ACTE V, SCENE IIL
Et l'on diroit qu'encore il menace son frère : Son visage , où la mort a répandu ses traits , Demeure plus terrible et plus fier que jamais, (i)
ANTIGONE
Fcltale ambition, aveuglement funeste,
D'un oracle cruel suite trop manifeste !
De tout le sang royal il ne reste que nous ;
Et plût aux dieux, Créon, qu'il ne restât que vous, ^
Et que mon désespoir, prévenant leur colère,
Eût suivi de plus près le trépas de ma mère ! '
CRÉON
Il est vrai que des dieux le courroux embrasé Pour nous faire périr semble s'être épuisé ;
(.) Tout mort quïl est , l^Iadame , il garde sa colère ; '
Et l'on diroit qu'encore il menace son frère :
Son visage , où la mort a répandu ses traits
Demeure plus terr,Lle et plus fier que jamais. Cette idée est incitée de plusieurs poètes, et surtout du Tasse , qu. donne au fier Argant après sa znort, la n.én.e ex! pression et le même caractère d'audace.
Moriva Argante , e tal moria quai visse :
Minacciava morendo , e non languia.
Snprrbi , formidaLili , e feroci
Gli ultimi moti fur , l'ultime voci.
Moma Argante, etnl moria quai visse:
1^ aima fuggia di Phuo al nero speco ;
Manel!amorta,espaventosafaccia *
l-iùterriba la morte ancorminacci,,.