‹ ŒuvresChapitre 59 sur 94 · T IJ] ER RT · texte numérisé non relu

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ks immunités de nature diverse que la puissance royale leur avait accordées* En confirmation des dispositions contenues dans cet acte, les insurgés , c’est-à-dire tous les barons de V Angleterre , moins sept, choisirent vingt-cinq d’entre eux qui devaient former une commission permanente, chargée de veiller A ce que la teneur de la grande charte fût exactement observée ; en outre, les propriétaires libres de chaque comté devaient nommer douze chevaliers chargés de dénoncer aux vingt-cinq conservateur# de la liberté touLes les mauvaises coutumes A extirper*

La vieille tendance A assimiler les propriétaires de domaines aux bourgeois, les fils des conquérants à ceux des vaincus* se manifesta de nouveau, quoique la grande charte eût été solennellement déposée dans la plupart des églises* Le successeur du rot Jean souleva contre lui une confédération pareille Ù celle qui s’était armée contre son père (1)* On lui représenta A la pointe de Fëpée ces traiLés gagnés par F épée ; il jura de tes maintenir, la main sur F Évangile, en présence des évêques assemblés, qui, tenant des cierges allumés* les jetèrent tous a ta fois par terre, en disant : n (Ju’ainsi s’éteigne en enfer celui qui violera ce serment! » Malgré cet anathème, le roi oublia bientôt ce qu’il avait si solennellement promis, ci il fallut qu’une seconde fols les fils des Normands eussent recours aux armes pour revendiquer les droits de leurs aïeux* Ils contraignirent Henri III A leur donner un acte scellé de son sceau, en confirmation der chartes (12GB); mais, soit que la fatigue de ces guerres portât A en éviter le retour, soit fine l’énergie îles barons anglonormands fût vaincue par la persistance de l'autorité r oyale, ils cédèrent quelque chose des privilèges que leur garantissait la grande charte, et laissèrent peu a peu leur condition s’empreindre du caractère d’incertitude et de dépendance qui était le propre de celle des descendants des vaincus* En un siècle et demi, leurs pères et eux- mêmes avaient imposé aux rois cinq chartes. Le fils de Henri 111 , Édouard Ier, confirma encore la dernière (1274); mais, après lui, commença la réaction delà royauté contre le pouvoir et Fmdépen dance du baronnage. Richard II marcha trop vivement vers le but d’anéantir tous les droits politiques au profil delà prérogative royale; il fut vaincu et fait prisonnier par l'armée des barons soulevés contre lui (I5Ü9), Cependant les doctrines sur lesquelles se fondait (a prérogative passaient déjà de la bouche des juges de la cour du roi dans le parlement, ou une seconde chambre , composée en partie de bourgeois habitués à regarder la royauté comme une autorité absolue, était

venue se placer A côté du grand conseil des barons* D’ailleurs i! était difficile que les rois abaissassent la classe souveraine et libre sans élever un peu la classe sujette et méprisée. Celle-ci le sentait, et son intérêt présent la portait à mettre tout ce qu’elle avait de forces au service de la royauté, La tendance A l’assimilation des deux races sous le pouvoir absolu d’un seul homme équivalait au renversement graduel de Fordre établi primitivement par la conquête. Et comme les masses, une fois mises en mouvement par un intérêt politique, ne s’arrêtent qu’au point extrême de leur marche, du moment que les bourgeois ou les fils des vaincus de la conquête ) entrèrent, sous les auspices des rois, et comme membres de la chambre des communes, en portage de là puissance publique, de ce moment devait commencer, quoique faible et incertaine dans le principe, une grande réaction des classes i nfé- Heures contre les classes supérieures* dans le bul d’effacer de F Angleterre tout vestige de la conquête normande, et d’envahir tous les pouvoirs qui eu liraient leur origine jusqu’à la royauté ellemême*

Durant le quatorzième siècle, la fusion de la classe la moins riche parmi les hommes de race normande avec la portion de Fautrc race qui était sortie de sa pauvreté par le travail et le commerce, ainsi que le passage d’un grand nombre de bourgeois de Fétat de capitalistes Aceluidc propriétaires territoriaux, s’opéra d’une manière active, A l’aide de plusieurs lois ou statuts relatifs à la possession des ter res * J u s que 4à , les d i if é r c n Ls lo Is dis L ribucs au partage de la conquête étaient demeurés inaliénables dans la lignée du possesseur primitif, et surLout n’avaient pu passer d’une race dons l’autre, à cause des coutumes qui défendaient de vendre une terre titrée à une personne non décorée d’un titre de noblesse équivalent* De nouveaux statuts obligèrent le supérieur féodal a recevoir comme vassal l’acheteur, quel qu’il fût, de la terre d’un de ses vassaux, et élevèrent au même rang les propriétaires de domaines d’un titre égal , quelle que fût leur origine (2)* Ces mesures , destructives de Fancien ordre politique, ne passèrent pas sans opposition de la part des fils de ces barons qui avaient fait deux fois la guerre aux rois pour maintenir leurs privilèges de conquête; mais leur résistance fut bien loin d’être aussi énergique que l’aval L été celle de leurs aïeux; ils se bornèrent à solliciter des mesures législatives capables d’atténuer l’effet de relies qui leur déplaisaient. Les substitutions à l’infini et le privilège de rendre A volonté une portion de terre éternellement inaliénable, furent

(i) 1255, Henri III,

(2) Statuts du règne d'Édouard lit, 1527-1577.

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établis pour résister au mouvement qui allait faire passer tous les domaines entre les mains de quiconque pourrait les acheter. Â l'aide de ce privilège devaient surnager, à travers les siècles , cl rester distincts du reste de la population, quelques débris de la vieille race conquérante.

Les rois ne parvinrent point à exécuter entièrement le projet de conquête nouvelle qu'ils méditaient contre tous les habitants de T Angleterre* sans distinction de race; ils s’arrêtèrent même bientôt volontairement dans la poursuite de cette entreprise. Effrayés de voir leur puissance isolée des vieux appuis qui l'avaient entourée durantptusieurs siècles, ils changèrent à temps de politique, et travaillèrent a rétablir u ne partie de ce qu’ils avaient détruit; ils créèrent des ordres chevalerie et (rentres corporations aristocratiques ; Us reproduisirent sous des formes nouvelles la distinction des races. Pourtant ce fut de mauvaise grâce qu’ils cédèrent à eelLe nécessité. Leur conduite, durant le quinzième siècle, offrit souvenL des disparates et un mélange de deux tendances opposées, selon qu’ils étaient combattus par le désir de dominer seuls, ou par la crainte' de n’èlré rien, s'ils restaient seuls, La noblesse du seizième siècle , classe d'origine mixte, ne montra contre r extension de la prérogative royale aucun reste de l'esprit d'indépendance de Lancienne noblesse normande; mais la volonté et le pouvoir d’agir commencèrent à se manifester dans îa bourgeoisie représentée au parlement par la chambre des communes, Celte classe immense, sortie après cinq siècles de rabaissement où l’avait jetée la conquête, fit sa révolution avec l’énergie qui est le propre des grandes masses d’hommes, quand elles apparaissent pour la première fois sur la scène politique. Elle entraîna dans son mouvement une partie des héritiers des privilèges , des domaines eL des titres que la conquête avait fondés, soit Normands* soit Anglais d1 origine. Mais ces hommes, que leur position attachait à l'ancien ordre de choses, surpris et affligés de voir leur projet de réforme modérée dépassé de loin par la fougue d’une multitude avide de tout changer , désertèrent pour la plupart cette cause qu’ils ne comprenaient plus, cl se rangèrent contre elle , avec le roi et les descendants des nobles du quatorzième siècle , des barons du treizième et des conquérants du douzième, sous le drapeau aux trois lions de Normandie (164 2). Rien d’extérieur if indiquait qu’il y eût là une querelle de race ; mais , à voir l’animosité avec laquelle se poursuivait la guerre contre toutes les anciennes existences politiques, on eût dit qu’un vieux levain d’hostilité nationale fermentait encore au fond du cœur des fils des Anglo- Saxons, et que 1'àme de Harold avait apparu aux adversaires de Charles 1" (

Sur la ira ii5 mi salon du pouvoir royal.

La prise de possession de la royauté d’Angleterre par Guillaume le Conquérant , en altérant la nature de celte royauté , devait influer sur In manière dont elle se transmettrait a l’avenir (10(>6). L’autorité royale, chez les Anglo-Saxons, étaU essentiellement élective. En faisant valoir, tes armes à la main . contre le dernier roi élu parla nation saxonne, on prétendu testament du prédécesseur de ce roi , 1e due de Normandie, à part l'asservissement des Saxons, donnait au titre qu’il revendiquait ainsi un caractère tout nouveau ; il le faisait dépendre de la volonté du titulaire, et non plus de celle de la nation. Le droit électorat, que la participation à la conquÉte semblait devoir conférer aux guerriers normands à l’égard de leur chef, fut même attaqué par son usurpation delà royauté sur les vaincus. Le duc de Normandie le sentait , cl il mit eu usage toutes les ruses de sa politique pour persuader a ses compagnons de fortune qu'ils auraient plus à gagner qu’à perdre, s’il prenait le titre de roi d’Angleterre, il essaya même de leur faire croire que c’était , de sa part , un sacrifice fait à riutërèl commun de toute l’armée conquérante. Guillaume 1er disposa de la royauté, comme il prétendait qu'Éduuard le Confesseur en avait disposé pour lui, et en mourant il la légua au second de ses fils, Guillaume le Houx. L'ai né , Robert, s’appuyant de la tendance qu'avaient les chefs an glo -normand s à ressaisir le droit d’élire dont Us avaient espéré la jouissance, se mil à la iêLe d’un parti qui fit la guerre au rai par succession ; cette guerre était celle du principe électif contre te principe héréditaire. Ce dernier l’emporta, grâce a l’appui que Guillaume lï trouva dans la papulation saxonne , à laqucüe il fit de fausses promesses , et qui. avec une bonne foi singulière* mit à son service l'animosité qu'elle entretenait contre tous les Normands (1088). Cependant la lutte ne fut pas terminée en un seul combat ; elle se renouvela pendant longtemps à chaque commencement de règne.

Durant plusieurs siècles, la royauté anglo-normande resta flottante entre V hérédité et l'élection ; une sorte de compromis entre les deux principes borna la candidature aux seuls descendants do Guillaume 1e Conquérant, soit par tes hommes, soit par les femmes ; et c'est dans ce cercle que la dispute avait lieu. Presque toujours a la mort d’un roi, s’élevaient deux ou plusieurs concurrents, sortis de la même famille ; et de là résultait périodiquement la plus hideuse des guerres civiles , celle de frère contre frère, et de parents contre parents, la guerre des hommes contre les enfants au berceau, une

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lutte d’assassinats et de trahisons* Les chroniques racontent que Guillaume le Bâtard, au moment où il se sentit en présence des terreurs de l'autre vie, fut saisi d'effroi, au souvenir des actions qui lui avaient procuré la royauté, et dit qu'il n’osait léguer qu'à Dieu seul ce royaume d'Angleterre , acquis au prix de tant de sang (1). La possession qui lui causait tanL de remords sembla maudite entre les mains de sa famille. Ses fit s se battirent à cause d’elle ; et plus d'une Fois, ïa postérité des hommes étant éteinte dans les guerres civiles, le titre fut transporté à celle des femmes* Par suite de ces révolutions, la couronne de Guillaume échut â une fa mille angevine, puis aux enfants d’un Gallois, et en tin à un Ecossais* Durant plusieurs générations, deux Rtmîlles de frères s'entr'égorgèrent, et scion que Tune prit la place de l'autre, on vit les rois proscrire comme traîtres les amis de leurs prédécesseurs, et les flétrir eux-mémes de ïa qualification d'usurpateurs ou de roi*de L'assemblée des barons,

ou le parlement, qui n'avait pu établir son droit d'élection, ne put que se diviser entre Les prétentions des Familles rivales , et rendre leurs querelles plus sanglantes en y entraînant beaucoup d'hommes. Son autorité législative ne s'exerça que pour sanctionner le droit acquis par la victoire, et le fixer dans h postérité de celui qui se trouvait le plus fort. Le parlement prononçait encore quelquefois l'ancien ne formule ; J¥ou$ëlisofts ou nom déposons; mais, en fait, il n'avait aucune part à des changements qui étaient l'œuvre de la guerre, et son Kde se réduisait à discuter les généalogies et les litres de succession , et a les trouver bons ou mauvais, au gré des événements du jour. Tel est l'ordre de choses qui se prolongea durant la longue dispute des maisons d'York et de Laneastrc, et ne cessa que parce que Henri Vit , le descendant en ligue collatérale de Tune de ces deux branches royales, épousa la seule héritière qui restât de la branche opposée {1488).

La paix dont on jouit tout à coup , sous le règne des petits- fils du Gallois Tudor , fit songer à prévenir le retour des querelles de succession qui l'avaient si Longtemps troublée ; et un acte du parlement remit à Henri ^ TU le pouvoir absolu de léguer la royauté à qui lion lui semhleraiMlUOô). Il transmit à son fils Édouard la couronne, que celte nouvelle loi assimilait à une propriété personnelle. Dès lors fut réformé l'ancien cérémonial observé pour le couronnement des rois ; et à celui d'Édouard VI , premier successeur de Henri VU! , au lieu de présenter le nouveau roi aux assistants * de demander s'ils le

voulaient bien pour roi et seigneur , et d'attendre* quoique p ourla forme, leur réponse, ou bannit ce reste d'apparence d'un droit complètement aboli, et l'on présenta au peuple le roi tout fait, cnHimtaut <1 le saluer de ses acclamations (1547). Edouard VI mourut jeune , et Marie, sa sœur aînée, lui succéda, suivant les dispositions arrêtées dans le testament de son père. C'était la première fois qu'une femme oceupaiL, sans contestation, le trùne du conquérant de L’Angleterre : cette nouveauté indiquait un grand changement dans la nature du pouvoir royal, sinon A L’égard de la classe bourgeoise, du moins A l'égard des gentilshommes descendants de ces barons normands, qui violèrent le serment prêté 4 la fille de Henri lur, u parce que, disaientils , des hommes de guerre ne pouvaient obéir à une femme. » L'avénement de Marie , comme mue d'Angleterre , fut un signe de l'extension qu'avait acquise ïa prérogative royale, parvenue alors au point de faire assimiler le gouvernement à nu domaine , et de confondre les deux classes d'habitants sous une sujétion , sinon égale du moins analogue (1883). Quelques seigneurs ambitieux tentèrent vainement de former un parti pour Jane Gray, petite-nièce de Henri VI H ; celte femme, jeune et intéressante, fut punie de mort après sa défaite, comme tous les candidats malheureux de la race de Guillaume le Conquérant. Ce fut la dernière lois que le sang coula eu A n gle Le r rc pour une < pterd le de succession ; il ne devait plus être versé que daus une lutte bien autrement grave, et où seraient enveloppées, avec la royauté elle-même, toutes les institutions émanées de la conquête.

Le mouvement politique qui avait séparé de Leur propre nation , c'est-à-dire de l'ancienne noblesse, les rois de la famille de Tudor , celle révolution , qui mit dans leurs mains tout Le pouvoir réel, et fit découler toute oppression de la prérogative royale, eut aussi pour effet de détouruer contre eux toutes les plaintes des classes inférieures* Bien plus, ïa popularité, peut-être gratuite , dont avait joui la royauté dans sa lutte avec La noblesse , ce sentiment qui faisait crier aux paysans de 1582, soulevés contre les gentils hommes : » Allons voir U « roi cl lui remontrons nos griefs , » s'était évanoui , dans L'attente d'un soulagement qui iv arrivait point. Le sceau royal imprimé sur tou Les les souff rances , depuis que le mardeau royal s’étendait sur tous les pouvoirs , réveilla contre la royauté seule le reste des haines héréditaires qu’avait perpétuées l'ordre violent établi par la conquête. Lorsque Charles Ier eut péri, victime de relira y un te

(S] Depuis le règne de Henri [V jusqu'à celui de Henri Vilt 1309-1485.

Ci) Ordeiic Vital, p. G50.

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respoiïsabîîïtë à laquelle le pouvoir royal s'était soumis, en devenant universel et sans contrôle, et en se présentant seul en face de toutes les haines produites par des siècles d'oppression , son fils Charles II prit le titre de roi, d’apres te principe qui soumettait la royauté à la règle de succession établie pour les héritages prives (1649). Cette prise de possession ne signifiait rien , parce que le nouveau roi se trouvait hors de l'Angleterre ; mais quand il fut rentré , Vainqueur de la révolution , il y eut , pour la première fois , sous une même royauté * detikaristocraties, l'ancienne noblesse , et ceux qui, pour s’anoblir, av aient trahi la cause populaire! 1560). La jalousie les divisa; mais la royauté ayant voulu faire un parti a elle seule en les abaissant Tune par 1 -autre , l'intérêt les réunit enfin sous le manteau de ta religion dominante, et vingt-huit ans après sa restauration , ïe pouvoir royal fut enlevé au second fils de Charles lBf (I).

Le vainqueur de ce jour , Guillaume , prince d*Ûraoge , portait le même nom que le vainqueur de llastïngs ; mais le nouveau Guillaume était loin d'être dans une position aussi simple que celle de l'ancien, 11 s’était annoncé d'avance comme auxiliaire désintéressé des antagonistes de Jacques 11 ; il avait écrit sur ses drapeaux ; Je maintiendrai, [1 y avait donc pour lui un grand espace à franchir, entre la royauté de fait qu’il possédait comme général victorieux , eL la royauté de droit qu'il s'élait imposé l'obligation d’attendre. Depuis longtemps , cette royauté u 'était plus décernée par un corps libre dans ses choix 5 elle appartenait à celui que son rang désignait pour ta prendre , quand le titulaire était mort; et dans te cas présent il ne s'agissait que de mort civile, et non de mort naturelle; car Jacques II n’étalt qu’exilé. L'unanimité existait . il est vrai , contre Jacques , mais non pas en faveur de Guillaume. II dut ainsi se trouver dans des moments de doute et de perplexité. Dans les premières conférences entre les membres du parlement sur ce qu'on appelait , d'un mot emprunté à la dernière révolution , mais peu applicable à celle-ci , rétablissement de la nation , les opinions ne furent pas toutes favorables an nouveau candidat. Les légistes le comparaient à Henri Vil qui détrôna Richard III , et, d'après l’exemple de ce roi, lui conseillaient de prendre la couronne comme vainqueur du roi son rival, S’autorisant aussi de certains précédents historiques , d'autres soutenaient que Jacques Il avait Lait preuve de folie par sa mauvaise administration ; qu'il fallait nommer un régent , un gardien du royaume , mais que le titre royal devait lui rester ; d'autres voulaient que la royauté

(I) Jacques H , 1688.

passât à l'héritier le plus proche, c'est-à-dire à Marie, hile du roi Jacques, et femme du prince d'Orange. D’autres enfin , quoique en petit nombre* pariaient de conditions à proposer à Jacques 11, comme les barons du treizième siècle en avaient imposé au roi Jean et à son successeur» Ces différentes opinions couvraient des intérêts positifs* Ceux qui avaient traversé la nier avec le prince d'Orange, qui l'avaient entendu développer ses plans de ronduiLe à venir, et qui se croyaient assurés de scs bonnes grâces, le désiraient pour roi ; maïs ceux qui u'éLaient point venus avec lui étaient moins passionnés pour ses intérêts ; le haut clergé surtout et sa clientèle souhaitaient un roi qui ne les oubliât lias pour favoriser la noblesse d'épée ; quelques hommes de ce parti inclinaient de nouveau vers le rut Jacques; mais la plupart se ralliaient à la princesse d'Orange , qui avait sur son mari l’avantage de n’êtrepas calviniste» Guillaume fut alarmé de ïa préférence que manifestait pour sa femme l'Église anglicane dont le crédit était immense, et dont le soulèvement contre Jacques II avait décidé la révolution, U retint Marie en Hollande , pour agir plus efficacement en son absence; il proféra même contre ceux qui lui refusaient ce qu’ils lui avaient tacitement promis . en récompense de son secours , la menace de se retirer cl tic les laisser seuls se débattre contre le roi Jacques. Placé entre la crainte de choquer par son ambition l'esprit de ceux avec lesquels il avait tiré l’épée , et le danger de rester longtemps sans Litre, livré aux discussions politiques, il convoqua, comme une espèce de chambre des communes, les membres des trois derniers parlements des Stuart s. avec le maire et les autres magistrats municipaux de la ville de Londres ; il demanda à celte assemblée et à celle des pairs du royaume le pouvoir de convoquer un parlement dans les formes légales. Ici, l'autorité des précédents vint encore entraver sa marche. On objecta que nulle convocation de parlements ne pouvait se faire que par lettres du roi. et que le roi légal était encore Jacques II ; mais la majorité passa ou ire, et il fut décidé que le prince d’Orange pourra il envoyer des lettres non signées de lui au shérif et autres officiers, pour faire les élections clans l'ancienne forme , eL nommer des députés des bourgs et des chevaliers des comtés»

Le nouveau parlement concilia toutes les opinions cl trancha toutes les difficultés , en proclamant les deux époux roi eL reine conjointement. Ils furent couronnés avec toute la pompe du cérémonial antique , et le détail de ce qui se lit pour eux ressemble eu tout point à ce qui s'était passé, cinq cents ans juste auparavant , an couronnement de Richard Cœur de Lion. Cette révolution de IG88 ne changea

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rien à l'appareil extérieur, ui à la nature du pouvoir royal en Angleterre* Dans leurs actes essentiels de royauté, c'est-à-dire quand ils approuvaient ou rejetaient les lois votées par le parlement , les successeurs de Guillaume lll continuèrent, comme lui , A n'employer d'autre langue que la vieille langue française, qui fut celle de la conquête : Le roy le veult j le roy s * a dei sera ; le roy merciê ses layanLr mhfects , et ainsy le reulL Ces formules d'un idiome qui , depuis quatre siècles , a péri au delà du détroit , semble raient avoir été conservées par ceux qui les prononcent encore , lorsque personne autour d'eux ne les comprend plus, pour rappeler, ù la nation qu’ils gouvernent , la source de leur puissance et le fondement de leurs droits sur die.

Sur la cons t Un t km tlu parlement.

Guillaume le Conquérant convoqua, durant son règne, plusieurs assemblées des Normands établis en Angleterre; les unes, qu'on pourrait comparer à des conseils d'état-major, se composaient seulement des chefs de far niée conquérante et des évêques du pays; et les autres, beaucoup plus nombreuses, réunissaient la généralité de ceux que la conquête avait érigés eu propriétaires de domaines grands ou petits ; ce fut une assemblée de ce genre qui se tint à Salisbury en l'année I08Ü, après la rédaction du fameux registre territorial ( domesday-book ), qui devait servir de titre authentique à tous les nouveaux possesseurs de terres. Sous les successeurs du conquérant, il y eut de même deux sortes de réunions nationales ou departements; car ce mot, générique dans la langue française d'alors, n Exprimait que ridée vague de conférences politiques* Aux quatre grandes fêtes de l'année, la plupart des comtes, des barons et des prélats de l'Angleterre se rendaient à la résidence royale pour célébrer la solennité du jour, et s'occuper, conjointement avec le roi, de divertissements et d'affaires; de plus, s'il survenait quelque grand événement politique, une guerre à entreprendre, un traité à conclure, ou si Je trésor éprouvait des besoins extraordinaires, le roi convoquai L d'une manière spéciale en parlement ses vassaux et ses hominesdiges* Dans ces occasions importantes, il désirait en réunir autour de lui(le plus grand nombre possible, pour que la décision prise en commun parût plus imposante à ceux qui n'y avaient pas eu part, et acquit aux yeux de tout le royaume le caractère d'une loi consentie par ta majorité des hommes jouissant des droits politiques. Mais, excepté dans les temps de révolution, le commun des hommes éprouve de la ré¬

pugnance à se distraire de ses intérêts privés, pour s'occuper d'une manière active des intérêts gênéruux. On craint Je déplacement, la dépense, et l'on regarde la participation au pouvoir législatif, plutôt comme uu devoir onéreux, que comme un droit qu'il faut se garder tic laisser prescrire* CEst et qui arriva aux gens de race normande en Angleterre, quand ils se sentirent assurés dans leur nuit* vel éLabii sse me n t e t sa n s er a i n te d E tre jamais ohlî gà de repasser h mer et de restituer aux indigènes leurs manoirs, leurs fiefs et leurs te mires*

Les plus riches, ceux qui exerçaient dans leurs provinces une partie de l'autorité militaire ou civile, ceux qui, ayant une nombreuse clientèle tic vassaux et de tenanciers, voyaient s’ouvrir devant eux la carrière de l'ambition et des -honneurs, in au* i q naient rarement aux assemblées où se décidaient les grandes questions politiques* Ainsi, l'on voyait au parlement ou à ta cour du roi, soit dans les convocations périodiques, soit dans les assemblées extraordinaires, beaucoup de comtes, de vicomtes ou de barons, mais peu de ces chevaliers qui, héritiers du médiocre patrimoine acquis par Pan des soldats de la conquête, tenaient à ne point quitter le domaine qu'ils amélioraient de tous leurs soins, et à ne point dépenser, eu un jour, le revenu de toute une année, dans la compagnie des hommes de haut parage* L'impossibilité où ils étaient tic se rendre j tous personnellement au grand conseil fit recourir de bonne heure à une pratique qui s'est conservée jusqu'à nos jours; cEst celle de l'élection de certains mandataires choisis par les tenanciers libres de chaque province, sous le nom de chevaliers des comtés, qu'ils portent Encore aujourd’hui*

Durant la période normande, lorsqu'il s'agissait d'assembler un nouveau parlement, et en général les parlements n'avaient de durée que le temps même de leurs sessions , la chancellerie royale adressait des invitations personnelles aux hommes j en dignité et aux grands propriétaires; en même ; temps l’ordre était donné aux différents gouverneurs des provinces qu'on appelait vicomtes en langue normande, et shérifs eu bogue anglaise, de convoquer tous ceux des propriétaires libres qu1 tf avaient point reçu de sommation spéciale. Réunis sous la présidence du shérif de leur comté, ils choisissaient un certain nombre d’entre eux pour les représenter au parlement, et y remplir les fonctions politiques auxquelles leur peu de fortune tes obligeait à renoncer* Celte différence dans la manière de convoquer les membres du parlement, selon te degré de leurs richesses et de leur importance, fit distinguer de bonne heure les uns des autres, quoiqu'ils fussent réunis tous ensemble, ceux qui venaient en leur propre nom, et ceux qui avaient

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le mandat de voter pour la communauté des hommes libres* La distinction entre les hauts barons et les représentants de la communauté du baronnage, comme Ton s'exprimait alors, fut le fondement de la séparation on deux chambres, à laquelle îï est difficile d'assigner une date certaine. Le nom d'assemblée de la communauté ou du commun de l'Angleterre appartenait à la portion élective du grand conseil national. Lorsque des bourgeois ou des députés des villes furent appelés à ce conseil, le mode de leur convocation, autant que leur situation inférieure, leur donnait plus d'affinité avec les représentants des petits propriétaires qu'avec les grands seigneurs des provinces, les officiers du roi et les gens de cour. Peut-être l'habitude de les adjoindre aux chevaliers des comtes donna-t-elle lieu a la formation de deux assemblées distinctes; peutêtre cette séparation se serait-elle opérée, quand bien même le parlement anglais n'eût jamais été composé que de propriétaires territoriaux : c'est ce qu'on ne peut dire aujourd'hui, puisque les choses ont suivi un autre cours.

L'histoird de i élection îles chevaliers des comtés D'offre qu'un fait intéressant, c'est que. dès le temps où le mélange des races s'annonça par Punifonmté du langage, il n'y eut que (es possesseurs des terres orïgi n a i rem en t m a rqi i ces d a n s les a c les aulhentiq ue s comme terres libres ou occupées par des hommes de race normande qui jouirent du privilège de voter pour l'élection des représentants. Quant aux domaines assujettis A des services ou à des redevances envers le manoir seigneurial, et qui annonçaient par cette sujétion même qu^S faisaient partie des terrains abandonnés à !a population saxonne après le partage de la conquête , ils ne jouissaient pas du privilège des teu lires franches {/>w /toids), quoique souvent d’une plus grande étendue. Les statuts du seizième siècle restreignirent ce droit aux seuls propriétaires des terres libres produisant un revenu annuel de 40 scfcelbngs au moins. Ainsi . quoique le mélange des deux races ait fait passer à plusieurs reprises, entre les mains d'hommes de descendance saxonne Jes domaines qui investissaient leur possesseur du droit de voler pour la représentation des comtés , cette partie de la chambre des communes est originairement normande.

Quant à l'autre partie, la représentation des bourgs et des cités, pour en trouver Fort gin e et en comprendre la nature, ii faut recourir à V histoire. Les villes d'Angleterre, à l'époque de la conquête, ne purent être divisées par petits lots comme les campagnes; leur population ne pouvait être partagée ni dépouillée comme la population des champs. Considérée comme une propriété indivisible, elle entra dans le domaine du roi , ou dans celui des princi¬

paux chefs normands. Les marchands et artisans r qui peuplaient les villes, ne furent point jetés hors de leurs humbles demeures par l'étranger qui ne les leur enviait point; elles furent d'abord livrées au pillage et soumises aux perquisitions d’une tyrannie ombrageuse ; mais ils purent ensuite y dormir en paix , sous la condition d'un tribut pesant. Bonvent l'intendant du roi ou du seigneur, qu'en langue normande on appelait maire ou bail/if venait^ avec uneëscorte de gens d'armes, inspecter les magasins du négociant, s'assurer de ce qu'il pouvait payer, et lui imposer une capitation proportionnée à son revenu. Dans ce nouvel état de dépendance* la condition des bourgeois changea , mais non pas au même degré que celle des habitants du plat pays, chassés de leurs demeures, si elles étaient vastes et bonnes, reçus par grâce comme laboureurs sur le champ qu’ils avaient possédé, attachés de force à la terre qui n'était plus a eux, pour subir toutes les chances de sa destinée, pour être vendus, livrés, légués avec elle. Cet intendant, quel que fût son titre, avait un pouvoir discrétionnaire sur le gouvernement de la ville qui lui éLait confiée comme une sorte de ferme , et quelquefois même affermée à bail. Comme la conquête n'avait point eu pour but de faire prévaloir une forme de gouvernement sur une autre, les baillis des conquérants ne trouvaient aucun intérêt à détruire les institutions municipales, les associations et les réunions de marchands et artisans, qu'en langue saxonne on appelait ffuââSi maïs seulement de les mettre en harmonie avec le nouvel ordre de chuses. On sentait même que le moyen de maintenir la valeur des villes à sou taux le plus élevé (ce sont les expressions des anciens actes) était tic déranger le moins possible 1rs usages cl les coutumes des habitants, pourvu qu’il ne s'y trouvât rien qui put favoriser l'esprit de révolte. C'est ainsi qu'après ta conquête , les villes d'Angleterre conservèrent en partir leurs anciennes corporations commerciales, leurs réunions périodiques dans le Guitd- IMl, ou Husting , et l'élection de leurs aldcrmen ou anciens de la cité* Membres d'une espèce de petit corps politique, réunis en fraternités avec des gens issus de la même race , les bourgeois anglais n’avaient, pour toute servitude, que celle de payer les grosses taxes, capricieusement assises ci exigées avec sévérité. Aussi ks paysans, qu'en langue normande on appelait vilains ou natifs , descendants des hommes que la conquête avait dépouillés de leurs terres, s'enf u ay aient-ils, dès qu'ils k pouvaient, dans les cités et dans les bourgs , pour y jouir d'un sort plus tolérable, De celle manière, le roi et tes comtes , qui possédaient des villes , gagnaient des sujets aux dépens des barons de ta campagne. 11 y eut même des

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DIX ANS D'ÉTUDES HISTORIQUES

édits royaux qui favorisai eut celte émigration des serfs de la glèbe , eu leur accordant la prescription d'un an contre les poursuites exercées à leur égard par leurs seigneurs naturels* Dans la grande insurrection des paysans <V Angle terre eu 1382, un grand nombre d'hommes se rendirent dans les villes pour échapper à la colère de leurs maîtres, Lne loi fut faite pour obliger les corporations municipales à les dénoncer et à les rendre* Ce ne fut pas la seule fois que le pouvoir royal, bien qu'à regret ( car l'accroissement des villes en augmentait le revenu ) , consentit, sur la demande des seigneurs terriens, à des lois dirigées contre la tendance qu’avaienL les fils des paysans à s’établir dans les villes* U fui interdit à tout homme professant un métier quelconque, de recevoir pour apprenti un enfant qui, jusqu’à l'âge de douze ans, avait été employé à la terre (I)* Malgré ces concessions faites aux intérêts de la grande propriété rurale, les rois, qui étaient les plus grands propriétaires de bourgs, s'occupèrent d’améliorer les revenus de celle propriété, en rendant de plus en plus commode , pour la population laborieuse , T habitation des villes de commerce. Ils allèrent jusqu’à soustraire entièrement certaines villes à toute administration dérivant de la conquête. Londres , Bristol , Coventry, Lincoln , eurent le droit d’être régies par leur seule magistrature saxonne, et d’élire les hommes chargés de lever et d'envoyer à l'échiquier royal les impôts et les subsides. Quelques-unes des villes affranchies de cette manière, et que, dans le langage des anciennes lois, on appelait pilier incorporées f curent le privilège d’étendre leur juridiction municipale hors de leurs murs, et de régir une céria me étendue de terre, sous irai te au pouvoir du bailli et des officiers royaux. Gu disait des cités qui avaient reçu ce privilège, le plus grand de tous, qu’elles étaient des comtés par cl les- mêmes, et ï!on appelait liberté le territoire ainsi annexé à la juridiction municipale. Suivant d’autres actes, le roi baillait eu ferme perpétuelle une ville à ses propres habitants, sous la condition de certaines rentes fixes, payables par les magistrats locaux, sous leur responsabilité. Dans d’autres lieux, il convenait, par abonnement, d'une certaine taxe, moyennant laquelle la ville était délivrée des poursuites des collecteurs 5 ailleurs enfin, par un contrai plus bizarre, il faisait un double arrangement avec le propriétaire du château qui dominait une ville, et avec la ville elle-même, pour que les citoyens possédassent le château et fussent sans crainte sous la condition d'une rente payable au roi et à l’ancien seigneur du heu. Eu un mot , l'intérêt varia à l'infini les cuinbi-

fl) S taillis lie Richard U, 1582-1590.

liaisons des arrangements ; le résultat en fut partout que des corporations municipales s’élevèrenl au sein des villes, sous la garantie d’actes solennels et de char Les scellées du sceau royal. Mais ces chartes furent plus d’une fois enfreintes 5 et , si les cités se montrèrent exactes à payer leur redevance, kg rois , qui étaient les [dus forts, exigèrent sans scrupule plus qu’t] ne leur était dû. Sous tes noms spécieux (Y cf ides , de subsides, de bénëvolences , les villes, qui ne devaient attire chose que la rente stipulée par leur contrat d'affranchissement, se virent taillées haut et bas* comme 1rs serfs du plat pays; elles firent des plaintes; et on les ménagea quelquefois quand le besoin d’argent fut passé.

Lorsque, sur la fin du XIIIe siècle, des mandats royaux citèrent à comparaître devant le roi et les barons du parlement, des délégués des principales villes affranchies, pour répondre à des appels d’argent , un grand désespoir dut saisir ces hommes qui payaient chaque armée le prix de leur liberté municipale, et qui ne pouvaient voir dans cette nouveauté qu'une tentative pour rendre légales les exactions extraordinaires qui se commettaient contre eux au mépris des chartes jurées. Telle fut en effet, si Ton en juge par les plaintes énoncées dans les actes du temps, l'impression que produisit la naissance de celle portion de la chambre des communes . qui plus lard lutta si noblement pour les libertés de l’Angleterre. Les députés des villes et des bourgs, appelés à sc rendre auprès du roi, des seigneurs et des chevaliers assemblés en parlement, n’y venaient point pour être consultés sur les affaires publiques auxquelles on les regardait comme étrangers , et dont la discussion avait lieu dans irae langue qu’ils ne parlaient point , la langue de la conquête. Leur rôle, entièrement passif, se bornait à consentir, pour tous leurs commettants, aux nouvelles taxes demandées ; et quand la demande d’un subside était adressée en même temps aux chevaliers des coin» tes, ceux-ci volaient toujours des sommes moins considérables, le quinzième par exemple du revenu de leurs commettants, pendant que les bourgeois octroyaient à regret un dixième. Ce serait voir fans* se me ut ('histoire que de supposer que fa premiers élection de députés dans les bourgs d’Angleterre fut accompagnée d’autant de joie populaire qu'on en voit tous les sept ans autour des hustings de Londres. Lorsque les ahlermen et le conseil commun de chaque ville avaient nommé autant de députés que le prescrivait l’ordre royal transmis par le shérif, ccs députés donnaient caution de comparaître devant le roi en son parlement, signe certain de leur peu d’empressement à s’y rendre*

L'ordre d’élire ne fut point d’abord intimé à tous les bourgs. Ceux dont la couronne avait le plus

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