd., p, C4D. j (8) Devenu homo lÈfius reftis Frauda? do omnibus Itmemuiiifi pains suï Iransmannis; et GitalUattun jura vil ei COR ira mimes ho mi lies, (Ibid.) ej) Pro ho m agi i) fuo* . . (t biffe j

(10) Haimit cornes îticardua Britones confédéral os eu tu Ptclav Jetjglbus. (Malh. Paris*, p. 151.)

(It) Plu res de cbmiLiUufi et baromlm imis, vo reiicU», ad hrcscrunt ie£i Francise et coiiuLi contra cirni* ( Kuger. de Uoi ed*, p, 052. ]

( J2) lui loues hositli 1er Miravcniut lu terrain rugis \otflta» et devâaiavêrnnl eam, Mbtd.)

u&s des menaces et des caresses (1), lis eurent peu d'influence sur l’esprit de Richard, mais davantage sur celui de Philippe , toujours aussi disposé à la paix qu’à la guerre, pourvu qu’il espérât y gagner, j im Le roi de France consentit donc à tenir avec Pautre roi une conférence, où Richard se rendit hou gré malgré, et ou vinrent Jean d'Ànagui , cardinal , légat du pape , et les archevêques de Reims, de Bourges, de Rouen et de Canterbury (S), Philippe proposa au roi d'Angleterre à peu près les mêmes conditions qu’à l'entrevue de Bonmoulins, e'est-â-d ire, le mariage d’Àliz avec Richard, et la désignation de ce dernier comme héritier de tous les domaines de son père , sous la garantie du serment d'hommage de tous les barons d'Angleterre et du continent (5). Mais Henry II qui avait, encore [dus qu'à la conférence précédente, sujet de se défier de Richard , refusa de nouveau cette demande , et proposa de marier Àliz avec Jean . son autre fils , qui , jusqu’à ce jour , s'était montré obéissant et bien affectionné envers hu (4). Il dit que, si l'on approuvait ce mariage, il n'aurait aucune répugnance à déclarer Jean son héritier, pour toutes les provinces du continent (15). Celle proposition tendait a la ruiné de Richard, et, soit par scrupule d’honneur, soit par défaut de confiance dansle plus jeune des fils de Henry 11, le roi de France refusa d'y souscrire et d'abandonner son allié (Ü), Le cardinal Jean prit alors la parole pour déclarer que , selon sa mission expresse , il allait mettre le royaume de France sous l'interdit (7).

« Seigneur légat, répondit le roi Philippe, rends ton arrêt , s'il te plaît ; car je ne le crains poinL (8)* n L’Eglise romaine n'a aucun droit de sévir contre k le royaume de France, ni par interdit, ni auLrest ment, quand le roi juge à propos de s'armer contre des vassaux rebelles pour venger ses propres injures et l'honneur de sa couronne (0) ;

« d'ailleurs , je vois à ton discours que tu as déjà « flairé tes sterîings du rot d’Angleterre (10). » Richard , dont l'intérêt se trouvait bien plus Fortement compromis dans cette affaire, ne s’en tint pas

[1) Roger; de UûYed*. p* 052.

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(5) iïmt.

(I) ibtd.

(5) Ibid.

(6) Ibid.

Totam terra m su a ni au h întcriliclo pooerat. ■ Ihut.)

(8) Qu6il scnlenltam snam non limerct. (JbhL)

(5) I h i d . — Malh . parti;-, p. MO1.

(10) Qiiodcardtoalia jàm îterttngos regis angliæ olfeceral,

am.)

(II) Ibid.

M 3] Ex urià parte Pictavi prasteiutefioiH régi Aiifjliæ iiisiilias, ex aEtâ pane BtiLotiea, (Roger de HoveiL, \k 655.)

à des railleries contre l'envoyé pontifical ; il tira son im épée , et se serait porté à quelque violence, si les assistants ne l'a valent retenu (11).

Le vieux roi , forcé de corn battre, rassembla son armée ; maïs ses meilleurs soldats l'avaient abandonné pour aller se joindre à son fils. Il perdit en peu de mois les villes du Mans et de Tours avec tofit leur territoire ; et pendant que le roi de France l'attaquait en Anjou par la frontière du nord, les Bretons s 'avançaient par l'ouest , et les poitevins par le sud (1®. Sans moyens de défense et sans autorité, affaibli d'esprit et de corps , il prit le parti de solliciter la paix , en offrant de se résigner à tout (15), La conférence des deux rois (car il paraît que Richard n’y assista point , et qu'il attendit à l’écart l'issue des négociations) eut lieu dans une plaine entre Tours et Âzayl s tir -Cher, Les demandes de Philippe furent que le roi d'Angleterre s avouât expressément son homme-lige, et se remit entre ses mains , à merci et à miséricorde (14) ; qu’Àliz fût donnée en garde à cinq personnes au choix de Richard, jusqu'à son retour de la croisade, on il devait se rendre avec le roi de France, à la mlearème (15) ; que le roi d'Angleterre renonçât à tout droit de suzeraineté sur les villes du Berry, qui ancienne meut relevaient des dues d'Aquitaine , et qu’il payât au roi de France vingt mille marcs d'argent pour la restitution de ses conquêtes (16); que tous ceux qui s’étalent attachés au parti du fils contre le père demeurassent vassaux du fils et non du père , à moins que , de leur propre mouvement, ils ne voulussent revenir à ce dernier ( 17) ; qu’eufin le roi reeüL son fils Richard en grâce par le baiser de paix, et abjurât sincèrement et de bon cœur toute rancune et toute animosité contre lui (18).

Il n’y avaiï pour le vieux roi ni moyen ni espoir d'obtenir des conditions moins dures; il s'arma donc de patience autant qu'il put, et conversa avec le roi Philippe , écoutant ses paroles d’un air docile, et comme un homme qui reçoit la loi d'un autre.

Tous deux étaient à cheval en plein champ; et tandis qu’ils s'entretenaient bouche à bouche , dit

(15) Rex verù m aeto poaltus* (Roger, de flaced,, p. 555,)

(14) Se in misericonijA ejus supposuil. (Gkald, Carobr. apnd script, rerum fraude., t. XVII, p, 155, ) — Ex loto se pOBuitîBVOluiîtaie régis Francise. [ftogrr.de Humb, .|>.Q$4.)

(15) Ibid.

(10) Ibid.

(17) Qutid omnes qui comïlï Pictavïensi contra pat mu adhaeseraot, de testamentis suis omnibus et ÜgaiitiA tiiïo soiiuu lu tende fini et non pair! , oisi uHrcmeâ voiuniaLt" ad ipaum fol ié redire vahiertal..* (StrijiL rèrwm Prancic. , I. X Vlli ,

1 18) ÿudd fiüum suum coinilcm Pîctavienaem in oseuUt reci liera, ciguë iras oimies et i mi ign alloue m ex corde montera debuisset... IbirL:

mo un contemporain , ïl tonna subitement , quoique le cièî fût sans images, et la foudre tomba entre eux, sans leur faire aucun mat (1). Ils se séparèrent aussitôt, extrêmement effrayés t’un et l'autre, et, après tin petit intervalle, ils revinrent de nouveau; mais un second coup de tonnerre, aussi fort que le premier, se fit entendre presque au même moment (2). Le roi <T Angleterre , que la nécessité où il se trouvait réduit , son chagrin , et la faiblesse de sa santé , rendaient plus facile à émouvoir , liant peut-être cet accident naturel a sa propre destinée, fut tellement troublé , qu'il abandonna les rênes de son cheval et chancela sur la selle, de manière qu’il serait tombé à terre , si ceux qui l'entouraient ne l'eussent soutenu £5). La conférence fut suspendue; et, comme Henry lise trouva trop malade pour assister a une seconde entre vue, on lui porta , à son quartier, les conditions de la paix, rédigées par écrit, pour qu'il y donnât son consentement formel (4),

Ceux qui vinrent de la part du roi de France, le trouvèrent couché sur un lit , et lui lurent le traité de paix , article par article, Quand ils en vinrent;} celui qui regardait les personnes engagées secrètement ou ostensiblement dans te parti de Richard, le roi demanda leurs noms, pour savoir combien il y avait d'hommes a la foi desquels ou l'obligeait de renoncer (b). Le premier qu’on lui nomma fut Jean, son plus jeune bis. En entendant prononcer ce nom, saisi d’un mouvement presque convulsif, il se leva sur son séant, et promenant autour de lui des yeux pénétrants et hagards (0) : « Est -ce bien vrai, dit-il , K que Jean, mon cœur, mon fils de prédilection, -i celui que j’ai chéri plus que les antres, et pour « l’amour duquel je me suis al tiré tous mes maî- « heurs, s'est aussi séparé de moi (7)? » On lui répondit qu'il en était ainsi, qu’il n'y avait rien de plus vrai. « Eh bien, dît-il en retombant sur son lil et eu i« tournant son visage contre le mur, que tout aille

(0 Dîim reges ore ad os loquerenlur... { Roger* de lievedM p. WM. )

(9) PeHerriÜ ad mvieem sépara Ü srnit... et iteiiim amlilus fis L lomtrüs major et terrlbilîOT priore* . . (Ibid* )

(S) In te tram covruîsset ex équo in quo sedebal , oui mao i h us circum^lantium mtentaUis fuisse!. (Ibid )

(4) Forma m paej® script# comprdionsam Angloriiiu régi kgcfldani et audtemLtn a Ualcrdaty {Script, mum Prancic., I, XVlîti p. 155.)

(5) Puslulans ut nom ina eomm omnium scripto comnwnriarcnlur... (Roger, rte Hévcd., p. 054.)

(6) ...Slrato quo recubabai stelmi insessioncm exurgeoi cl aeritèr cire unique ica s. (Script. rcrum fraude., t. XViJl,

(7) VeriiD] ne est , inqtiit , qufttl Job i unes cor irroem.,. (!ln,i.)

(8) tu rîim se leclo reddoos eL factciù snam ad p a rie t eut ' ru rt5 Vadanl, inquit , decœiero cunda sicnl poterunt ,

LA CONQUÊTE

n dorénavant comme il pourra; je n’ai plus Je uso n souci ni de moi ni du monde (8). n Quelques moments après, Richard s'approcha du lit, et demanda i son père le baiser de paix en exécution du traité.

Le roi le lui donna avec un air de calme apparent; maïs, au moment où Richard s'éloignait, ïl entendit son père murmurer à voix basse : « Si seulement it Dieu me faisait la grâce de ne point mourir avant ic de m’ètre vengé de loi (9) ! » A son arrivée an camp français, le comte de Poitiers redit ces paroles au roi Philippe et à scs courtisans, qui tous firent de grands éclats de rire, et plaisantèrent sur la bonne paix qui venait de se conclure entre le père et le bis (10).

Le roi d'Angleterre, sentant son mal s'aggraver* se fit transporter à Cbinon, où, en peu de jours, il tomba dans un état voisin de la mort. À ses derniers moments, on l'entendait proférer des paroles entrecoupées, qui faisaient (illusion à ses malheurs et à la conduite de ses fils : « Honte, s'écriai t-iï,

« bonté à un roi vaincu! Maudit soit le jour où je « suis né j et maudits de Dieu soient les fils que je ■t busse (11) ! Les évêques et les gens de religion qui t'en Lou raient firent tous leurs efforts pour lui faire rétracter cette malédiction contre ses en fan U ; mars il y persista jusqu'au dernier soupir (12),

Quand il eut expiré, son corps Fut traité par ses serviteurs, comme l'avait été autrefois celui de Guillaume le Conquérant; tous t'abandonnèrent, après l'avoir dépouillé de ses derniers vêtements, et avoir enlevé ce qu'il y avait tle plus précieux dans la chambre et dans la mat son (13). Le roi Henry avait souhaité d'être enterré à Fontevrault, célèbre abbaye de femmes, a quelques lîmics au sud de Cîiinon; on eut peine à trouver des gens pour l'envelopper d'un linceul, et des chevaux pour le transporter (1 4), Le cadavre se trouvait déjà déposé dans la grande église de l'abbaye, en attendant le jour de

ego ni lui de me âtnpfiô* neque de mnndo qnfcquàœ euro. (Sri'IjU. remm fraude., t. XVI IL p. 155.)

(9, Yeibum à paire , rpjanqiuuu demiissâ voce, aédivîi : te Ktinquàm me Doraioui mort peftfei Liai, douce dignam de « le vmdiclam acccpero.iî ( G ira Ut. Cambre ms. apml addpî. rcrum fraude-, ibid.)

(10) Modum concordiæ inter Ipsum et patinai rdvrens et yciIm, grandum Francorum régi eUtirifié n>lî rhum excita* vît. (Ibid.)

(1 1 iVoti purtor de rege vktoî proh pudur] (Ibid.) — lUaledîXit dml in tpiâ uatus fuit, cl materUclionem Del et auam dédit lilits mis. (Rogcr.de Uoved.,p. Guf.)

(12) O s s a n s ttuoquàm relaxare voluît... ifiéd.)

(13) Quo défunt ta , reliqueruiH etim , dcVljûeiiîes opes ‘ iJIiua. (Ibid.)— Corpus üLulum smeamîclu quolibet. (Script, rerdro frandc.,1. XVill, p. 157 )

(14; Vix qol cQîqma dndonc consucret , vix qui ail ferc- Li um eqn'Oé vel invenirent vol aptareait ( I hVü . ! Voyez livre Vil

tm la sépulture, lorsque le comte Richard apprit par le hruil public la mort de son père (1). El nrn a Té* glise, et trouva le roi gisant dans un cercueil, la face decouverte, et montrant encore, par la cou* traction de ses traits, les signes dîme violente agonie, Cette vue causa au comte de Poitiers un frémissement involontaire (â)* Il se mit â genoux cl pria devant l’autel ; mais il se leva après quelques moments, après Tin 1er val Je d’un pater nonier, disent les historiens du siècle, et sortit pour ne plus revenir (o). Les contemporains assurent que, depuis l'instant où Richard entra dans l’église, jusqu’à celui où j] s’éloigna, le sang ne cessa de couler en abondance des deux narines du mort (4). Le lendemain de ce jour, eut Heu la cérémonie de J a sépulture; on voulut décorer le cadavre de quelques-uns des insignes de la royauté ; mais les gardiens du trésor de Ghinon les refusèrent, et, après beaucoup de supplications, ils envoyèrent seulement un vieux sceptre et un anneau de peu de valeur (!j). Faute de couronne, on coiffa le roi d’une espèce de diadème, fait avec ia frange d’or d’un vêtement de femme; et ce fut dans cet attirail bizarre que Henry, fils de Geoffroy Plante-genest, roi d’Angleterre, duc de Normandie, (Y Aquitaine et de Bretagne, comte d’Anjou et du Maine, seigneur de Tours et d’Àmbpise, descendit à sa dernière ilemeurc (B)* <

(1) ... Corpore jàm detalo... fama comitem Pïctavîensem aüvesîL (Scripl. rerutn fraude., t, XVIII, p. 158.)

fîj Fades patm sudario ntida ta-,, cornes , eà iospoctit, non absqao Frumitu.., (Ibid .J

(3) Morficum et tanquàm oratïonis dotnÎDicïD spaLiurn vix renia nsi L fl bld.)

{4} Regis u traque naris sanguine ccnpit m an are, et rjuancîiii filins in eccîesiâ Fueral* non cessavit... (Ibid.)

(5) V\x ullo prorsbs iusiguia régla nîsi per cmemllcala demùm stiffraffîa , caque miniia congnienUa stippetiérc,».

Un auteur contemporain cnit voir dans les malheurs de Henry II un signe de vengeance divine contre les Normands, tyrans de l’Angleterre envahie (7). Il rapproche cette mort misérable de celles de Guillaume Je Roux, des fils de Henry des propres frères de Henry H et de ses deux fils aînés, qui tous périrent de mort viole nie ou à la Heur de leur âge Voilà, dit-il, le châtiment de leur règne illé- « gitime (8)* » Mais, sans admettre celle opinion superstitieuse, il esl au moins certain que les malheurs du roi Henry furent une conséquence tirs événements qui avaient rangé sous sa domination les provinces méridionales de la Gaule, il s’étaît réjoui de cet accroissement de puissance comme de la plus haute fortune; il avait donné à ses fils la patrie d’autrui en apanage, se glorifiant de voir sa famille régner sur plusieurs mitions de race et de mœurs différentes, et réunir sous le même sceptre cc qu’avait divisé la nature* Mais la nature ne perdît pas scs droits ; et au premier mouvement qne firent les peuples pour ressaisir leur indépendance, la division entra dans la famille du roi étranger, qui vit ses enfants servir à scs propres sujets d’instruments contre lui-mèine, et qui, ballotté jusqu’à sa dernière heure par la guerre domestique, éprouva en expirant le sentiment le plus amer qu’un homme puisse emporter au tombeau, celui de mourir par un parricide*

(03 raid. Camhr. apnd script, rerura franc., U XVIII, p*1'58.)

(6) Vïx capili coron a aïeul deeuît, quia de aurifr'lgia qimdam veteri inventa FuîL ( Ibid. ) — Facto sîbi diademale de auHfrîgîo mulierum. (Anonyme Afigligena, Ibid., p, 707.1

(7) fiormannieï tyran ni. * * vîndieiam divin U iis in foi clam non evaserwi. (GfraliJ* Cambr,, p. 158.}

(8} Prop 1er quoi ï pnucî eorum fine laurfabili dîscesscronL . . non ihmuïianles dïcï sim» misera biïi ter iutericniut.., nce naiuratiUT uec îcgiiimè, sed quasi per hj'ttet'on prtftëron, in insulà occupais regniffronl. (Ibid.)

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uefliis l’avescjient nu noi richard ielJ, jusqu'à l exécution du saxos William, surnommé

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