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les fatigues et les mécomptes de l'écrivain, La diffîculte dé trouver une forme , pour l'ouvrage idéal éclos dans ma pensée, était d'autant plus grande que je me refusais , de propos délibéré, le secours que prèle d’ordinaire rirai talion d'un modèle. Je ne toulais reproduire, en histoire, ni la manière des philosophes du dernier siècle , ni celle des chroniqueurs du moyen Age , ni meme celle des narrateurs de Tant t qui lé, quelle que fût mon admiration pour eus. Je me proposais, si j’en avais la force, d’allier, par une sorte de travail mixte, au mouvement largement épique des historiensgrecs etroraains, la naïveté de couleur des légendaires et la raison sévère des écrivains modernes. J'aspirais, un peu ambi lieuse men i peut-être , à me faire un style grave sans emphase oratoire , et simple sans affectation de naïverk et d'archaïsme; à peindre les hommes d autrefois avec la physionomie de leur temps , mais en parlant inoimêmele langage du mien ; enfin à multiplier les détails jusqu’à épuiser les textes originaux, mais sans éparpiller le récit et briser l’unité d'ensemble.

Dans cette tentative (3e conciliation entre des méthodes si diverses, j’étais incessamment ballotté entre deux écueils; je cheminais entre deux périls : celui d'accorder trop à la régularité classique, de perdre ainsi la force de couleur locale et la vérité pittoresque; et celui, plus grand encore, d’enchevêtrer ma narration dans une multitude de petits faits, poétiques peut-être, mais incohérents el dépourvus de gravité , dépourvus même de signification pour un lecteur du dix- neuvième siècle. Tel de mes chapitres avait le premier défaut, tel autre tombait dans le second, suivant la nature des matériaux, parfois pauvres, parfois surabondants, et que j'avaîs peine à réduire , à dompter, si je puis m’exprimer ainsi, pour les faire entrer dans leurs cadres. Souvent, après de longs efforts et des ratures sans nombre , j’avais recours à ma dernière ressource , la radiation totale. J'essayais , non sans de nouvelles peines, d’autres combinaisons; je faisais et je défaisais sans cesse ; c’était l'ouvrage de Pénélope ; mais , grâce à une volonté inébranlable et à dix heures de travail chaque jour, cet ouvrage ne laissait pas que d avancer. Je l'aimais d’une affection vraiment passionnée; et je m'y attachais de plus en plus, autant par les peines qu’il me coûtait que par mes espérances et par les rêves de succès lointains qui venaient me bercer aux heures de repos*

Les années 1821 et 1822 furent marquées en politique par une vive agitation des esprits à laquelle je ne pus ni ne voulus me soustraire. Le coup d’Klat

du double vote, prélude du grand coup d’Etat contre la Charte, exécuté el puni dix ans plus tard, avait provoqué les moins fanatiques à la résistance extra -légale. Une association secrète, empruntée à F Italie, réunit et organisa, sous des chefs placés haut dans l'estime du pays, une grande partie et la partie la plus éclairée de la jeunesse des classes moyennes. Mais nous ne tardâmes guère à nous convaincre de rînuLiliLû de nos efforts pour amener des événements qui n otaient pas mûrs, et tous les affiliés, renonçant à l'action , retournèrent à leurs comptoirs ou à leurs livres. Ce fut un acte de bon sens et de résignation civique ; et, chose remarquable, le plus beau mouvement d’études sérieuses succéda, presque sans intervalle, à cetLe effervescence révolutionnaire. Dès l'année 1825, un souille de rénovation commença à se faire sentir et à raviver simultanément toutes les branches de la littérature. Ou vit poindre alors , chez une foule d'esprits jeunes et distingués , l'ambition d'atteindre au vrai sous toutes ses formes, dans l’art comme dans la science ; ambition qui , durant sept ans, n'a cessé de se montrer féconde , et de donner pour l'avenir de grandes et nobles espérances, J eus le bonheur de voir ce que je désirais le plus, les travaux historiques prendre une haute place dans la faveur populaire, et des écrivains du premier ordre s'y consacrer de préférence. Le nombre et l’importance des publications qui parurent successivement de 1824 à la fin de 1850 ; tant cl’ouvrages de longue baleine , dont chacun présentait sous un nouveau jour el restaurait, en quelque sorte, une époque, soit ancienne, soit récente, du passé ; un tel concours d'efforts et de talents donna lieu à cette opinion, alors probable, aujourd'hui malheureusement fort douteuse , que ïtiistoire serait le cachet du dix-neuvième siècle, et qu'elle lui donnerait son nom, comme la philosophie avait donné le sien au d ^huitième. Une pareille croyance était bien faite pour exciter le zèle jusqu’à l'enthousiasme, Je m’imaginais, selon la belle expression de M. de Chateaubriand , courir l’un des premiers sur la pente du siècle, et chaque pas que je faisais avec celte pensée me semblait plus ferme et plus assuré. J'atteignis le but au printemps de 1825, après quatre ans et demi d'efforts sans relâche. Le succès que j'obtins passa mes espérances ; mais il y eut à cette joie, quelque grande qu’elle fût, une bien triste compensation ; mes yeux s'étaient usés au travail , j'avais en partie perdu la vue.

Ma tâche finie, j'écoutai, mais trop lard peut-être, le conseil de prendre du repos : d y avait urgence, car j'étais devenu entièrement incapable de 1 ire rl

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décrire. Mu vue ne cessa pas de décliner, malgré remploi des remèdes les plus énergiques ; et , pour dernière prescription médicale , on m'ordonna de voyager. J’allai en Suisse, et de la en Provence, où M. Faurid vint bientôt me rejoindre. Ce voyage avait pour lui on bel scientifique ; c'était le dernier complément de longues et patientes recherches sur l'histoire politique et littéraire de la France méridionale, travail digne, selon moi t des plus beaux temps de l'érudition historique. Condamné à l'oisiveté, je suivais, de ville en ville, mon laborieux compagnon de voyage , et je le regardais, non sans envie , scruter touies les reliques du passé , fouiller les archives et les bibliothèques, pour meure la dernière main à l'ouvrage qui devait combler un vide immense dans notre histoire nationale (1), C’est ainsi que nous parcourûmes ensemble , durant plusieurs mois, la Provence et le Languedoc. Hors d'état moimème de lire, non pas un manuscrit, mais la plus belle inscription gravée sur la pierre, je tâchais de tirer encore quelque profit de mes courses en étudiant sur les monuments l’histoire de l'architecture du moyen âge. J avais touL juste assez de vue pour me conduire ; mais en présence des édifices ou des ruines dont il s’agissait de reconnaître l’époque et de déterminer le style , je ne sais quel sens intérieur venait au secours de mes yeux. Animé par ce que j 'appellerai s volontiers la passion historique , je voyais plus loin et plus nettement, Aucune des lignes principales, aucun trait caractéristique ne m* échappait, et h promptitude de mon coup d'œil , si incertain dans les circonstances ordinaires, était une cause de surprise pour les personnes qui m'accompagnaien t. Telles sont les dernières notions que m'ait procurées le sens de la vue ; un an après, cette jouissance sî bornée, et pourtant si vive encore pour moi, ne m'était plus permise ; tout reste de vision avait disparu,

De retour à Paris dans les premiers mois de 1 82G, je me remis à suivre ce que je regardais comme ma destinée, et, presque aveugle, je retrouvai tout mon zèle pour de nouvelles études. La nécessité de lire par les yeux d1 autrui cl de dicter au heu d’écrire ne m'effrayait pas ; je m'étais déjà rompu à ce genre île travail dans la rédaction des derniers chapitres de mon ouvrage. La transition toujours sî rude d’un procédé à l'autre m'avait été rendue moins pénible par les soins empressés d’une amitié qui m’est bien chère. C'est à M. Armand Carrcl, dont le nom est

H) Je no puis me défendre d'nn vif regret , en songeant que (Tautm travaux , ceux de renseignement . soin venu®

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célèbre aujourd'hui , que je dois d'avoir franchi sans hésitation ce pas difficile. Son caractère si ferme et sou esprit si droit sont venus ensemble à mon aide dans les jours de découragement ; et peut-être lui ai-je rendu service pour service m devinant le premier et en révélant à ses propres veux tout l'avenir de son beau talent. Je m’occupai d'abord d'un projet conçu cL arrêté depuis quelque temps : c'ctaîl celui d’une grande histoire ou plutôt d'une grande chronique de France, réunissant, dans le cadre d’une narration continue, tous les documents originaux de notre histoire, du cinquième siècle au dix-septième. La faveur presque universelle dont jouissaient alors les collections de chroniques et de mémoires m'avait séduit et tant soit peu égaré, le croyais qu'il serait possible de joindre ensemble tous ces matériaux disparates en comblanL les vides, en supprimant les redites, mais en conservant avec soin l'expression contemporaine des laits. ïl me semblait que de ce travail, ou chaque siècle se raconterait, pour ainsi dire, lui-même, et parierait par sa propre voix, devait résulter la véritable histoire de France , celle qui ne serait jamais refaite, celle qui n 'appartiendrait à aucun écrivain, et que tous consulteraient comme le répertoire de nos archives nationales.

Par une singulière rencontre , la même idée vint en même temps à l'un de mes amis, dont la haute intelligence avait d’autant plus de pouvoir sur moi que le caractère de son esprit ressemblait moins à celui du mieu : c'était M, Mignet,]- historien idéaliste de la nouvelle école, doué d'un admirable talent pour la généralisation des faits et pour T induction historique. Nous nous associâmes ensemble pour la mise en œuvre de notre commune pensée. Tous les deux nous fîmes, durant plusieurs mois, des études préparatoires , lui sur le treizième siècle et les siècles suivants, moi sur la période antérieure. Tout a lia bien tant qu'il ne s'agit que de reconnaître et de passer en revue les grandes masses de récits qui devaient s'ajuster Tune à l'autre dans la composition de notre ouvrage. 11 y avait là on apparence quelque chose d'imposant ; mais, quand il fallut s’occuper de la rédaction définitive, nos illusions tombèrent , ci nous nous aperçûmes* chacun de notre côté, qu'un travail ou fart n’entrait pour rien nous était antipathique. Je terminai puur ma part un volume, celui qui devait paraître le premier. Heureusement l’entreprise fut abandonnée avant toute publication.

Lorsqu'il fallut choisir nu autre sujet d'ouvrage,

ajourner, [mur longtemps peut-être, une publication que la science réclame.

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le penchant de kiiqii esprit a se reporter en arrière pour reprendre eu sous-œuvre d’anciennes idées et d’anciennes ébaudies, ni c lit songer aux dix lettres sur f histoire de France, publiées en 1820. Six ans s'étaient écoulés depuis cette époque , et la réforme des éludes historiques « avait plus besoin d’être précitée; elle s'annonçait dcllo-méme, et marchait à pas de géant. Toutefois, si la révolution était accomplie pour les esprits d’élite, elle ne Fêtait pas encore pour la masse du public* Si MM. Guizot, de Sïsmundi et dé livrante trouvaient des lecteurs cutb o u s iasies , Ye! ly ei Ànquelil avaicn i su r eu x Ta va n * ta go d'une clientèle bien plus nombreuse. Je repris donc ma polémi que de 1820, non contre ces hommes, coupables seulement d’avoir eu la science de leur temps , mais contre celle science elle-même , qui, vieille et usée pour nous, devait faire place à une science nouvelle. Je redressai tout ce qu’il y avait de hasardé dans mon premier travail ; j’élargis îc champ de la controverse, et je posai les questions historiques d'une manière plus ferme et plus nette; en An je substituai un langage calme à mon style de jeunesse empreint d une certaine ardeur fébrile et d'une surabondance de volonté qui souvent dépassait le but. Mes réeentosé tildes furent mises à profit; elles m aidèrent à compléter la critique des bases fondamentales del'lnstoire des deux dynasties frankes, et à Axer le point précis ou commence l’histoire de France proprement dite. Lorsqu 'après avoir traité la question do l’avénement de la troisième race, j’abordai celle de l'affranchissement des communes, ce problème, qui m’avait préoccupé dès le début de ma carrière historique , me retinL par un attrait irrésislïblc : il me fut impossible de m'en détacher avant d’avoir traité sons toutes ses faces, par la dissertation et par le récit, un sujet où venaient, pour ainsi tlire, se refléter toutes mes sympathies plëbéicimcs. H me semblait remplir un devoir de piété filiale, en racontant la vie orageuse des ancêtres de la bourgeoisie française, eu faisant revivre, pour mes contemporains, les noms obscurs de quelques proscrits du douzième siècle. C'est ainsi qu’un point de discussion, effleuré en 1820 dans un simple article de journal, devint celle fois la matière d’un demi- volume. Je reproduis ici l'ébauche primitive, afin qu’elle puisse être comparée, s’il y a lieu, avec le travail final.

La première édition des Lettres mr V Histoire de France fut publiée vers la An de 1827 ; la seconde édition pâlit l'année suivante. Ce ne lut pas une simple réimpression, mais un remaniement complet, où une partie de fou v rage subit de tels changements,

que des chapitres entiers, remplacés par d’auLies, demeurèrent sans emploi : je leur donne asile dans ce volume. Durant le cours de L’année 1828, je partageai mon temps entre celte révision scrupuleuse cl un projet dont f exécution est encore pour moi dans l’avenir, mais qui sera , s il plaît a Dieu , le couronnement de mes travaux historiques. Mon frère, Âmédéo Thierry, achevait alorsson Histoire des Gaulois, un de ces ouvrages d’érudition forte et consciencieuse, où les textes sont épuisés cl qui restent comme le dernier moi de la science. Il allait donner au public une moitié des prolégomènes de l histoire de France, les origines celtiques., le tableau des migrations gauloises et celui de la Gaule sous I administration romaine. J'entrepris de donner pour ma part l'autre moitié, c’est-à-dire les origines germaniques , et le tableau des grandes invasions qui amenèrent la chute de l’empire romain d'Occident. J'éprouvais un véritable plaisir de cœur à l'idée de celte association fraternelle , à l'espoir d’attacher nos doux noms à la double base sur laquelle doit reposer l' édifice de noLrc histoire nationale. L’ouvrage de mon frère a vu le jour et il a fait un beau chemin dans le monde littéraire; le mien est resté interrompu. Je venais d’entrer avec ardeur dans une série de recherches toutes nouvelles pour moi : je Touillais dans la collection des historiens by soutins, pour en tirer I hisioire des Golhs , des Huns, des Vandales, ci des autres nations qui prirent part au démembrement de l'empire, lorsque je me sentis arrêté par un obstacle plus fort que moi. Quelque étendu que fût le cercle de ces travaux, ma cécité , alors complète, ne m’aurait pas empêché de le parcourir : j’étais résigné, autant que doÎL l'être un homme de cœur ; j’avais fait amitié avec les ténèbres. Mais d'autres épreuves survinrent; des souffrances aigues cl !e déclin de mes forces annoncèrent une maladie nerveuse de la nature la plus grave. Je fus contraint de m’avouer vaincu , et pour sauver, s'il en était encore temps, les derniers restes de ma sauté , je renonçai au travail, cl je quhlai Paris, eu octobre 1S28.

Telle est l'histoire des dix années de ma vie littéraire les plus remplies et les pl us labo rieuses. De puis, je n’en aï pas retrouvé de pareilles, et seulement j'ai pu glaner çà et là quelques heures de travail parmi de longs jours de souffrances. Le temps d'arrêt qui ouvrit pour moi l’année 1829, marque la limite commune de ccs deux époques , si différentes Tune de l'autre. Là se trouve la fin de mu carrière de jeunesse et le commencement d'une nouvelle carrière que je poursuis avec courage, où j'avance a pas lents, bien

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plus lents qtf autrefois » mais en revanche plus sûrs peuLêire. J'y suis entré par h révision définitive de mm principal ouvrage, l îiistoïre de la conquête de l'Angleterre par les Normands. J'aurais voulu ensuite reprendre et achever mon histoire des invasions gcrmaniqueset du démembrement de l'empire romain; je l’ai tenté ; j’ai épuisé toutes les ressources d'une bibliothèque de province» et je me suis arreté faute de livres. Alors, faisant choix d'un sujet dont tous les matériaux se trouvaient à ma portée» j'ai entrepris une nouvelle série de Lettres sur l' histoire de France» travail non plus de critique, mais de pure narration» qui doit embrasser, dans tous ses détails de laits, de mœurs et de caractères, la période si dramatique , sur laquelle dominent les «oms de Fredegoode et de Bruneliilde, La première de ces nouvel les Lettres, ou de ces scènes du sixième siècle, sert de conclusion à la présente publication. Elle donnera une idée de nta manière actuel le, et fera connaître en même temps l'ouvrage auquel je consacre aujourd'hui tout ce qui me reste d’ardeur et de forces.

Si, comme je me plais à le croire, l'intérét de la science est compté au nombre des grands intérêts nationaux , j’ai donné union pays tout ce que lui donne le soldat mutilé sur le champ de bataille* Quelle que soit la destinée de mes travaux , cet

exemple, je l'espère , ne sera pas perdu. Je voudrais qu'il servît à combattre l'espèce d'affaissement moral, qui est la maladie de la génération nouvelle ; qu'il pû l ramener dans le droit chemin de la vie quelqu'une de ces âmes énervées qui se plaignent de manquer dû foi, qui ne savent où se prendre, et vont cherchant partout, sans le rencontrer nulle part, un objet de culte et de dévouement. Pourquoi se dire avec tam d’amertume que, dans le monde constitué comme il est» il n’y a pas d’air pour toutes les poitrines, pas 'd'emploi pour toutes les intelligences ? L’étude sérieuse et calme n est-elle pas là? et ny a-t il pas eu elle un refuge » une espérance , une carrière à la portée de chacun de nous? Avec elle on traverse les mauvais jours sans en sentir le poids, on âe fait à soi-même sa destinée ; on use noblement sa vie. Voilà ce que j'ai fait cl ce que ferais encore , si j’avais à recommencer ma route ; je prendrais celle qui m'a conduit où je suis. Aveugle et souffrant sans espoir et presque sans relâche, je puis rendre ce témoignage , qui de ma pari ne sera pas suspect : il y a au monde quelque chose qui vaut mieux que les jouissances matérielles, mieux que la fortune, mieux que la santé elle-même, c’est le dévouement à la science.

(Vesoul ^Haute-Saône} , [e 10 novembre 1834.

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