‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 10 sur 193 · DE JEAN RACINE.. XXV · texte numérisé non relu

DE JEAN RACINE.. XXV

sible Bérénice , succèdent deux figures absolument nouvelles sur notre scène , Acomat et Roxane , un ^ visir consommé dans la politique du sérail , et une sultane qui joint les fureurs de l'ambition aux transports d'un amour physique. Ces deux créations qu'on seroit tenté de regarder comme les derniers eiîbrts du génie, sont encore surpassées par l'admirable contraste du farouche Mithridate et de la timide Monime. C'est alors cjpie Racine , dans toute la splendeur de son midi , darde ses rayons les plus brûlans : Iphigénieparoitjet semble effacer parsonéckit tout ce qui l'a précédée ; elle est suivie de Phèdre, dont le seul caractère égale et balance la perfection de toute la pièce d'Iphigénie. Il semble que fimagination n'aperçoive rien au-delà ! Nous le verrons cependant s'élever encore plus haut ; mais ses deux: derniers chefs-d'œuvre appartiennent à sa vie morale et chrétici:ine ; Phèdre fut le dernier terme de sa gloire profane et littéraire.

. Observons que, dans le cours de ses travaux dramatiques , Racine éprouva quelquefois des injustices cruelles, jamtiisde chute éclatante : ses oreilles ne furent jamais blessées du bruit des huées et des sifflets. Il n'en fut guère plus heureux : son excessive sensibilité faisoit pour lui des supplices des moindres pléiisanteries , des plus légères objections. Il disoit à son fils , pour le détourner de la poésie et du théâtre : ce Ah , si vous saviez ce que les plus mauvaises critiques m'ont fait souffrir ! »

Cette irritabilité du jeune poète éclata de la manière la plus vive contre ceux même qu'il auroit dû le plus respecter 3 contre ses instituteurs et ses

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maîtres de Port-Royal. Il n'ignoroit pas quelle îndignation avoient excitée contre lui , dans cette sainte maison , ses premiers pas dans la carrière du théâtre : il avoit été pour ainsi dire excommunié ; sa tante avoit lancé contre lui , dans une lettre terrible, tous les foudres de Port -Royal, du moment qu'elle avoit appris que son cher neveu s'étoit donné aux histrions et aux baladins anathématiséspar l'Eglise. Je mets ici sous les yeux du lecteur cette lettre vraiment curieuse : on s'étonnera sans doute aujourd'hui de la manière dont les personnes pieuses envisageoient alors les arts prO' fanes, et surtout le théâtre.

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