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DIX ANS D’ÉTUDES HISTORIQUES

d'argent a espérer étaient ceux qu’on assignait à comparaître dan sla personne de leurs représentante; c’était, il est vrai , un moyen pins doux que la force ouverte, pour obtenir de la population marchande une contribution extraordinaire; mais cette population devait s’en effrayer davantage , parce que la force est passagère , tandis que les institutions durent et se perpétuent. Pendant quelque temps, les bourgs Furent ainsi convoqués isolément et sans règle; leurs députés, qui semblaient investis du droit d’accorder en leur nom, accord aient en se débattant sur la somme. L'année suivante, ou Ton appelait de nouveaux représentants, ou Ton percevait les taxes d’après îcs votes de l'année précédente, ou bien l’on envoyait des commissaires pour aller Faire renouveler les votes sur le lieu même, La convocation devint par degrés générale et régulière* Dès les dernières années du XIVe siècle , la lettre royale qui enjoignait de faire élire deux chevaliers par chaque comté, joignait à cette demande celle de deux bourgeois de chaque bourg des plus disants et habiles en fait de marchandises* Il fallut que les grandes villes, malgré leur répugnance , répondissent à la sommation qui leur était faite ; mais les bourgs de peu d’importance essayèrent d'éluder la loi , en représentent qu’ils étaient trop peu de chose pour être consultés dans le parlement, et trop pauvres pour fournir aux frais du voyage et du retour des députés qu’on leur demandait. Les premiers ordres d’élection envoyés au shérif ne portaient point les noms des différents bourgs de leurs comtés ; il était loisible à cel officier d’étendre ou de retrancher certains noms dans la liste des lieux jugés assez considérables pour être représentés. Loin de se plaindre de sa négligence à leur égard ou de ces omissions volontaires, les bourgeois fen remerciaient comme d’un bon office; et souvent ceux auxquels il songeait de nouveau, après avoir paru les oublier pendanL quelque temps, réclamaient contre cette attention, et se lamenta lent d’être contraints par malice à envoyer des hommes au parlement.

Les bourgs qui Renvoyaient point de députés s'attendaient è n’èlre point surchargés de taxes; mais quoiqu’il n’y eût réellement d’autre profit h ne point élire de représentants, que l’exemption de dépense pour tes frais de déplacement et de voyage, les habitants des bourgs continuèrent de saisir avec empressement tontes les occasions de sc délivrer de celte obligation inutilement coûteuse. Mais le gouvernement s’arrangea pour ne rien perdre aux omissions; il fit payer à tous les bourgs, comme consenti par eux tous-, ce qui avait été voté par les députes de la majorité d’entre eus. Ainsi, il n’y eut plus de refuge contre les subsides extraordinaires; et de la

vinrent les interruptions que les actes publics d'Angleterre présentent dans !’envoi des députés des bourgs. Ces interruptions, plusieurs Fois renouvelées et dont le terme fut souvent long, furent, dans un temps postérieur, opposées, comme motif de prescription, aux villes sans représentants, qui voulurent en nommer quand la représentation servit a quelque chose. Le même pouvoir qui les avait contraintes à se faire représenter s’opposa à ce qu’elles eussent des représentants ; et pour quelques-unes celte incapacité subsiste encore.

Les députés des bourgs , d’abord appelés simplement pour consentir a un rôle de taxes cl se retirer, tandis que les députés territoriaux, représentants de la race normande , délibéraient avec leurs seigneurs sur les affaires de l’Etat, obtinrent graduelle* ment , par leur présence habituelle et surtout par la chute de la langue française, la faculté de voter législativement sur toute espèce de matières. Dès lors leurs votes devinrent précieux pour les diffërents partis qui gouvernaient ou aspiraient a gouverner. Les rois plus connus des bourgs, qui devaient aux chartes royales leur existence et qui gardaient encore quelque reconnaissance pour des privilèges souvent violés, eurent plus de crédit sur les députés de la bourgeoisie. Cette partie de la chambre des communes leur rendit de fréquents services, dans les disputes toujours renaissantes des deux puissances royale et seigneuriale* Des vues différentes de celles qui leur avaient fait d’abord convoquer les députés des bourgs leur firent alors augmenter la chambre des communes d’une nouvel lè recrue de députés. Ils donnèrent à beaucoup de villes, qui n’en avaient pas, des chartes d' incorporât ion f et leur octroyèrent toutes les franchises, privilèges el immunités des bourgs royaux; ce qui renfermait pour elles la faculté d’être représentées au parlement. Une foule de lieux insignifiants, sans revenus et presque sans population, furent ainsi obligés è envoyer des députés. Les rote du XVIe siècle mirent souvent cet expédient en pratique. Les bourgades de leurs domaines, sur le dévouement desquelles ils pouvaient compter , leur servirent à se procurer des voix , qui alors avaient acquis un grande importance politique.

Henri VI ï donna Péxemple ; et Henri VIII . en le suivant , fit passer en principe qu’une charte royale conférait le droit à quelque partie du territoire que ce fût de nommer des représenlants au parlement* Il conféra ce droit à douze comtés et à douze bourgs du pays de Dalles , récemment conquis , et on la soumission au pouvoir royal était plus absolue qu’en Angleterre. Dans ses domaines, il créa vingt bourgs ayant chacun deux députés; et nun content de cela, il rendit ce droit a pluaicursdcs petits lieux

tnirïiRY.

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qui Pavaient perdu par défaut d'usage. Édouard VI et Marie créèrent vingt-cinq nouveaux bourgs par* lementaires; Élisabeth en érigea trente et un; Jacques I*r et Charles lrr en créèrent vingt-trois.

Telle est l'origine de cette fameuse chambre des 1 communes, qui, au XVII* siècle, entreprit d’une manière si énergique la lutte de la liberté contre le pouvoir. A celte époque les plus ardents de ses membres étaient les fils de ces mêmes bourgeois qui, trois cents ans auparavant, regardaient comme onéreux te droit d’être représentés; et le roi qu'ils détrônèrent était le successeur de ceux qui avaient obligé les villes à envoyer malgré elles des députés au parlement.

Ainsi l'on se tromperait fort, si, isolant une institution quelconque des grands événements cou* tem porcins et de Fëtat politique du pays, on lui attribuai! les mêmes effets a toutes les époques de son existence. Le nom de parlement domine tou le riiisloirc d’Angleterre, depuis la conquête normande jusqu'à nos jours; mais, sous ce nom toujours le même, que de choses entièrement diverses. Quand on veut être historien, il faut pénétrer jusqu'aux choses, et discerner leur variété réelle sous Funiformîlé du langage; surtout il faut se garder tic procéder par abstraction , et de séparer les établissements politiques des circonstances qui les accom* pagnèrenl autrefois, de ce milieu dans lequel ils ont nagé , pour ainsi dire, et qui les a imprégnés de sa couleur. Les parlements de barons et de chevaliers siégeant tout armés dans les siècles qui suivirent la conquête, les parlements à subsides du AV* et du XVIe siècle, et le parlement révolutionnaire de MîîO, n’ont rien de commun que le nom. On ne sait rien sur leur nature, si l'on n’entre profondément dans l'examen de l'époque spéciale à laquelle ils correspondent , si , en un mot , Fou ne sait pas distinguer d’une manière netLe les trois grandes périodes de Filiale ire d'Angleterre depuis la conquête, savoir : l’époque normande, jusqu'au mélange des races qui fut complet sous Henri Vil; l'époque du gouvernement royal , depuis Heurt VU jusqu'à Charles Ier; enfin l’époque des réformes sociales, qui s'ouvrit en l6îÔ.

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