TOME r ^'''''' '"^^•2.; Gant. XXIII, Stanz.ro
,i4 LES FRERES ENNEMIS,
Car enfin sa rigueur, vous le voyez, Madame, Ne m'accable pas moins qu'elle afflige votre âme. En m' arrachant mon fils. . . .
ANTIGONE
Ail, vous régnez, Créon; Kt le trône aisément vous console d'Hémon. Mais laissez-moi, de grâce , un peu de solitude, Et ne contraignez point ma triste inquiétude: Aussi bien mes chagrins passeroient jusqu'à vous. Vous trouverez ailleurs des entretiens plus doux. Le trône vous attend, le peuple vous appelle : Goûtez tout le plaisir d'une grandeur nouvelle. • Adieu. Nous ne Hiisons tous deux que nous gêner. Je veux pleurer, Créon; et vous vodez régner, (i)
CRÉON, arrêtant Antigone.
Ah, Madame, régnez , et montez sur le trône: (i:) Ce haut rang n'appartient qu'à l'illustre Antigone.
ANTIGONE
Il me tarde déjà que vous.ne l'occupiez. (3)
(0 Je veux pleurer, Créon ; et vous voulez régner.
L'opposition entre pleurer et régner, ainsi que le tour de ce vers , le rendent indigne de la tragédie. Antigone a recours a une plate et froide ironie qui dégénère en naïveté comique.
(es) Ah , Madame, régnez , et montez sur le trône :
Créon joue ici un rôle bien bas et bien misérable. Dans ce moment affreux , son amour est dégoûtant , insipide ; et les galanteries qu'il débite presque sur les cadavres de sa sœur et de ses neveux, sont encore plus odieuses qu'insipides. (5) Il me tarde déji'i que vous ne l'occupiez.
La négation est de trop j et celte faute est la moindre de