‹ Œuvres. Avec des commentairesChapitre 110 sur 193 · ET SUR LES AUTEURS QUI ONT TRAITÉ LE ]\IÉME SUJET · texte numérisé non relu

ET SUR LES AUTEURS QUI ONT TRAITÉ LE ]\IÉME SUJET

J^A conduite de cette pièce annonce un jeune Lomme dont la tète n'est pas encore assez forte pour corabincr un plan, créer des situations et maîtriser son sujet : partout l'auteur imite Eunpide , Senèque et Rotrou, et le dernier beaucoup plus que les autres. Ces imitations ne sont point assez fondues ; il n'y a presque ajoute de son propre fonds aucune invention qui puisse lui faire honneur. Quant au style, on y rcconnoît les défauts de Corneille , le goût de ce grand poète pour la déclamation et les raisonnemens subtils ; mais on remarque aussi des tirades vigoureuses que Corneille auroit pu avouer , des traits maies et fiers, quelques coups de pinceau d'un grand effet ^ et surtout une extrême facilite , un heureux talent pour la versification, et le germe de cette éloquence naturelle qui fait le charme des écrits de Racine. Malgré les incorrections , les négligences et les fautes de toute espèce échappées à Tinexpérience, à la précipitation, cette pièce , comparée à celles qui paroissoient dans ce tempsla , pouvoit passer pour bien écrite : on y voit que le poète tend au naturel, ix rélégance, à la politesse; qu'il commence à perll«ctionncr la langue poétique. Si l'on veut

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